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terres rares; PIIE; réserve; Eximbank

Macro-économie / Taux / Vault / projet / Peterson Institute / Cullen Hendrix

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Vault / projet / Peterson Institute / Cullen Hendrix

Le fonctionnement du projet Vault interroge / Sa conception est la clé de sa réussite

Les membres du Peterson Institute for International Economics (PIIE) font rarement usage de la langue de bois lorsqu’il s’agit de porter un diagnostic sur les choix faits par l’administration américaine. Le projet Vault - littéralement coffre-fort en français - ne fait pas exception, non pas sur le constat qu’il faut trouver une façon de réduire la dépendance américaine aux terres rares, mais sur les conditions du succès d’une telle ambition. Présenté tel un hybride entre un marché à terme et une réserve stratégique, le projet, en l’état, présente des failles aux yeux de Cullen Hendrix, chercheur au PIIE.
Le président américain Donald Trump avait annoncé ce projet en début d'année. Photo par ALEX WONG / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / GETTY IMAGES VIA AFP
Le président américain Donald Trump avait annoncé ce projet en début d'année. Photo par ALEX WONG / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / GETTY IMAGES VIA AFP

La dépendance est pavée de bonnes intentions. Malheureusement la version actuelle du projet Vault, lancé le 2 février et pensé tel un fonds de 12 milliards de dollars permettant de diminuer la dépendance américaine aux métaux critiques chinois, présente des lacunes notables pour Cullen Hendrix, chercheur au Peterson Institute for International Economics (PIIE). Pour rappel, ce programme public-privé est financé à hauteur de 10 milliards de dollars de l’Eximbank – agence publique de crédit créée en 1934 pour soutenir les exportations américaines - et 2 milliards de dollars de capitaux privés.

L’analyse menée par l’économiste ne remet aucunement en cause l’intérêt de réduire la dépendance vis-à-vis des fournisseurs étrangers, essentiellement la Chine, et de protéger les fabricants américains contre de possibles pénuries. Il note cependant que ce projet amène son lot de questions concernant d’une part, sa pérennité et, de l’autre, son fonctionnement journalier. La principale faille à court terme est que la constitution d’une réserve de matériaux transformés ne pourra se faire sans un recours à des partenaires chinois. Ce qui fait dire à Cullen Hendrix qu’il est indispensable d’opérer « un investissement à long terme dans les capacités de transformation des États-Unis et de leurs alliés ».

 

Différence

 

Une grande partie du propos du chercheur, publié sur le site du PIIE, travaille à établir la différence avec la Réserve stratégique de pétrole. Au-delà du fonctionnement, le stockage de 60 minéraux très diversifiés et de leurs dérivés transformés est avancé comme étant bien plus complexe que celui du pétrole. Notamment parce que la seule détention de ces ressources n’en permet pas l’emploi immédiat et doit souvent être accompagnée d’une transformation pour permettre leur utilisation. Une des différences avec le pétrole réside également dans la dégradation potentielle de ces ressources au fil du temps. De quoi faire pencher le chercheur vers une priorité accordée à un ensemble restreint de produits intermédiaires et transformés – il évoque le gallium, le germanium, certains éléments des terres rares et les aimants permanents -, en raison des conséquences d’une perturbation des approvisionnements pour l’économie et la sécurité nationale.

Il est rappelé par les soins de Cullen Hendrix que le projet Vault est « conçu comme une assurance contre les chocs d’approvisionnement à l’échelle du système ; il repose sur des entreprises privées qui s’acquittent de frais d’abonnement pour accéder aux réserves en cas de perturbations ». De quoi expliquer qu’il ne soit pas exclusivement un marché à terme, ni uniquement une réserve stratégique.

 

Repenser

 

Malheureusement, cela ne semble pas convaincre le spécialiste, lequel n’est pas partisan d’une participation volontaire. Il explique en effet que celle-ci risque d’exclure « à la fois les grandes entreprises qui s’autoassurent et les petites entreprises qui ne sont pas conscientes de leur vulnérabilité, ce qui affaiblirait le pool de risques au point de risquer de faire échouer le programme au moment où il serait le plus nécessaire ».

Une réflexion qui pousse l’économiste à suggérer une participation rendue obligatoire, fondée sur des cotisations proportionnelles à la taille des participants. De quoi permettre d’encaisser les chocs d’approvisionnement, grâce à un accent mis sur les matériaux transformés par rapport aux minerais bru ts. Il lui semble en effet essentiel de ne pas comparer la situation à celle d’un bank run, puisque là où « le gouvernement peut imprimer de la monnaie pour garantir les dépôts, le gouvernement ne peut pas simplement faire apparaître du gallium par magie ». D’autres options sont également envisageables, bien qu’elles n’aient pas les faveurs de Cullen Hendrix, c’est ainsi qu’est évoquée une possible subvention du gouvernement à la constitution de stocks privés – levant un frein à leur création – ainsi que la possibilité de laisser les firmes décider du moment où il serait opportun d’en faire usage.

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