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commerce; douane; France; emploi

Macro-économie / Taux / Asterès / Peterson Institute / Guerre commerciale / Déficit

Macro-économie / Taux
Asterès / Peterson Institute / Guerre commerciale / Déficit

Ces Français qui feraient les frais de la guerre commerciale / Plusieurs dizaines de milliers d’emplois pourraient être détruits

Les joutes verbales de Donald Trump avec le reste du monde pourraient bien finir par coûter leur emploi à plus de 45 000 Français. Il faudrait cependant que les droits de douane sur les produits français soient de l’ordre de 50 % pour en parvenir à cette extrémité. Il n’en reste pas moins que même une hausse des droits de douane américains à 20 % sur les produits français entraînerait une perte d’exportations de l’ordre de 1 milliard d’euros et de nombreux licenciements suivraient.
Vignes. Photo by Silas Stein / dpa Picture-Alliance via AFP
Vignes. Photo by Silas Stein / dpa Picture-Alliance via AFP

Une volonté d’en finir avec le déficit commercial américain qui semble n’avoir cure de l’emploi tricolore. Difficile de voir quel côté de l’Atlantique sortira gagnant d’une guerre commerciale pérenne, pour peu qu’il y en ait un. Le Peterson Institute s’était récemment montré pour le moins critique de la volonté de Donald Trump d’en finir avec le déficit commercial des Etats-Unis, notamment en termes d’emplois.

Voici que le cabinet de conseil Asterès publie une étude inédite quantifiant les conséquences potentielles pour les secteurs français les plus exposés aux droits de douane. Les résultats sont sans appel ; une hausse des droits de douane américains à 20 % sur les produits français conduirait à la destruction de plus de 17 000 emplois et si cette augmentation atteint les 50 % ce "sont près de 2,5 milliards d’euros d’exportations et plus de 45 000 emplois qui pourraient disparaître".

 

Grands perdants

 

Un triptyque de secteurs sinistrés par les droits de douane semble se dessiner allant des vins et spiritueux (21 % de leurs exportations étant expédiées sur le marché américain) à la maroquinerie et ce en passant par les produits cosmétiques. Il faut dire qu’à eux trois ils représentent un excédent commercial pour le moins avec les États-Unis de plus de 8 milliards d’euros en 2024.

De quoi expliquer qu’avec des droits de douanes envers la France de l’ordre de 50 %, la baisse des exportations "dépasserait 30 % pour le vin, provoquant à elle seule plus de 15 000 destructions d’emplois". Une destruction bien plus conséquente que celles avec 20 % de droits où les exportations vers les États-Unis diminueraient de 11 % en moyenne et où seuls 8 000 emplois directs et indirects seraient perdus pour les vins et spiritueux, 5 500 pour les cosmétiques et quelque 3 900 emplois pour la maroquinerie.

 

Indolore

 

Pour autant le cabinet de conseil fondé par Nicolas Bouzou argue qu’au vu des expériences passées, il semble qu’une hausse des droits de douane de 2,6 % à 16,6 % sur 12 043 produits, "couvrant 303 milliards de dollars d’importations, s’est traduite par une perte de 51 milliards de dollars pour l’économie américaine sur une seule année, soit 0,27 % du PIB américain ". Mobilisant différents travaux de recherche les auteurs arguent que le PIB américain pourrait "diminuer de 1,4 % au cours de l’année suivant l’introduction des droits de douane, alors que les répercussions sur ses partenaires économiques devraient être modérées, entre 0,2 % et 0,6 % de réduction du PIB".

Pas de quoi pousser au plébiscite des mesures de représailles étant donné que les barrières douanières pénaliseraient en premier lieu les Américains. Chez Asterès on prône plutôt le fait d’étudier " les effets potentiels de solutions alternatives, notamment la recherche de nouveaux partenaires" ou encore "le renforcement de la coopération avec les partenaires historiques et le soutien aux secteurs en difficulté". Puisque même si au niveau agrégé la France s’en tirerait relativement bien, il n’en demeure pas moins que certaines géographies seraient lourdement pénalisées.

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