Macro-économie / Taux / hydrogène / Fatih Birol / Agence internationale de l'énergie
Macro-économie / Taux
hydrogène / Fatih Birol / Agence internationale de l'énergie
L’hydrogène avance malgré les retards et annulations / La demande croissante a besoin d’être satisfaite
Faire le dos rond pourrait suffire pour l’hydrogène. L’euphorie du début des années 2020 n’est peut-être plus présente actuellement pour cette industrie, elle n’en est pas à l’arrêt pour autant. En partie grâce à la Chine tant l’usine du monde est motrice sur la question de l’hydrogène à faibles émissions. L’Agence internationale de l’énergie (AIE) expliquant dans son rapport annuel sur l’hydrogène que près de 65 % de la capacité mondiale des électrolyseurs qui a été installée ou qui a atteint une décision d’investissement finale y est localisé et ce alors même que la Chine abrite près de 60 % de la capacité mondiale de fabrication d’électrolyseurs.
Fatih Birol, directeur exécutif de l’AIE, ne pense pas autrement, en expliquant que "les dernières données indiquent que la croissance des nouvelles technologies de l’hydrogène est sous pression en raison des vents contraires économiques et de l’incertitude politique, mais nous voyons toujours des signes forts que leur développement progresse à l’échelle mondiale". Il considère que l’impulsion doit être donnée par des "décideurs politiques [qui] devraient maintenir des programmes de soutien, utiliser les outils dont ils disposent pour favoriser la demande et accélérer le développement de l’infrastructure nécessaire."
Étincelle
La seule capacité de l’hydrogène à aider les pays à remplir leurs objectifs énergétiques ne suffit pas toujours à catalyser les flux d’investissements privés et publics. Pourtant, il n’est pas trop tard à en croire l’analyse menée par l’AIE sur le coût de l’installation d’électrolyseurs chinois en dehors de la Chine. Il y est rapporté que"le coût n’est pas significativement inférieur à celui de l’installation de ceux fabriqués par d’autres producteurs lorsque tous les facteurs, y compris les coûts de transport et les tarifs, sont pris en compte". De quoi laisser espérer qu’à l’avenir l’hydrogène à faibles émissions répondra aux attentes placées en lui.
La tendance est plutôt à réduire la voilure étant donné que les projets annoncés sur la production d’hydrogène à faibles émissions d’ici 2030 sont aujourd’hui d’un potentiel de 37 millions de tonnes par an. Là où un an auparavant c’était 49 millions de tonnes potentielles par an dont il était question. Il faut cependant avoir à l’esprit qu’il s’agit d’un secteur naissant loin d’être arrivé à maturité.
Lame de fond
La demande mondiale d’hydrogène a pendant ce temps-là augmenté à près de 100 millions de tonnes en 2024, en hausse de 2 % par rapport à 2023. Pourtant certains secteurs n’ont pas encore adopté largement les carburants à base d’hydrogène tels que le transport maritime. Chez l’AIE on assure que de plus grands efforts sont à mener pour déployer des technologies compatibles et équiper les ports en conséquence.
Une autre tendance devrait quant à elle s’inverser dans les années à venir, il s’agit de l’écart de coût en faveur de l’hydrogène fossile par rapport à celui bas carbone. La baisse des coûts technologiques devrait permettre d’atténuer dans les années à venir une série d’évènements défavorables constitués par les "récentes baisses des prix du gaz naturel et une augmentation du prix des électrolyseurs due à l’inflation et au déploiement plus lent que prévu de la technologie".
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