Entreprises / Actions / IA / osez l'IA / entreprises / Clara Chappaz
Entreprises / Actions
IA / osez l'IA / entreprises / Clara Chappaz
Le gouvernement veut pousser les entreprises à "oser" l’IA / Trois leviers d'action identifiés
L’adoption de l’intelligence artificielle (IA) dans les entreprises françaises reste poussive. Une enquête publiée au début du mois de juin par Bpifrance posait en effet quelques chiffres sur ce constat : bien que la majorité des dirigeants de PME et ETI ait saisi l’importance du sujet pour la pérennité de leur entreprise, il reste que le passage à l’action n’est pas encore d’actualité. Plus de la moitié des patrons interrogés indiquait alors ne pas avoir de stratégie d’IA pour leur société, tandis que seulement un tiers de ces entreprises a adopté la technologie. Avec, dans la moitié des cas, des solutions gratuites ou prêtes à l’emploi, à l’impact stratégique plus limité. Le bilan est davantage positif du côté des grands groupes, puisqu’il est estimé que plus de la moitié d’entre eux a d’ores et déjà adopté la technologie. Mais le gouvernement a d’autres ambitions en la matière. Objectif, à l’horizon 2030 : que l’intégralité des grandes entreprises, 80 % des PME et ETI et 50 % des TPE utilisent l’IA.
C’est en ce sens que la ministre déléguée chargée de l’Intelligence artificielle et du Numérique, Clara Chappaz, présente aujourd’hui à Bercy un nouveau plan national, "Osez l’IA", destiné à accélérer l’adoption de l’IA dans les entreprises tricolores. De fait, la France se situe dans le peloton de tête au niveau mondial sur le versant de l’offre et de la recherche, souligne-t-on au cabinet de la ministre. Elle a investi dans ses talents, ses infrastructures et son écosystème d’IA, avec aujourd’hui plus de 1 000 start-ups qui y évoluent. De quoi accélérer dans cette course technologique. Néanmoins, pour que l’IA se rende utile à l’économie réelle et délivre ses promesses de gains de productivité et de croissance, il reste à faire sauter le verrou de son adoption et de sa diffusion dans les entreprises. Un point sur lequel l’Hexagone est donc moins en avance.
Un plan collaboratif
"Ce plan est destiné aux entreprises, il se veut opérationnel, ancré dans les territoires, incarné et pragmatique", assure-t-on au cabinet de la ministre. Un plan ayant été construit avec le soutien des différents ministères et les organisations représentant les entreprises, parmi lesquelles le Medef, la CPME ou encore France Digitale. Son déploiement s’appuiera aussi sur le soutien de Bpifrance, de la Chambre de commerce et de l’industrie (CCI) ou bien des antennes régionales de la Mission French Tech. "Il vise à lever les freins qui remontent de la part des entreprises lorsque nous leur demandons pourquoi elles n’utilisent pas l’IA", poursuit le cabinet de Clara Chappaz. Soit le fait de ne pas vraiment comprendre à quoi elle sert, mais aussi le souci de ne pas savoir par où commencer.
Dans le détail, ce plan se déclinera ainsi autour de trois leviers d’action : la sensibilisation, la formation et enfin le financement et l’accompagnement. S’agissant du premier pan, plus de 300 "ambassadeurs IA" seront mobilisés pour témoigner et sensibiliser leurs pairs à ce propos. Parmi eux, les dirigeants de grandes entreprises françaises - la dirigeante d’Orange Christel Heydemann, le président-directeur général de la SNCF Jean-Pierre Farandou ou encore le président d’honneur de Publicis Maurice Lévy – et autres patrons de TPE, PME et ETI, experts ou figures publiques. Les opérations nationales réalisées par les réseaux CCI seront aussi poursuivies, afin de sensibiliser les entreprises et de les accompagner. Et, enfin, dans le sillage du "Business Day" organisé à la Station F pour le Sommet mondial pour l’action sur l’IA de Paris, une rencontre entre offreurs et demandeurs de solutions devrait aussi être organisée en février prochain.
Une "académie de l’IA"
Sur le volet formation, il s’agira de donner les clés aux chefs d’entreprise pour comprendre et maîtriser la technologie. Cela passera par exemple par le lancement d’une plateforme en ligne, l’Académie de l’IA, qui orientera les dirigeants vers les modules de formation existants, en fonction de leur cas d’usage, de leur secteur ou de leur taille. "Parallèlement, le ministère du Travail est mobilisé sur le plan pour ne pas former uniquement les dirigeants, mais aussi leurs salariés. L’objectif sera d’avoir 15 millions de professionnels formés d’ici 2030", indique le cabinet de Clara Chappaz. Enfin, sur le financement et l’accompagnement, 200 millions d’euros seront mobilisés, à parts égales entre l’offre et la demande. Dans le cadre de France 2030, 100 millions d’euros seront notamment déployés pour l’appel à projets "pionniers de l’IA", dédié aux entreprises technologiques. De même, 100 millions d’euros seront fléchés vers la création d’un fonds de garantie bancaire destiné à financer les projets de transformation d’IA.
Plus généralement, en matière d’accompagnement, le plan "Osez l’IA" compte aussi cofinancer, grâce à des subventions, environ 5 000 diagnostics data et IA pour les PME et ETI, ou encore mettre en place un catalogue de solutions d’IA éprouvées, et de cas d’usage, afin de faciliter le repérage pour les chefs d’entreprise. Enfin, lors de la matinée qui sera organisée ce matin à Bercy pour présenter le plan, les dix lauréats du plan France 2030 "Usages IA générative", offrant des solutions clé en main pour les entreprises, seront dévoilés.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

