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Entreprises / Actions / Rémy Cointreau / cognac / Chine / dumping / Pernod-Ricard

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Rémy Cointreau / cognac / Chine / dumping / Pernod-Ricard

Rémy Cointreau : les conclusions de l’enquête chinoise "anti-dumping" lui permettent au moins d’y voir plus clair / Des engagements de prix minimum conclus aux côtés de certaines entreprises de la filière

La maison de cognac et de spiritueux actualisera ses objectifs annuels lors de sa prochaine publication trimestrielle, à la faveur d’un accord conclu avec les autorités chinoises à la suite de la clôture de l’enquête "anti-dumping" sur les importations d’eaux-de-vie de vin, de marc et de brandies de l’Union européenne : de quoi avoir davantage de visibilité sur les impacts attendus. Un engagement de prix minimum ne constituant en rien un aveu de telles pratiques, mais qui offre néanmoins une issue moins pénalisante que celle de l’application de droits de douane définitifs.
(Photo by GREG BAKER / AFP)
(Photo by GREG BAKER / AFP)

Un moindre mal, pour un moindre bien. Vendredi, le ministère du Commerce chinois (MOFCOM) annonçait avoir conclu son enquête "anti-dumping" sur les importations de brandies européens, lancée en réponse à l’annonce de Bruxelles d’imposer des droits de douane supplémentaires sur les véhicules électriques de l’Empire du milieu. Conclusion : un droit de douane moyen de 32,2 % est appliqué aux eaux-de-vie de vin, de marc et de brandies de l’Union européenne, depuis le 5 juillet 2025. Rémy Cointreau avait néanmoins fait savoir, dans la foulée, avoir conclu un accord avec les autorités chinoises portant sur un engagement de prix minimum, applicable aux importations de certains produits.

"En vertu de cet accord certains acteurs du cognac concernés par la procédure s’engagent, selon des formules qui leur sont propres, à respecter un prix minimum à l’importation en Chine. En contrepartie, les droits antidumping "définitifs" qui devaient être imposés aux exportations européennes ne seront pas appliqués (pour rappel le taux officiel "provisoire" était de 38,1 % pour la division cognac de Rémy Cointreau depuis le 11 octobre 2024, sous forme d’une caution par garantie bancaire, et a été ramené à 34,3 % dans sa version définitive)", explique le groupe, ajoutant que cet accord ne constitue en rien une reconnaissance de pratiques de dumping. Bien que ses conditions soient également moins avantageuses que celles en l’état avant l’ouverture de l’enquête, elles offrent une issue plus favorable, ou du moins une alternative moins pénalisante, que l’application des droits de douane anti-dumping définitifs.

Pour mémoire, dans le scénario du pire, le groupe désormais dirigé par Franck Marilly avait estimé que l’impact brut de ces droits de douane chinois, sur son résultat opérationnel courant, aurait pu être de 60 millions d’euros pour l’exercice 2025-2026. Du fait de cet accord et des précisions sur les conséquences financières pour le groupe qui en découleront, Rémy Cointreau mettra ses objectifs annuels à jour lors de sa publication trimestrielle, le 25 juillet prochain. Et a également fait savoir que ses investissements en Chine pourraient se renforcer. Ce matin, la banque UBS confirmait ainsi sa recommandation "neutre" sur le titre de Rémy Cointreau, s’affichant dans le vert depuis l’ouverture de la séance, dans le sillage d’une progression amorcée vendredi après ces différentes annonces.

 

Points d’attention

 

Pour les analystes d’UBS, la suppression des menaces de tarifs sur le cognac en Chine constitue effectivement un vecteur de soulagement. Même si l’environnement de consommation dans le pays reste fragile. Rémy Cointreau n’est par ailleurs pas le seul acteur de la filière à avoir conclu un accord avec le MOFCOM. Pernod Ricard, par exemple, s’est lui aussi engagé à respecter un prix minimum, rappelant aussi par la même occasion que cela ne constituait pas un aveu de pratiques de dumping. "Pernod Ricard regrette l’augmentation des coûts d’exploitation en Chine, mais note que les coûts supplémentaires liés à l’engagement de prix minimum convenu sont nettement inférieurs à ceux qui auraient été supportés si les droits anti-dumping provisoires avaient été rendus permanents", ajoute le groupe dirigé par Alexandre Ricard.

Le Bureau national interprofessionnel du cognac (BNIC) a quant à lui souligné que les entreprises de la filière bénéficiant de cet accord resteront dans une situation dégradée, par rapport aux conditions qu’elles connaissaient sur le marché chinois avant la procédure lancée en janvier 2024. Et les inquiétudes quant à la réouverture du marché "duty free", dont le cognac est exclu depuis décembre 2024, restent de mise. Il représente traditionnellement 20 % des ventes du secteur en Chine, souligne le BNIC.

À cette occasion, l’association a donc renouvelé son appel auprès du gouvernement français et de la Commission européenne pour qu’un accord politique soit trouvé dans les plus brefs délais avec les autorités chinoises, afin de revenir à une situation sans droits anti-dumping. "C’est une étape positive pour mettre un terme à ce contentieux qui menaçait nos exportations. Nous allons continuer de soutenir notre filière pour s’assurer que ses intérêts soient pleinement préservés. Je suis mobilisé depuis le début aux côtés de nos vignerons et de toute la filière. Je continuerai dès cet après-midi à porter ces enjeux auprès des autorités chinoises", soulignait de son côté Emmanuel Macron, sur X, vendredi après-midi.

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