Macro-économie / Taux / réseau cuivre / droits de douane / Donald Trump
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réseau cuivre / droits de douane / Donald Trump
La production domestique de cuivre américaine n’a que peu à espérer de la guerre tarifaire / Une stratégie présidentielle qui ne convainc pas
"Le cuivre est le deuxième matériau le plus utilisé par le ministère de la Défense !". Invoquant un impératif de souveraineté Donald Trump, le président américain, a annoncé une "surtaxe de 50 % sur le cuivre, qui entrera en vigueur le 1er août 2025". De quoi permettre au métal de s’envoler de plus de 10 % à la Bourse de New York à 5,60 dollars la livre.
Des mouvements qui pourraient bien être temporaires à en croire Ewa Manthey, Commodities Strategist chez ING, celle-ci arguant qu’à court terme les prix enregistrés au New York Commodities Exchange (Comex) devraient s’apprécier et ce étant donné qu’il "est probable qu’il y aura plus d’achats avant l’entrée en vigueur des tarifs". Elle n’en avertit pas moins que "l’arbitrage a entraîné une accumulation de stocks dans les entrepôts américains, ce qui pourrait temporairement amortir le marché une fois que les droits de douane entreront en vigueur".
Destruction
Le gâteau à se partager entre les producteurs domestiques pourrait quant à lui devenir bien moins juteux, un véritable risque de destruction de la demande existant outre Atlantique en raison des prix élevés. Ewa Manthey table sur une hausse de l’inflation associée, laquelle "augmenterait les coûts pour les fabricants américains sans alternative nationale disponible, à un moment où le président Trump fait pression sur la Réserve fédérale pour qu’elle baisse les taux d’intérêt".
De façon inverse les prix du London Metal Exchange (LME) n’ont que peu à craindre de cette stratégie américaine, bien au contraire étant donné qu’aussitôt les droits de douane en vigueur les flux vers les États-Unis vont se tarir. Les entrepôts liés au Comex sont déjà plus que remplis – les stocks y ont plus que doublé au deuxième trimestre – et il faut remonter à 2018 pour revenir à une situation équivalente. Une situation qui n’est pas amenée à durer dès lors l’arbitrage Comex-LME ne jouera plus ; pour l’heure ce dernier "s’est élargi à plus de 2000 $/t, ce qui soutient le fort flux de cuivre vers les États-Unis ".
Son mal en patience
Il faudra cependant être prêt à attendre avant de voir de nouvelles mines ouvrir aux États-Unis, la stratégiste rappelant que rien que la construction d’une seule d’entre elles prend en moyenne de 16 à 18 ans, avant que le gisement entre en production. Dans le pire des cas, le processus peut être encore plus long Ewa Manthey évoquant "en moyenne près de 29 ans, en raison des exigences étendues en matière de permis, le processus d’autorisation prenant environ sept à dix ans". Reste à savoir si Donald Trump fera voler en éclat ce qu’il pourrait considérer comme un carcan réglementaire.
Une autre contrainte vient non pas de la production mais des fonderies de cuivre étant donné qu’uniquement deux sont actives sur le sol américain, l’une à Miami en Arizona, appartenant à Freeport-McMoran, et l’autre à Kennecott dans l’Utah, qui appartient à Rio Tinto. Chez les acteurs locaux on prend plutôt position en faveur de restrictions à l’exportation de ferraille et de minerais et de l’accélération de l’autorisation des mines pour soutenir la production domestique. D’autant plus que le poids conséquent des importations, 50 % de la consommation, rend peu probable leur substitution par des solutions locales à court terme.
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