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Face à la hausse des prix du carburant, le Médiateur des Entreprises chargé d'explorer certaines solutions / Une activité au sommet en 2025... pour de bonnes et mauvaises raisons
Les entreprises françaises n’ont décidément pas de répit. Après les crises successives – sanitaire, énergétique, inflationniste, géopolitique – auxquelles elles ont dû faire face ces dernières années, celle de 2025 aura été tout aussi exigeante, marquée par des pressions sur les trésoreries, des transformations technologiques rapides et des tensions sur certaines chaînes d’approvisionnement. Sans compter que les temps à venir ne s’annoncent pas meilleurs, au regard de la guerre au Moyen-Orient, qui fait planer le spectre d’un nouveau choc énergétique. Et dont les effets se font déjà ressentir sur les prix des carburants.
C’est dans ce contexte que le Médiateur des Entreprises, le service de Bercy chargé de faciliter la résolution amiable des différends entre les acteurs économiques, vient de se voir confier une mission par le ministre de l’Économie et des Finances Roland Lescure, le ministre des Transports Philippe Tabarot, la ministre déléguée, chargée de l’Énergie Maud Bregeon et le ministre des PME, Serge Papin. Le but : plancher, à l’aide de son approche habituelle, sur les solutions qui permettraient de soulager le secteur du transport routier de marchandises, qui est en première ligne. « Nous avons utilisé des méthodes que nous avons pratiquées par le passé, sur d’autres secteurs et d’autres crises. D’abord, il faut identifier tous les acteurs, de l’amont à l’aval : les producteurs de pétrole, les distributeurs, les transporteurs de toute taille, leurs clients, dans toute leur diversité. Nous avons essayé de tous les identifier et de leur parler, pour bien comprendre le problème », a détaillé le médiateur des entreprises, Pierre Pelouzet, lors de la présentation du bilan annuel de l’entité.
Les deux premiers axes de travail
Il est ressorti, de ces discussions, la nécessité de travailler sur au moins deux sujets prioritaires. Le premier, forcément, concerne la question des prix et la manière dont leur augmentation devra se répartir en cascade sur l’ensemble de la chaîne, de l’amont vers l’aval. Le second, connexe, est celui de la trésorerie, eu égard aux conséquences directes de l’inflation des carburants. « Nous allons réunir les acteurs dans les jours qui viennent, pour voir quelles pourraient être les bonnes pratiques, ce qui est possible de faire ensemble pour harmoniser et fluidifier tout cela, de faire en sorte qu’il y ait des procédures qui permettent de ne pas abîmer les maillons les plus fragiles », a indiqué Pierre Pelouzet, soulignant que l’ensemble des parties prenantes semblaient au moins conscientes du problème.
Un exemple de méthode éprouvée, a-t-il aussi relevé, permettant d'instaurer un dialogue entre différents acteurs d'une même chaîne, n'ayant pas forcément l'habitude de le faire. « Nous avons appris quelque chose de cette succession de crises lors des années passées. Une grande partie de leur solution se passe entre les entreprises, sur leur chaîne, en amont et en aval, du côté des clients et des fournisseurs, car c’est là que la trésorerie se crée », a ainsi expliqué Pierre Pelouzet. « Soit nous avons une solidarité intelligente et là nous pourrons passer les crises. Soit nous avons un égoïsme perdant, qui produit de la casse. Elle concerne souvent les plus fragiles, que nous retrouvons ensuite dans les statistiques des défaillances d’entreprises. […] Si chacun joue le rapport de force, nous allons perdre des maillons qui sont pourtant critiques dans une chaîne de valeur », a-t-il ajouté.
Trois effets s’additionnent
Ce paysage, dans lequel les relations économiques sont soumises à des tensions croissantes, se reflète aussi dans les chiffres du Médiateur des Entreprises. Avec 2 101 demandes de médiation enregistrées en 2025, en hausse de 10,5 % par rapport à 2024, son activité a atteint son plus haut niveau historique, en dehors de la période de la crise sanitaire. Une progression qui reflète les tensions conjoncturelles auxquelles les entreprises sont confrontées - et notamment les plus petites, puisque 80 % des demandes de médiation ont été effectuées par des sociétés de moins de 25 salariés (contre 73 % en 2024). « Deuxièmement, nous constatons que la médiation est de plus en plus présente dans les clauses contractuelles, cela crée une dynamique. Le troisième phénomène explicatif, est que la médiation devient progressivement un réflexe. C’est une solution gratuite, confidentielle, au traitement rapide », a de son côté rappelé Nicolas Mohr, directeur général du Médiateur des Entreprises. En effet, 70 % des cas de médiation se résolvent en moins de trois mois. La tendance de recours à la médiation ne semble par ailleurs pas être en passe d’infléchir, puisqu’elle enregistre une croissance de près de 20 % depuis le mois de janvier.
Il reste néanmoins regrettable d’observer que la part des motifs de saisine découlant d’un sujet relatif aux délais de paiement ne se réduit pas, a pointé Pierre Pelouzet. Après les relations contractuelles (contrats commerciaux, conditions générales de ventes, etc.) qui représentent 41,6 % des médiations prises en charge, les conditions de paiement pèsent à hauteur de 27,1 %, en deuxième position, loin devant les conditions financières (19,2 %) et le service après-vente. « Les délais de paiement restent une part extrêmement forte de nos saisines et nous observons que les chiffres de retard de paiement continuent de monter », a résumé le médiateur des entreprises. Pour mémoire, une proposition de loi visant à renforcer les mécanismes de sanction pour les mauvais payeurs est actuellement en discussion au Parlement.
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