Macro-économie / Taux / stocks / droits de douane / Donald Trump
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Ces stocks américains qui retardent les effets des droits de douane / De quoi laisser craindre un retour de l’inflation
Les stocks qui cachent la guerre commerciale. Difficile d’être dupe des fortes précautions prises par les entreprises implantées d’une manière ou d’une autre aux États-Unis et tout particulièrement dans le secteur manufacturier. Tout aussi pléthoriques qu’ils soient, ces stocks ne seront pas éternels et les conséquences des droits de douane finiront par se répercuter sur l’économie américaine et in fine sur les ménages.
De quoi expliquer en partie les affirmations de Goldman Sachs, sévèrement critiquées par la Maison Blanche, selon lesquelles si les consommateurs américains supportent 22 % - à date de juin - des coûts des droits de douane, ce n’est pas voué à durer et à terme cette proportion devrait monter jusqu’à 67 %. Chez Lombard Odier on affirme par la voix de Florian Ielpo qu’en "2025, la croissance des stocks aux États-Unis est comparable à celle qui a suivi la fin de la pandémie" et que fort logiquement "Il est peu probable qu’elle soit durable ".
Domino
Loin d’être minimisé par les soins de l’expert, cette situation étant à même d’affecter simultanément l’inflation et la croissance. Son raisonnement est "qu’en ‘important une partie de la demande future, la reconstitution précipitée des stocks crée un choc de demande" et par la suite le gonflement artificiel de la demande a comme conséquence des ajustements des prix et in fine des pressions inflationnistes qui ne manqueront pas de donner du fil à retordre à Jerome Powell - le président de la Réserve fédérale américaine.
Ce qui ne serait qu’un retour à la normale explique-t-on du côté des équipes de Lombard Odier, lesquelles avaient estimé dès le premier semestre que les tarifs douaniers " pourraient provoquer une hausse temporaire de 1,5 % de l’inflation aux États-Unis et réduire la croissance réelle de 0,9 % sur l’année. Or, à ce jour, [étant donné que] nous n’avons constaté aucune trace de ce ralentissement dans les données économiques, et encore moins sur les marchés financiers", leur apparition ne traduirait qu’une normalisation attendue.
Les effets complets de la séquence étant décrits comme ayant débuté par une forte demande entraînant la "formation de stocks extraordinaire qui exercent une pression à la hausse sur les prix des intrants, générant de l’inflation. Lorsque les stocks deviennent excessifs, on assiste à un phénomène de déstockage qui ralentit la production et l’activité économique, ce qui entraîne une hausse modérée des prix" en fin de compte.
Épingle du jeu
Parmi les interrogations dans les mois à venir, il y a celles sur l’effectivité ou non d’une relocalisation d’une partie de la production automobile sur le sol américain. Une fois que les stocks constitués seront écoulés, il conviendra d’apprécier si un tel phénomène se produit et chez Allianz Trade ce n’est pas le scénario qui prévaut. On y argue au contraire qu’un "droit de douane de 15 % pourrait être une victoire à la Pyrrhus pour les États-Unis" et ce étant donné qu’il "donnerait un avantage aux constructeurs automobiles européens et japonais par rapport à leurs homologues mexicains et canadiens, qui seraient soumis à un droit de douane de 25 % sur les voitures produites pour le marché américain".
La relocalisation massive n’est pas à l’ordre du jour et ce quand bien même " les capacités de production nationales américaines ont augmenté de 9 % cette année, ce qui représente une hausse notable de 1,5 % de leur part dans la production automobile mondiale". Les problématiques sont multiples pour les acteurs américains confrontés à des subventions moindres pour leurs modèles électriques dans un contexte de concurrence chinoise exacerbée et de marges réduites.
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