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dépendance; fossiles; énergie

Macro-économie / Taux / REF / terres rares / Marc Ferracci

Macro-économie / Taux
REF / terres rares / Marc Ferracci

La dépendance française aux terres rares continue à inquiéter / Les participants à la REF espèrent que la filière hexagonale va rapidement décoller

Troquer une dépendance contre une autre, le risque de passer des énergies fossiles aux énergies renouvelables est loin d’être nul à en écouter les différents intervenants à la rencontre des entrepreneurs de France sur la question des terres rares. Parmi eux Marc Ferracci, ministre chargé de l’Industrie et de l’Énergie, lequel a appelé à ce que les incitations qui existent sur le papier deviennent réalité pour permettre à la filière de se structurer.  
Mine. Photo by Minako Sasako / Yomiuri / The Yomiuri Shimbun via AFP
Mine. Photo by Minako Sasako / Yomiuri / The Yomiuri Shimbun via AFP

La France n’a pas le loisir de perdre son temps sur les terres rares. Il ne faut pas pour autant confondre vitesse et précipitation à en croire Guillaume Pitron, chercheur associé à l’Iris, ce dernier expliquant lors de la rencontre des entrepreneurs de France (REF) que "nous avons totalement mis la charrue avant les bœufs, c’est-à-dire que nous avons envisagé un monde décarboné […] pour autant nous n’avons pas prévu depuis une trentaine d’années les matériaux nécessaires ".

C’est l’un des faits majeurs de la transition engagé sur le Vieux continent, il va falloir utiliser plus de métaux qu’auparavant pour parvenir à émettre moins de carbone. Marc Ferracci, ministre chargé de l’Industrie et de l’Énergie a lui argué qu’au fond "derrière la question des terres rares il y a une histoire de dépendance qui vient percuter une autre histoire de dépendance. On essaye de sortir de notre dépendance aux énergies fossiles, c’est notre stratégie".

 

Ordre de marche

 

Pour y parvenir il a affirmé son souhait de "ne pas la substituer (la dépendance passée ndlr) par une autre comme celle des composants des énergies renouvelables" et afin d’y parvenir il a dessiné "plusieurs leviers sur lequel s’appuyer dont la technologie, le gouvernement a posé une stratégie qui existe déjà". Laquelle repose sur trois principes qui consistent tout d’abord à aller plus loin sur l’extraction sur notre propre sol que ce soit des projets d’extraction et de raffinages. Le ministre expliquant que "ce qui est rare ce sont les capacités de raffinages" sur le globe et s’est fait l’écho un projet dans le sud ouest devant permettre de répondre à près de 10 % de la demande mondiale de raffinage.

Le deuxième volet de son agenda consiste à diversifier les approvisionnements tricolores pour maîtriser nos dépendances. Enfin il a remis en lumière l’enjeu du recyclage et le besoin de structurer une industrie sur la question. Pour autant il demeure "optimiste à terme sur notre capacité à sortir de cette dépendance". Le ministre a également souligné l’importance de la réflexion pour parvenir à mitiger le risque de dépendance pour l’Hexagone grâce à une stratégie qui ne soit pas uniquement française mais européenne.

 

Atouts

 

La France ne manque pourtant pas de cartes à en croire Philippe Kehren, CEO et membre du conseil d’administration de Solvay, celui-ci déplorant qu’on "oublie que l’Europe et la France en particulier ont un atout incroyable avec cette usine située à la Rochelle, qui est la seule en dehors de la Chine à être capable de produire n’importe quel type de terres rares à partir de n’importe quel type de source de minerai". Rappelant qu’elle existe depuis près de 75 ans et s’il a aujourd’hui principalement des débouchés dans l’automobile et la santé rien n’empêche qu’elle évolue à l’avenir.

C’est là où le bât blesse à ses yeux avec "un problème de chaîne de valeur, pour faire des investissements il nous faut des garanties d’achats en amont sur des volumes et sur des prix. Il faut que nos clients s’engagent ". À le croire, pour l’heure c’est loin d’être suffisamment le cas. Afin d’y remédier Pierre-Etienne Franc, co-fondateur et directeur général d’Hy24, a proposé une piste qui n’est la plus commune. Micro à la main, il a expliqué que bien qu’on puisse "critiquer les Chinois, ils amènent des panneaux solaires et des éoliennes extrêmement compétitifs et grâce à ça le prix de l’énergie baisse fortement", dès lors les Européens auraient "plutôt intérêt à faire venir des Chinois pour nous apprendre à travailler mieux en Europe. Je pense que sans la Chine cette transition ne se fera pas".

 

Société

 

Les interrogations sur l’acceptabilité sociale n’ont pas été niés par Marc Ferracci, bien au contraire tant il a exposé que "lorsqu’on a un projet d’extraction est confronté à des réticences parfois vive sur le principe même de l’extraction ". Reconnaissant le caractère légitime de ses craintes il a martelé néanmoins que " la sortie des dépendances ne pourra pas se faire en forant, et en extrayant uniquement ailleurs. Il faudra à un moment que dans la sphère publique il y ait un débat apaisé sur le sujet".

Rebondissant sur l’affirmation d’un des panélistes selon laquelle on sait faire du recyclé en Europe mais on ne veut pas payer plus cher qu’à la sortie de la mine, il a tâché d’exposer la montée en puissance à attendre. Il n’y a rien d’anormal à ses yeux que quand "on fait émerger une filière on paye des coûts d’apprentissage, l’acquisition d’économies d’échelle. Forcément dans une période de transition on peut être plus cher". Reste à savoir si cela sera le cas lorsque ces technologies seront devenues matures. Tout n’est pas idyllique pour autant, il n’a pas caché sa crainte pour une "industrie du recyclage qui a besoin de débouchés et d’intrants, un certain nombre de projets se sont arrêtés précisément parce qu’en amont les intrants n’étaient pas suffisants ".

Entre réintroduction d’une médaille pour valoriser ceux travaillant dans le secteur et autre rappel du choix européen de laisser les terres rares de côté - dans les années 80 et 90 - pour des raisons environnementales, le ministre a exhorté à ce qu’on donne du temps et de la visibilité aux filières. Évoquant la possibilité de faire en sorte, peut-être de manière indirecte, qu’on puisse imposer des critères de choix comme l’empreinte environnementale et faire en sorte qu’on choisisse local.

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