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Mark Zuckerberg multiplie toujours plus ses investissements dans l’IA / Meta a plusieurs cordes solides à son arc

En annonçant son intention de déployer de nouveaux investissements colossaux pour construire une "super-intelligence" artificielle, doublés d’efforts pour se doter d’une équipe de haut niveau en la matière, le patron de Meta affiche clairement ses ambitions. Si la firme semble avoir pris du retard en matière d’IA par rapport à d’autres concurrents sur certains points, les annonces de Mark Zuckerberg révèlent aussi un sérieux marqueur de confiance pour la suite. D’autant que le groupe dispose d’atouts de taille pour pouvoir diffuser rapidement ses prochaines avancées technologiques et en tirer parti.
Mark Zuckerberg  (Photo by JIJI PRESS / AFP)
Mark Zuckerberg (Photo by JIJI PRESS / AFP)

En déplacement en Pennsylvanie, Donald Trump a annoncé mardi soir un certain nombre d’investissements réunissant plusieurs organisations, en faveur de l’énergie et des infrastructures d’intelligence artificielle (IA), dans l’État de l’Est des États-Unis. En tout et pour tout, un chèque de 92 milliards de dollars devrait être signé : il se répartira dans des projets dédiés aux centres de données – pour 36 milliards de dollars – et des sites de production d’énergie – pour 56 milliards de dollars. Parmi les présents, Google, ayant notamment indiqué à cette occasion qu’un investissement de 25 milliards de dollars sur deux ans serait déployé dans des centres de données et infrastructures d’IA. Une autre Big Tech américaine n’a néanmoins pas attendu cet évènement pour mettre ses propres annonces sur le devant de la scène. Lundi, Mark Zuckerberg annonçait en effet sur son réseau social Threads qu’il allait investir "des centaines de milliards de dollars dans le calcul pour construire la super-intelligence". "Nous avons le capital de notre entreprise pour le faire", a-t-il ajouté.

Lors de la présentation de ses résultats trimestriels à la fin du mois d’avril, Meta avait déjà fait savoir qu’il allait déployer jusqu’à 72 milliards de dollars d’investissements cette année, contre un maximum de 65 milliards de dollars prévus initialement. Une manière de mettre plus encore l’accent sur les centres de données, avait alors indiqué la firme. Et représentant un signe de confiance opportun, relevaient alors aussi les observateurs de marché. "Nous construisons actuellement plusieurs clusters multi-GW. Le premier, baptisé Prometheus, sera mis en service en 2026. Nous construisons également Hyperion, qui pourra atteindre une puissance de 5 GW en quelques années. Nous construisons également plusieurs autres clusters titanesques. À lui seul, l’un d’entre eux couvre une partie importante de la superficie de Manhattan", a indiqué Mark Zuckerberg sur Threads, qui semble bel et bien décidé à passer la surmultipliée en matière d’IA – avec, comme les autres leaders du secteur, la "super-intelligence" en ligne de mire, soit une forme de technologie qui promet de dépasser les capacités humaines.

 

Des lignes qui bougent

 

Il faut dire que parmi les grands géants technologiques américains, Meta ne semble pas faire la course en tête de l’IA, du fait de rivaux de taille (comme OpenAI, Alphabet ou xAI, entre autres). Son dernier grand modèle de langage présenté au mois d’avril, Llama 4, n’avait d’ailleurs pas suscité d’enthousiasme particulier. Une manière de revenir dans la course ? "Mark Zuckerberg ne cherche pas à rattraper son retard : il vise la domination en construisant Hyperion, un mastodonte de 5 GW, et Prometheus, un supercluster qui sera lancé en 2026", nuance de son côté John Plassard, de Cité Gestion, dans sa lettre quotidienne. Pour l’analyste, la stratégie est claire : associer les meilleurs cerveaux du monde à une capacité de calcul par chercheur "sans précédent". De quoi créer une configuration de laboratoire inédite, souligne John Plassard. "Cette captation de talents pourrait laisser les petites entreprises dans l’expectative, Meta s’accaparant à la fois le matériel et le capital humain. Avec cette initiative, les lignes de combat sont redessinées : OpenAI, xAI et DeepMind disposent désormais d’une nouvelle référence - et elle est colossale", ajoute-t-il.

De fait, Mark Zuckerberg semble l’avoir bien compris. Les talents sont le nerf de la guerre en matière d’IA. "En ce qui concerne nos efforts en matière de super-intelligence, je m’attache à constituer l’équipe la plus élitiste et la plus talentueuse du secteur", a souligné l’entrepreneur sur Threads lundi. Le patron d’OpenAI, Sam Altman, avait d’ailleurs glissé que Meta aurait offert une prime individuelle de 100 millions de dollars à la signature pour débaucher ses employés, accompagnée d’une rémunération annuelle du même acabit. Des recrutements auxquels le patron de Meta tient à procéder personnellement, rapportent les médias anglo-saxons, dans le but de composer une équipe d’une cinquantaine de personne. Le milliardaire aurait par la suite confirmé dans un mémo interne que des collaborateurs de ses rivaux avaient rejoint l’entreprise. À la mi-juin, Meta avait aussi réalisé un investissement d’envergure dans Scale AI, une start-up du secteur, à hauteur de 14,3 milliards de dollars. Ce qui constituerait ainsi sa deuxième plus grosse opération, derrière le rachat de WhatsApp en 2014, pour 19 milliards de dollars. En échange de ce montant, la firme de Mark Zuckerberg devrait acquérir 49 % du capital de la société, selon la presse américaine, tandis que son fondateur Alexandr Wang devrait aussi prendre la tête de cette équipe de "super-intelligence".

 

Des canaux sûrs

 

Du capital humain et des infrastructures propriétaires qui semblent donc être de bon augure pour Meta, qui peut compter sur un atout de taille pour diffuser très largement ses technologies et en tirer parti. Soit ses plateformes de réseaux sociaux et de messagerie (Facebook, Instagram, Threads, WhatsApp ou Facebook Messenger) qui réunissent 3,43 milliards d’utilisateurs quotidiens – l’apport de l’IA lui permettant notamment de stimuler leur engagement et de mieux identifier et de cibler les audiences pour soigner ses revenus publicitaires. Des applications parmi les plus utilisées du monde, déjà créatrices de revenus, qui permettent par ailleurs de convertir les consommateurs plus rapidement à l’IA. Récemment, le groupe a par exemple lancé "Meta AI", un robot conversationnel s'appuyant sur ses modèles "maison" et pouvant être utilisé directement depuis WhatsApp et Facebook Messenger. De même, en matière d’applications concrètes et commerciales de ses avancées en IA, le groupe peut compter sur le succès des "Ray-Ban Meta", créées en collaboration avec EssilorLuxottica. Un canal et une alliance utiles à la firme, semblerait-il, puisque Meta serait entré au capital du groupe franco-italien la semaine dernière.

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