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Les stars de la Tech américaine font le beau temps (ou la pluie) à Wall Street / Du cloud, de l'IA et des ventes d'iPhone au menu

Les publications financières de Meta, Microsoft, Amazon et Apple ont rythmé cette fin de semaine à Wall Street. Et suscité de vives réactions, tant dans l’enthousiasme que la déception, alors même que les investisseurs ont les yeux rivés sur leurs capacités à profiter des retombées de leurs investissements colossaux dans l’intelligence artificielle. Apple semble toutefois faire exception à la règle.
(Photo by SPENCER PLATT / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP)
(Photo by SPENCER PLATT / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP)

Il est désormais devenu coutume, pour les vedettes de la Tech américaine, de rendre des comptes sur leurs avancées dans l’intelligence artificielle (IA) – mais surtout sur les retombées qu’elles produisent sur leurs résultats – lors de la présentation de leurs publications financières. La salve de celles étant tombées cette semaine n’a pas dérogé à la règle, puisqu’elles ont, chacune à leur manière, fait valoir (ou pas) auprès des investisseurs leurs positions dans cette course technologique. Tour d’horizon des temps forts de leurs publications.

 

Microsoft s’envole vers de nouveaux sommets

 

Il serait peu dire que la firme fondée par Bill Gates a enchanté les marchés avec ses résultats financiers. Son titre a été propulsé de plus de 9 % à Wall Street jeudi, ayant permis au groupe de dépasser en séance les 4 000 milliards de dollars de capitalisation boursière. Un cercle très fermé composé jusqu’ici de Nvidia, seulement. Soit l’entreprise la mieux valorisée au monde. Dans l’ensemble, le chiffre d’affaires de Microsoft a grimpé de 15 % sur l’ensemble de son exercice fiscal 2024-2025, près de 282 milliards de dollars. Son bénéfice net est ressorti à 101,8 milliards de dollars, soit une hausse de 15 % sur un an. Rapporté par action, il se fixe à 13,64 dollars et se place ainsi au-dessus des attentes des analystes.

Les points saillants de cette publication se situent néanmoins davantage dans ses détails. "Au total, Microsoft Cloud a dépassé les 168 milliards de dollars de chiffre d’affaires annuel, soit une hausse de 23 % [et 27 % sur le seul quatrième trimestre, ndlr]. Le rythme de l’innovation et la vitesse de diffusion sont sans précédent. À cet effet, nous développons la suite la plus complète de produits et de technologies d’IA, à très grande échelle", a souligné le patron du groupe, Satya Nadella, lors d’un appel avec les analystes, avant de révéler les performances d’Azure, sa division de cloud computing, particulièrement scrutée par les investisseurs car considérée comme reflétant le mieux les capacités de monétisation des investissements en IA de la firme. Elle a ainsi enregistré 75 milliards de dollars de ventes au cours de l’année, traduisant une progression de 34 % de ces dernières (dont 39 % au seul quatrième trimestre). "Nous continuons à mener la vague des infrastructures d’IA et avons gagné des parts de marché chaque trimestre cette année", a poursuivi le dirigeant de Microsoft.

Le groupe s’attend à ce que les revenus d’Azure progressent de 37 % au prochain trimestre. Les investissements ne devraient aussi pas ralentir la cadence, Microsoft anticipant qu’ils s’élèveront à 30 milliards de dollars sur les trois premiers mois de son exercice, a indiqué sa directrice financière, Amy Hood. Une enveloppe guidée par les signaux de forte demande observés, a-t-elle aussi précisé lors de la conférence.

 

Meta profite toujours plus de sa fenêtre de tir

 

La firme de Mark Zuckerberg s’est, elle aussi, distinguée à Wall Street après sa publication trimestrielle, clôturant la séance de jeudi sur une hausse de plus de 11,2 %. Il faut dire, tout d’abord, que les performances financières de la maison mère de Facebook, WhatsApp et Instagram sont au beau fixe. Au titre du deuxième trimestre de son exercice, le groupe a vu son chiffre d’affaires grimper de 22 %, à 47,5 milliards de dollars et son bénéfice net bondir de 36 %, pour se fixer à 18,33 milliards de dollars. Rapporté par action, il s’apprécie de 38 %, à 7,14 dollars. Les 3,5 milliards d’utilisateurs quotidiens des plateformes de Meta ont augmenté de 6 % sur un an, tandis que le prix moyen par publicité vendue a progressé de 9 %.

"En matière de publicité, les excellents résultats de ce trimestre sont en grande partie dus à l’IA, qui a permis d’améliorer l’efficacité et les gains de notre système publicitaire. Au cours de ce trimestre, nous avons étendu notre nouveau modèle de recommandation publicitaire basé sur l’IA à de nouvelles surfaces et amélioré ses performances en utilisant davantage de signaux et un contexte plus long. Cela a entraîné une augmentation d’environ 5 % des conversions publicitaires sur Instagram et de 3 % sur Facebook", a assuré Mark Zuckerberg, lors de la conférence analystes. "Nous constatons également des progrès encourageants dans le domaine de la création publicitaire grâce à l’IA, une part significative de nos revenus publicitaires provenant désormais de campagnes utilisant l’une de nos fonctionnalités d’IA générative. Cela sera particulièrement utile pour les petits annonceurs disposant de budgets limités, tandis que les agences continueront leur travail important pour aider les grandes marques à utiliser ces outils de manière stratégique", a-t-il poursuivi.

