Macro-économie / Taux / économie / entreprises / réaction / échanges
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Des entreprises de plus en plus agiles face à la géopolitique / Leur attention se porte sur le moindre signal
Saisies de marchandises, risques d’impayés ou autre ruptures de contrats en cours. Les répercussions des désaccords diplomatiques sont nombreuses ces dernières années, ne facilitant pas la tâche des entreprises tournées vers l’export. Ce, tant dans leur relation avec leurs partenaires habituels que dans la conquête de nouveaux marchés. Les travaux récents menés par plusieurs chercheurs rattachés au CEPII - exploitant une nouvelle base de données - établissent un lien entre la hausse du nombre d’évènements bilatéraux négatifs violents - à travers le nombre de dépêches et articles d’agences de presse les relatant - en cours depuis 2022 et le comportement des firmes.
Tout l’intérêt de ce nouveau jeu de données est qu’il tient compte des événements négatifs non violents et explique qu’ils sont « devenus moins prépondérants depuis 2020 ». Bien souvent absents des indicateurs plus traditionnels, ils rendraient « compte de manière particulièrement fine des fluctuations du climat international : la forte hausse de la part des dépêches à tonalité négative, mais non violente, observée lors de la pandémie de Covid-19 – culminant à près de 65 % du total des dépêches – correspond à une période marquée par une montée généralisée des incertitudes et un quasi-arrêt des échanges internationaux ». Leur prise en compte permet également de mieux comprendre comment les entreprises se positionnent et ce parfois par rapport à des partenaires étroits. L’exposition de ces derniers à des risques de conflit peut tempérer les ardeurs à commercer.
Essuyer les plâtres
Les résultats sont qualifiés par les auteurs comme étant « sans appel ». En effet, dès lors qu’une détérioration du climat géopolitique bilatéral entre deux pays se produit, elle « entraîne une baisse significative du commerce entre les deux pays ». Cet effet ne se contente pas d’être immédiat, il persiste à travers le temps et pendant près d’un an et demi après ce choc. À titre d’exemple, ils proposent l’effet d’une hausse d’ampleur moyenne de l’indicateur de tonalité négative – de près 25 points de pourcentage -, ce qui correspond à « celle observée entre le Brésil et l’Argentine lors de l’élection de Javier Milei fin 2023 [et laquelle] se traduit par une baisse du commerce bilatéral de 1,03 % après six trimestres ».
La principale différence avec la période prépandémique semble être dans la fonction de réaction des entreprises. Avant cette date, il s’avère qu’une « hausse de 10 points de pourcentage de la tonalité négative entre deux pays entraînait une diminution d’environ 0,17 % de leur commerce bilatéral ». Un résultat qualifié comme démontrant une sensibilité réelle mais demeurant modérée face aux dégradations du climat géopolitique. Désormais, l’incidence est de l’ordre de 0,41 % pour la même évolution, de quoi faire arguer aux auteurs que « ces signaux défavorables ne se traduisent pas par un simple ralentissement ponctuel, mais par une contraction durable des échanges ». Les comportements des entreprises semblent être devenus bien plus sensibles au moindre signal faible à leur disposition.
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