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Apple fait un (nouveau) pas à 100 milliards de dollars vers Donald Trump / De larges engagements sur quatre ans au timing bien choisi

Le patron d’Apple, Tim Cook, a annoncé en direct de la Maison Blanche qu’il allait porter son enveloppe d’investissements aux États-Unis à 600 milliards de dollars. Des promesses prenant la suite des appels fermes, passés au groupe par Donald Trump, afin qu’il rapatrie sa production sur le sol américain. 
Donald Trump et Tim Cook, patron d'Apple, à la Maison Blanche ce 6 août. (Photo by Brendan SMIALOWSKI / AFP)
Donald Trump et Tim Cook, patron d'Apple, à la Maison Blanche ce 6 août. (Photo by Brendan SMIALOWSKI / AFP)

L’annonce avait fuité dans les médias américains durant l’après-midi et a été confirmée hier dans la soirée, en bonne et due forme, en direct de la Maison Blanche, en présence de Donald Trump : Apple va déployer 100 milliards de dollars d’investissements supplémentaires aux États-Unis, ce qui porterait le total de ses engagements dans le pays à 600 milliards de dollars sur quatre ans. Depuis le Bureau ovale, Tim Cook, le patron de la firme de Cupertino, a également fait savoir qu’un programme visant à fabriquer des composants stratégiques présents dans les produits Apple allait être lancé aux États-Unis. "Nous allons continuer à investir ici en Amérique. Nous allons continuer à embaucher en Amérique", a-t-il  assuré devant le président américain.

 

En première ligne

 

Des déclarations tombant à point nommé, puisque Donald Trump a profité de cette occasion pour déclarer qu’il souhaitait mettre en place une surtaxe de 100 % sur les puces et les semi-conducteurs importés, capitaux pour la production d’Apple, qui avaient jusqu’ici échappé à ses foudres tarifaires. Sans toutefois préciser un quelconque horizon de mise en œuvre. "Mais la bonne nouvelle pour les entreprises comme Apple, c’est que si vous construisez [des usines] aux États-Unis, ou que vous êtes engagés à le faire, vous ne devrez pas payer", a glissé le président. "Déjà cette année, les industriels américains sont en passe de fabriquer 19 milliards de puces pour Apple, dans 24 usines, réparties dans douze États", a aussi souligné Tim Cook.

Il faut dire que la marque à la pomme - ou plutôt ses chaînes d'approvisionnement et de production - a fait face à des pressions ouvertes de la part du locataire de la Maison Blanche. Elle assemble en effet par exemple l’essentiel de ses iPhone en Chine et en Inde, qui vient d’ailleurs d’être touchée par de nouveaux droits de douane sur ses exportations de produits vers les États-Unis, les portant ainsi à 50 %. À la fin du mois de mai, sur son réseau Truth Social, Donald Trump avait publiquement menacé le groupe : "J’ai depuis longtemps informé Tim Cook, que j’attends que les iPhone qui sont vendus aux États-Unis, soient fabriqués et assemblées aux États-Unis, et non en Inde ou ailleurs. Si ce n’est pas le cas, alors Apple devra payer des droits de douane d’au moins 25 % aux États-Unis". Apple avait alors déjà pourtant fait preuve d’allégeance aux exigences de Donald Trump. Au début du mois de février, alors que le président agitait activement le spectre de futurs tarifs douaniers, le groupe avait donc détaillé un premier plan d’investissements de 500 milliards de dollars dans le pays, incluant notamment la création d’une nouvelle usine au Texas et de 20 000 emplois aux États-Unis.

De fait, parmi les grands géants de la Tech américaine, Apple se situe tout particulièrement en première ligne de la guerre commerciale menée par Donald Trump. En témoigne la chute du cours de Bourse du groupe dans la foulée du "Liberation Day" de Donald Trump, au début du mois d’avril. Lors de sa publication trimestrielle, la semaine dernière, Tim Cook avait annoncé aux analystes qu’un impact de 800 millions de dollars, relatif aux tarifs douaniers de Donald Trump, était à relever d’avril à juin. En conséquence de quoi, sa marge brute a reculé de 60 points de base d’un trimestre à l’autre, pour se fixer à 46,5 %. Pour celui en cours, la charge de coûts pourrait même se porter à 1,1 milliard de dollars, avait-il alors estimé. Apple n’a pour l’instant pas donné d’indications sur un autre futur plan d’action pour préserver ses marges, notamment en termes de politique de prix.

 

Mince effet d’aubaine

 

Reste à savoir si, grâce à ces multiples mains tendues à Donald Trump, le groupe parviendra à tirer véritablement son épingle du jeu auprès du président américain sur le plan des tarifs douaniers. Pour l’heure, il semblerait en tout cas qu’ils ne perturbent pas les clients d’Apple outre mesure. Alors que la firme a enregistré une croissance notable de ses revenus au trimestre dernier, elle a assuré que les craintes d’une hausse de prix, qui auraient poussé les consommateurs à anticiper leurs achats, n’avaient été responsables que d’un point de croissance, sur les dix observés d’avril à juin. Cette nouvelle annonce d’investissements et la séquence ayant suivi à la Maison Blanche semblent en tout cas être de bon augure pour les marchés financiers, puisque le titre Apple a grimpé de plus de 5 % dans les échanges électroniques d’après-clôture à Wall Street.

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