Au-delà de la publicité, le patron de Meta voit plusieurs autres grandes opportunités business qui profiteront de ses avancées dans l’IA : l’engagement des utilisateurs de ses plateformes, par exemple grâce à des recommandations mieux personnalisées, ce qui augmente ainsi le temps qu’ils passent à les utiliser ; Meta AI, son robot conversationnel alimenté par ses propres modèles de langage et disponible sur Facebook ou WhatsApp ; et, enfin, les appareils à IA, à l’instar des Ray-Ban Meta qu’il développe avec EssilorLuxottica (et rencontrant par ailleurs un franc succès). "Je pense que les lunettes IA vont être le principal moyen d’intégrer la super-intelligence dans notre vie quotidienne", a insisté Mark Zuckerberg.

Pas de quoi, donc, changer de cap. Mark Zuckerberg avait déjà annoncé déployer des investissements massifs afin de construire ses propres giga-centres de données, ou encore redoubler d’efforts pour se constituer une équipe de pointe pour travailler sur la "super-intelligence artificielle". Des dires réitérés lors de cette publication. Meta a par ailleurs annoncé réviser ses ambitions d’investissements à la hausse pour l’ensemble de son exercice. Ils devraient ainsi être compris entre 66 et 72 milliards de dollars, contre 64 à 72 milliards de dollars précédemment annoncés. Et de prévenir, d’ores et déjà, que la croissance des investissements serait de mise en 2026. "Il est clair que toutes ces dépenses ajoutent des risques à court terme pour les résultats financiers, mais Meta semble bien parti pour être le grand gagnant dans le domaine de l’IA à long terme", résume Matt Britzman, analyste senior en actions chez Hargreaves Lansdown.

 

Amazon, ou le mauvais effet de comparaison dans le cloud

 

La firme fondée par Jeff Bezos s’est prêtée à son exercice de publication trimestrielle jeudi soir. L’accueil réservé en Bourse n’a pas été aussi chaleureux que pour Microsoft et Meta : dans les échanges électroniques d’après clôture, le titre s’est enfoncé dans le rouge, à hauteur de 7 %, et perd toujours plus de 6 % depuis l’ouverture de Wall Street ce vendredi. Rien à redire, en apparence, puisque les ventes du groupe ont progressé de 13 % sur un an, à 167,7 milliards de dollars au titre du deuxième trimestre de son exercice fiscal, soit légèrement au-dessus des attentes des analystes.

Mais comme chez les autres Big Tech américaines, c’est sa division cloud, Amazon Web Cloud Services (AWS), qui a retenu l’attention. Ses ventes se sont appréciées de 17,5 % sur un an, à 30,9 milliards de dollars. Un rythme trimestriel donc bien inférieur à celui d’Azure chez Microsoft (39 %), mais aussi de Google, ayant publié ses résultats la semaine dernière, et dont les revenus dans le cloud ont grimpé de 32 % sur un an. D’autant que la marge opérationnelle d’AWS s’est contractée : elle a atterri à 32,9 % au deuxième trimestre de 2025, contre 35,5 % un an auparavant, et 39,5 % au premier trimestre.

 

Apple détourne pour l’instant l’attention de l’IA

 

Si les avancées (ou le retard ?) d’Apple dans l’IA sont un sujet scruté de près par les marchés financiers, d’autres préoccupations figurent pour l’heure à l’agenda de la firme à la pomme. Parmi elles : la politique commerciale de Donald Trump, alors même que les chaînes de production des iPhone du groupe sont majoritairement réparties en Asie, plus particulièrement en Chine et en Inde. Dans l’ensemble, le groupe dirigé par Tim Cook a publié des résultats trimestriels solides : des revenus records de 94 milliards de dollars à fin juin, en hausse de 10 % sur un an et un bénéfice trimestriel net par action de 1,57 dollar, en hausse de 12 %.

"Nous avons établi un record pour le trimestre de juin pour l’iPhone, qui a enregistré une forte croissance de 13 % par rapport à l’année précédente. Nous avons constaté une croissance de l’iPhone dans tous les segments géographiques et une croissance à deux chiffres sur les marchés émergents, notamment en Inde, au Moyen-Orient, en Asie du Sud et au Brésil. Mac a continué d’afficher d’excellents résultats avec un chiffre d’affaires en hausse de 15 % par rapport à l’année précédente, et nous avons établi un nouveau record historique de chiffre d’affaires dans le secteur des services, qui a progressé de 13 % avec une croissance à deux chiffres sur les marchés développés et émergents", a détaillé le patron d’Apple lors d’une conférence avec les analystes.

Il a aussi indiqué, en réponse à l’un d’entre eux, que l’effet d’aubaine lié aux inquiétudes sur les tarifs douaniers n’expliquait qu’un point de pourcentage de croissance, sur les dix enregistrés au total. En clair, a souligné Tim Cook, la hausse des ventes n’est pas liée à celle d’une tendance inhabituelle de consommateurs qui se seraient pressés d’acheter ses produits, craignant que leurs prix n’augmentent par la suite. La marge brute du groupe s’est, de son côté, affichée à 46,5 %, reculant ainsi de 60 points de base par rapport au trimestre précédent, principalement en raison d’un premier impact de 800 millions de dollars relatifs aux tarifs douaniers de Donald Trump. Sur le prochain trimestre, la charge de coûts pourrait même se porter à 1,1 milliard de dollars, estime Tim Cook.

En matière d’IA, le dirigeant d’Apple est néanmoins resté vague, indiquant seulement qu’elle était "la technologie la plus profonde de notre époque", que les investissements en la matière augmentaient "significativement", ou encore que des fonctionnalités d’IA étaient intégrées sur l’ensemble des plateformes et des appareils du groupe. Son titre a progressé de près de 2 % dans les premiers échanges, après l'ouverture de la Bourse de New York, avant de reculer finalement de 1,5 % par la suite.

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