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Rémy Cointreau

Rémy Cointreau mise sur trois chantiers pour relancer sa croissance et sa création de valeur / Comme prévu, l'exercice 2025-2026 en restera un de transition

Soumis aux difficultés qui touchent sa filière, ayant chahuté son année, Rémy Cointreau est parvenu à atteindre les objectifs qu’il s’était fixés - dont celui de stabiliser son chiffre d’affaires sur le plan organique. Désormais, le groupe de cognac et de spiritueux s’attaque aux chantiers qui lui permettront de réduire sa dépendance aux cycles macroéconomiques et de créer 100 millions d’euros de résultat courant opérationnel supplémentaires, à l’horizon 2028-2029. À la Bourse de Paris, son titre réagit en forte hausse.
Crédits : rémy cointreau
Crédits : rémy cointreau

Conforme aux prévisions. Rémy Cointreau a publié jeudi les résultats de son exercice 2025-2026 (clos fin mars) : alors que la maison de cognac et de spiritueux visait une croissance organique de son chiffre d’affaires comprise entre la stabilité et le « low single digit », celle-ci a été de + 0,2 % sur un an (pour 935,3 millions d’euros de revenus). En données publiées, sous l’effet de taux de change défavorables, il a néanmoins reculé de près de 5 %. Son résultat opérationnel courant (ROC), attendu en baisse dans une fourchette « low-double digit » à « mid-teens », a effectivement marqué le pas à hauteur de 11,5 %, en organique, sur un an, tandis que la marge correspondante, à 17,7 %, s’est tarie de 2,6 points.

Il faut dire que les douze derniers mois n’ont pas été de tout repos pour le groupe, comme pour l’ensemble de sa filière. À une moindre consommation sur ses marchés historiques, sont venues s’ajouter les tensions commerciales entre l’Europe et la Chine, ayant placé le cognac en otage et débouché sur un accord conclu par Rémy Cointreau (et d’autres groupes du secteur) de prix minimum d’importation. Évidemment, les droits de douane imposés par Donald Trump sur les exportations vers les États-Unis ont aussi été au rendez-vous. « Cette année de transition nous a permis de remporter plusieurs batailles importantes : nos marques regagnent du terrain aux États-Unis, Rémy Martin [marque de cognac, ndlr] renforce son leadership et ses parts de marché en Chine et notre activité Travel Retail retrouve progressivement de l’élan et vise à doubler de taille à l’horizon trois ans », a toutefois indiqué Franck Marilly, le directeur général du groupe, à l’occasion de la publication.

Car cette dernière aura en effet surtout été l’occasion pour la direction de présenter plus en détail sa feuille de route pour les trois prochaines années, dont les contours avaient déjà été donnés. Et dans l’ensemble, la Bourse applaudit. Le titre Rémy Cointreau s’envole d’environ 10 % depuis l’ouverture de la séance. L’ambition sera ainsi de réduire progressivement la dépendance du groupe aux cycles macroéconomiques et de générer 100 millions d’euros de création de valeur, au niveau du ROC, d’ici 2028-2029, par rapport à l’exercice clos. Le reste des objectifs à moyen terme de l’entreprise seront communiqués lors de sa publication semestrielle, en novembre prochain.

 

Les leviers identifiés

 

Le plan, baptisé « RC Forward », s’articule autour de trois grands chantiers. D’abord, les projets de croissance. Le but sera de raviver sur le long terme la dynamique du cognac (qui représente plus de 60 % du chiffre d’affaires et environ 80 % du ROC), d’accélérer le développement des autres catégories d’activité du groupe, ainsi que de renforcer sa présence sur les marchés à fort potentiel. Pour mémoire, l’entreprise avait d’ailleurs récemment annoncé créer une nouvelle zone « marchés émergents ». Elle a aussi aligné sa gouvernance sur ses priorités. « La création d’une nouvelle entité dédiée aux marchés émergents doit permettre d’accélérer fortement notre développement dans ces régions et d’y doubler nos ventes à horizon trois ans », a ajouté Franck Marilly. Le groupe vise plus particulièrement l’Inde, l’Afrique du Sud et le Brésil.

D’une manière plus générale, les projets de croissance du groupe se traduiront par exemple par le lancement d’une nouvelle innovation pour Rémy Martin au premier trimestre de l’exercice 2027-2028, par l’accélération dans l’expansion du « travel retail », à l’échelle mondiale, ou bien par une meilleure valorisation de sa marque Rémy Martin XO et de sa division prestige. Le deuxième chantier portera sur l’amélioration de l’exécution commerciale, avec une meilleure efficacité des réseaux de distribution, ou bien une meilleure allocation des investissements, entre autres. Enfin, le groupe prévoit de capturer plus de synergies grâce à une centralisation accrue de ses achats.

En attendant, pour l’exercice désormais en cours, Rémy Cointreau anticipe un retour durable à la croissance organique de son chiffre d’affaires, avec une amélioration progressive de la dynamique au cours de l’exercice. Le groupe prévoit aussi une légère hausse de sa marge opérationnelle courante, reposant sur une estimation du ROC qui intègre un impact des droits de douane de quelque 20 millions d’euros pour 2026-2027, contre environ 15 millions d’euros en 2025-2026.

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