Macro-économie / Taux / Minerais / chaînes d'approvisionnement / Monde
Macro-économie / Taux
Minerais / chaînes d'approvisionnement / Monde
Une concentration qui inquiète / L’approvisionnement en minerais critiques est très loin d’être diversifié
Le calme avant une possible tempête. Les marchés de minerais critiques pourraient bien connaître à nouveau des épisodes plus tumultueux, avance l’Agence internationale de l’énergie (AIE). Les phénomènes tels que des "prix du lithium [qui] ont chuté de plus de 80 % depuis 2023 après avoir été multipliés par huit au cours des deux années précédentes, tandis que les prix du nickel, du cobalt et du graphite ont diminué de moitié au cours de la même période ", pourraient ainsi ne pas être amenés à durer.
Les analyses menées par l’institution sont loin d’être optimistes et font état de futurs équilibres entre l’offre et la demande suggérant "que les marchés de certains minéraux clés, notamment le cuivre et le lithium, pourraient se resserrer considérablement dans les années à venir". Se dessineraient alors des déséquilibres conséquents notamment pour le lithium, la demande pour ce dernier est attendue 50 % supérieure à l’offre projetée à cet horizon (comprenant les projets existants et annoncés).
Concentration
Chiffres à l’appui, les équipes de Fatih Birol, directeur général de l'AIE, détaillent des investissements très inégalement répartis géographiquement, avec près de "75 % des projets prévus pour le lithium raffiné, le nickel et le cobalt, et plus de 90 % pour les projets de graphite de qualité batterie, [qui] sont en cours de développement dans les trois principaux pays producteurs actuels". Un "risque de pénurie importante de l’offre" est bien réel aux yeux de l’institution, dans le cas où l’approvisionnement d’un de ces pays venait à être perturbé.
Pour simuler les effets d’un tel évènement, il est fait recours à un exemple datant de 2010, durant lequel "le prix des terres rares a été multiplié par dix lorsque la Chine a limité ses exportations ". En transposant cet évènement au graphite, cela pourrait conduire à ce que "les prix moyens des batteries à l’échelle mondiale augmenteraient de 45 %, ce qui réduirait considérablement leur compétitivité". Pire encore, en amplifiant des dynamiques déjà présentes, on pourrait voir augmenter "encore davantage l’écart de prix entre les véhicules électriques neufs vendus aux États-Unis ou en Europe et ceux vendus en Chine, les rendant près de deux fois plus chers aux États-Unis et 75 % plus chers en Europe".
Préparer
Le message seriné par l’AIE est de s’assurer de bien avoir en tête que "les marchés bien approvisionnés d’aujourd’hui ne doivent pas masquer les risques de sécurité considérables découlant d’une forte concentration de l’offre ". Seule une conjoncture favorable mêlant conjointement une "croissance encore plus forte de l’offre – notamment en provenance d’Afrique, d’Indonésie et de Chine" à un "excédent de stocks de technologies en aval, telles que les cellules de batterie et les cathodes", a permis d’exercer la pression à la baisse sur les prix que nous avons connue.
Loin de rester les bras croisés devant ce constat, l’AIE annonce qu’elle va produire prochainement son rapport Global Critical Minerals Outlook 2025. Ce dernier vise à mettre à jour l’ensemble des goulets d’étranglement le long de la chaîne d’approvisionnement.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

