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Macro-économie / Taux / Donald Trump / Peterson Institute / musique

Macro-économie / Taux
Donald Trump / Peterson Institute / musique

L’heure n’est pas à la fête pour les instruments de musique américains / Leurs exportations souffrent de l’incertitude insufflée par Donald Trump

Pas besoin d’attendre la fin de l’année pour observer la chute des exportations américaines d’instruments de musique ; de janvier à juillet, elles sont inférieures de 8,4 % à la moyenne des mêmes mois de 2021 à 2024. Pour autant, Cullen Hendrix, chercheur au Peterson Institute, n’y voit pas pour l’heure uniquement l’effet des droits de douane mais considère que l’incertitude associée à la politique commerciale joue également un rôle important.
Prêteur sur gages. Photo by United artits / Collection ChristopheL via AFP
Prêteur sur gages. Photo by United artits / Collection ChristopheL via AFP

Nul besoin de mesures de rétorsion ciblées pour voir les instruments de musique américains payer les pots cassés des choix de Donald Trump. Friand des exemples issus du monde musical, Cullen Hendrix, chercheur au Peterson Institute, vient à nouveau de se pencher sur la question. À le lire, on constate que Donald Trump, président américain, pourrait bien être en train de jouer un bien mauvais tour à un pan entier de l’économie.

Pas réputé pour être tendre avec les choix du locataire de la Maison Blanche, l’économiste considère cette fois que "les fabricants américains d’instruments de musique sont pris en étau" tant par une hausse des coûts de production que par une forme de défiance du reste du monde vis-à-vis des marques américaines, et enfin le ralentissement de l’économie mondiale est également négatif pour leurs ventes. Cette dernière dynamique étant en effet associée à une baisse sensible de la demande de biens de loisirs.

 

Inquiétant

 

Le plus inquiétant dans l’argumentaire déployé par Cullen Hendrix "est de constater que certains des coups portés aux producteurs d’instruments de musique ne se cantonnent pas à la compétitivité coût de leur production mais affectent également leur image de marque. Dans une allusion à John Maynard Keynes, il explique ainsi que "la question ne se limite pas aux prix relatifs et aux effets directs des droits de douane, mais concerne également les ‘ esprits animaux ‘ attisés par la rhétorique nationaliste et les politiques protectionnistes ". Nous nous étions déjà fait l’écho de la rhétorique du chercheur du Peterson Institute selon laquelle les choix de Donald Trump risquaient de nuire tant aux consommateurs qu’aux producteurs américains d’instruments de musique.

Notamment en raison du positionnement des Etats-Unis sur le segment haut de gamme, il semble malheureusement que ces craintes se concrétisent. En ce qui concerne les exportateurs américains d’instruments de musique 2025 s’annonce comme la plus mauvaise depuis 2020 et la deuxième plus mauvaise depuis 2018. Une donne particulièrement mauvaise alors qu’un individu était en moyenne 9 % plus pauvre à cette date et que par le jeu de la démographie des millions de consommateurs potentiels sont apparus.


Bout du tunnel

 

Le pire n’est pas pour autant passé, loin de là étant donné que les mesures de rétorsion n’ont que peu ciblé ce pan de l’économie américaine. Seule la Chine y a eu recours pour l’heure, l’Union européenne n’ayant pas fait ce choix. Ce n’est pas le seul écueil qui affleure à l’horizon, étant donné que la chaîne de valeur devrait être pour le moins chamboulée.

Un certain nombre de composants ne pouvant soit que difficilement être produits aux Etats-Unis - notamment certaines espèces de bois exotiques - et devront dès lors être importés à un coût plus important ou tout simplement remplacés par des substituts de moindre qualité. Le dernier point le plus inquiétant pour l’avenir reste les révisions à la baisse par le Fonds monétaire international tant de la croissance américaine en 2025 que de celle de la planète. Cullen Hendrix souligne que la demande d’instruments de musique est bien particulière étant "fortement, et de manière asymétrique, élastique aux revenus : elle augmente plus vite que les revenus augmentent et diminue plus vite que les revenus baissent ". L’économiste rapporte que les guitares figuraient parmi les biens gagés les plus facilement dès lors que la conjoncture économique se détériorait.

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