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Macro-économie / Taux / Carburant

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Carburant

Carburant : ces ménages qui paient la plus lourde addition / Territoires ruraux et foyers modestes en premières ligne

Alors que le prix du carburant a fortement progressé ces derniers temps en lien avec la montée des tensions au Moyen-Orient, une étude publiée par l’Insee s’est essayée à identifier les ménages les plus exposés. En 2021, 10,6 % de ceux qui possédaient une voiture consacraient plus d’un mois de leurs revenus annuels aux carburants.
Photo par ISABELLE SOURIMENT / HANS LUCAS / HANS LUCAS VIA AFP
Photo par ISABELLE SOURIMENT / HANS LUCAS / HANS LUCAS VIA AFP

Voilà une cartographie très instructive à l’heure où les prix du carburant s’envolent. Du fait des tensions au Moyen-Orient, le prix du gazole évolue 20 % au-dessus de son niveau de juillet en France (et + 10 % pour le SP-95). Dans ce contexte, une étude de l’Insee consacrée à l’exposition des ménages aux prix des carburants prend une résonance particulière.

Elle rapporte qu’en 2021, 21,2 millions de ménages en France hors Mayotte, soit près de trois sur quatre, possédaient au moins une voiture. Parmi eux, 2,2 millions, soit 10,6 %, consacraient déjà plus d’un mois de leurs revenus disponibles annuels au carburant. Ils constituent, selon l’Insee, les ménages particulièrement exposés à une hausse des prix à la pompe. Et la moitié de ces ménages dépensait plus de 2 700 euros par an en carburant, contre moins de 1 380 euros pour la moitié de l’ensemble des ménages motorisés.

L’étude précise que si les prix observés en 2021 avaient atteint les niveaux constatés au printemps 2026, près de 22,4 % des ménages possédant une voiture, soit environ 4,7 millions de foyers, auraient consacré plus d’un mois de leurs revenus annuels aux carburants.

Le profil des ménages vulnérables est particulièrement marqué. La moitié des ménages surexposés parcourait plus de 27 500 kilomètres en voiture en 2021. Pour l’ensemble des ménages motorisés, cette distance médiane était deux fois moindre, à 14 500 kilomètres. La contrainte repose donc d’abord sur la distance. Mais elle est aggravée par le niveau de vie : 38 % des ménages particulièrement exposés sont pauvres, contre seulement 10 % de l’ensemble des ménages possédant une voiture.

Par ailleurs, on peut lire que certaines catégories de ménages sont particulièrement représentées parmi les foyers surexposés. Les personnes seules représentent 26 % des ménages particulièrement exposés, contre 15 % de l’ensemble des ménages motorisés. Les familles monoparentales comptent, elles, pour 12 % des foyers surexposés, contre 9 % de l’ensemble des ménages propriétaires d’une voiture.

Les ménages sans emploi mais en âge de travailler sont eux aussi surreprésentés : ils représentent 5 % des ménages motorisés, mais 12 % des ménages particulièrement exposés. À l’inverse, les ménages sans emploi de plus de 65 ans sont moins concernés, leurs déplacements en voiture étant généralement plus limités.

La géographie accentue fortement les écarts. Dans les intercommunalités urbaines, 9 % des ménages motorisés sont particulièrement exposés aux prix des carburants. La proportion monte à 13,5 % dans les intercommunalités rurales et atteint 16,7 % dans les territoires ruraux non périurbains, éloignés de l’influence des agglomérations. Cette vulnérabilité est liée à l’organisation même des territoires. Près de 90 % des actifs ruraux utilisent leur voiture pour aller travailler, contre moins de 60 % dans les pôles urbains.

Dans 206 intercommunalités, les ménages cumulent de longs trajets et des niveaux de vie défavorables. Ils parcourent en moyenne 20 500 kilomètres par an, contre 17 600 au niveau national. Leurs revenus annuels moyens sont inférieurs de 6 000 euros à ceux de l’ensemble des ménages motorisés. Dans ces territoires, une nouvelle hausse du carburant peut donc avoir un effet particulièrement brutal : les ménages roulent beaucoup parce qu’ils en ont besoin, tout en disposant de marges financières limitées.

D’autres territoires sont principalement pénalisés par les distances. Dans 191 intercommunalités, les ménages parcourent en moyenne 21 500 kilomètres par an, tandis que leurs revenus restent proches de la moyenne nationale. Enfin, dans 326 intercommunalités, ce sont principalement les faibles niveaux de vie qui expliquent la forte exposition. Ces territoires se trouvent notamment dans les espaces très peu denses d’Occitanie, du centre de la France, du sud des Alpes, ainsi que dans les Antilles et en Guyane.

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