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Etats-Unis / importations / Peterson Institute
Ce déficit commercial qui refuse de se plier aux désidératas de Donald Trump / Le premier semestre 2025 n’aura pas vu les importations américaines diminuer
Un résultat sans nul doute décevant pour l’administration Trump mais en aucun cas surprenant pour les macro-économistes. Voici comment deux membres du Peterson Institute for International Economics analysent les importations américaines lors des six premiers mois de l’année, expliquant que la baisse des importations attendues par certains acteurs est loin de s’être produite. Pour l’heure c’est même le contraire du souhait de Donald Trump de rééquilibrer la balance commerciale américaine qui s’opère, avec une hausse des exportations vers les États-Unis pour se prémunir un tant soit peu de l’arrivée de droits de douane renforcés.
Les deux économistes expliquent qu’on observe bel et bien "un excédent croissant des dépenses nationales par rapport à la production nationale", ce qui se traduit par un déficit commercial américain qui a progressé au premier semestre 2025 rapporté aux six premiers mois de l’année 2024. Ce qui ne veut pas dire que le programme tarifaire de l’administration Trump n’ait pas probablement freiné le montant total dépensé pour les importations américaines de marchandises. Les auteurs insistent plutôt sur la puissance d’autres forces à l’œuvre, parmi lesquelles ils placent le solde budgétaire américain, les achats anticipés ou encore l’inflation mondiale.
Réalité
Ils expliquent ainsi qu’en raisonnant en termes réels, il s’avère que "les exportations cumulées de janvier à juillet 2025 sont restées à peu près identiques à leurs niveaux de la même période en 2024 ". Il paraît dès lors compliqué d’espérer réduire le déficit commercial alors même qu'en juillet, lorsque "les tarifs ont été appliqués, les importations réelles cumulées de janvier à juillet 2025 étaient encore d’environ 10 % supérieures au niveau de janvier à juillet 2024".
La relativement bonne santé de l’économie américaine ne semble rien devoir arranger à la situation et il s’avère que la combinaison d’importations plus fortes et d’exportations relativement stables a fini par creuser le déficit commercial en termes réels. Ce dernier de janvier à juillet s’est établi à quelque 871 milliards de dollars, contre 705 milliards de dollars en 2024. Les principales conséquences sont plutôt à observer du côté de certains des partenaires commerciaux des États-Unis ; il s’avère bel et bien que certains d’entre eux ont largement souffert cette année.
Plein fouet
Les États-Unis semblent pour l’heure prémunis des effets des représailles à leur encontre – qui se concrétiseront peut-être dans les mois qui viennent – ce n’est pas le cas de la Chine, cette dernière déplorant une forte baisse des exportations à destination de l’autre côté du Pacifique. Diminuant de 16,9 % rapportés à la même période en 2024 et ce pour une cause toute simple selon les deux économistes "parce que la réalité tarifaire américaine était brutale".
Là où pour l’heure l’Europe est plus qu’épargnée et voit même les "importations américaines en provenance de l’UE être encore bien supérieures à leurs niveaux de 2024, en hausse de 14,3 %, peut-être parce que la rhétorique tarifaire américaine était plus hostile que la réalité tarifaire". Cependant la baisse des achats anticipés est déjà perceptible avec un apogée des importations au mois de mars avant un retour à la normale des importations au mois de juillet. Reste à savoir si les paroles vont finir par se traduire dans les statistiques. Pour le moment, bien que des recettes douanières de 8,9 % aient été perçues sur les importations en provenance de l’UE, les échanges bilatéraux avec l’UE n’ont pas souffert à l’instar de ceux avec nombre de partenaires de Washington.
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