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L’épineuse question de la valorisation des investissements directs étrangers / Elle affecte grandement la position extérieure nette débitrice de la France
Les Français pourraient bien ne pas être autant endettés vis-à-vis du reste du monde qu’on ne le pense. La position extérieure nette (PEN) est pourtant largement améliorée par les investissements directs étrangers réalisés par la France, à hauteur de 564 milliards d’euros en 2023. Une composante de la PEN qualifiée par trois membres de la Banque de France comme étant à la fois largement positive et en hausse.
Il se pourrait néanmoins qu’elle soit à l’heure actuelle sous estimée, étant donné qu’une méthode considérée comme non optimale a cours en Franc pour la mesurer. Pour l’heure et ce en accord avec les standards internationaux du FMI ou de l’OCDE, la France, s’appuie "sur la méthode dite de la valorisation des fonds propres à leur valeur comptable".
Un choix considéré comme ayant des limites certaines étant donné qu’il revient à sous-estimer "souvent la "vraie" valeur des entreprises, car elle ne prend pas en compte des éléments immatériels tels que les perspectives de croissance ou certains actifs intangibles (comme la qualité de la main-d’œuvre ou la localisation particulièrement avantageuse d’une unité de production)".
Nœud gordien
La situation n’est pour autant simple à dénouer étant donné que toutes les entreprises ne sont pas cotées en Bourse, il suffit alors de se référer aux prix disponibles publiquement. Dans le cas hexagonal ce sont près de "96 % des avoirs français à l’étranger et 77 % des engagements vis-à-vis de l’étranger [qui] concernent des sociétés non cotées". Il est argué qu’en moyenne la valeur de marché d’une entreprise serait près de deux fois plus importante que sa valeur comptable.
"Historiquement la méthode de valorisation utilisée par les quelques pays qui publient des données d’IDE à leur valeur de marché, a consisté à valoriser un stock d’IDE à un instant t, puis à actualiser la valeur de ce stock grâce à des indices de prix boursiers", expliquent les auteurs. "Cette méthode de chaînage par indice de prix tend à surestimer les stocks d’IDE, voire à les faire exploser avec le temps, car elle dé-corrèle la valorisation de ces stocks des valeurs comptables utilisées pour calculer les ratios lors de l’année de base", soulignent-ils.
Aussi, "en appliquant, à chaque période considérée, le ratio de capitalisation correspondant, on obtient une estimation des IDEs plus en phase avec leur valeur comptable au même moment". En procédant ainsi, ils mettent en évidence une position extérieure nette globale moins négative de quelque 200 milliards d’euros, mesurée en valeur de marché
Harmoniser
Toutes les questions ne sont pas pour autant résolues à leurs yeux. Il est notamment que regretté qu’à date les États-Unis et le Canada figurent " parmi les rares pays au monde à régulièrement mettre à disposition des estimations de leurs IDE à la fois en valeur de marché et en valeur comptable". Une généralisation de ce choix pourrait rendre les calculs plus aisés à effectuer.
Une autre problématique concerne le choix du marché boursier de référence afin de calculer les différents ratios de capitalisation. Afin de valoriser la filiale d’un grand groupe étranger, la question se pose de savoir si les valeurs de références sont-elles celles "de la bourse locale ou la valorisation du groupe, souvent lui-même coté sur un autre marché boursier". Les auteurs statuent que l’influence du prix des actions de la maison-mère "doit probablement être prise en compte" et considèrent qu’il faut accorder un même poids au marché boursier local qu’à celui de la maison-mère.
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