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Régulation / Concurrence / AMF / PLF 2026 / union des marchés de capitaux / liberation day

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AMF / PLF 2026 / union des marchés de capitaux / liberation day

La présidente de l’AMF veut des outils à la hauteur de l’évolution des marchés financiers / Un soutien fort des pouvoirs publics français et une supervision européenne unique

Dans un contexte économique marqué par l’incertitude et la transformation des marchés, Marie-Anne Barbat-Layani, présidente de l’Autorité des marchés financiers, a insisté, ce lundi matin, lors de la présentation du rapport annuel du gendarme boursier français, sur la nécessité de doter l’institution de moyens juridiques et techniques renforcés, tout en appelant à une supervision européenne plus intégrée. Des outils jugés indispensables pour accompagner les transitions en cours, garantir une protection efficace des investisseurs, et réussir l’Union de l’épargne et de l’investissement.
Marie-Anne Barbat-Layani (Photo by Thibaud MORITZ / AFP)
Marie-Anne Barbat-Layani (Photo by Thibaud MORITZ / AFP)

Alors que les marchés financiers viennent de traverser une période de forte instabilité après le "Libération Day" du 2 avril dernier aux États-Unis, la présidente de l’Autorité des marchés financiers (AMF), Marie-Anne Barbat-Layani, a tenu à rappeler ce lundi, lors de la présentation du rapport annuel de l’institution, l’importance accrue du rôle de régulateur.

 

Sur tous les fronts

 

"Le rôle de l’AMF est plus important que jamais", a-t-elle affirmé d’emblée, soulignant la résilience remarquable des marchés malgré une volatilité "sans précédent". "Dans un contexte international qui pèse lourdement, les marchés ont su absorber les chocs sans difficulté opérationnelle, et cela mérite d’être souligné", a-t-elle ajouté.

Un contexte troublé qui pousse l’AMF à réaffirmer ses priorités : l’international, l’Europe et la France.

À l’échelle internationale d’abord, le régulateur entend renforcer son action pour la stabilité financière mondiale. "Cette problématique nous a amenés à renforcer notre coopération avec les autres régulateurs et les banques centrales. Nous poursuivons également nos travaux sur la liquidité des marchés et la montée en puissance de la finance privée. Autant d’évolutions structurelles qu’il nous faut comprendre", a expliqué la présidente.

 

La mise en place d’un superviseur européen devient urgente

 

Au niveau européen, l’un des dossiers clés des prochains mois sera la relance de l’Union de l’épargne et de l’investissement, nouvelle appellation de l’Union des marchés de capitaux. Enjeu : renforcer l’autonomie stratégique de l’Union européenne et sa capacité à mobiliser des financements, notamment pour les grandes transitions économiques et la défense. "Nous allons contribuer activement aux travaux qui suivront la grande consultation lancée par la Commission européenne sur la gestion d’actifs ", a précisé Marie-Anne Barbat-Layani, appelant à une "surveillance unique des marchés au niveau européen", qu’elle considère comme "indispensable à la réussite de l’Union de l’épargne et de l’investissement ".

Mais la présidente pointe aussi un vide institutionnel : "Le contexte international pousse à une surveillance financière renforcée. Or, il n’y a pas aujourd’hui de responsabilité de supervision clairement identifiée pour l’ESMA".

Pour bâtir cette union, l’AMF identifie ainsi quatre axes d’actions, au premier rang desquels le portage politique. "Il existe aujourd’hui, mais au moment de franchir le pas, les États n’auront-ils pas l’impression de perdre un peu de contrôle sur leurs marchés financiers nationaux ?" s’interroge la présidente. Selon elle, cela impliquera aussi des changements dans le fonctionnement et la gouvernance de l’ESMA, notamment pour instaurer des garde-fous permettant de préserver une approche de terrain et de garantir aux États membres qu’ils continueront à avoir leur mot à dire.

Autres axes de travail : l’investissement des particuliers dans les entreprises européennes, la relance du marché de la titrisation, ainsi que la finance durable, 2025 étant la première année de remise des rapports de durabilité des grandes entreprises cotées, dans le cadre de la directive CSRD.

 

Lutte contre l’insécurité financière en France

 

Autant de défis qui viennent s’ajouter, pour l’AMF, à la bonne mise en œuvre de l’entrée en vigueur, en fin d’année dernière, du règlement MiCA sur les cryptoactifs. D’ailleurs, à ce titre aussi, l’AMF plaide là encore pour une montée en puissance de l’ESMA. "C’est un autre domaine où l’absence de superviseur européen se fait sentir. Une convergence des pratiques serait mieux assurée si l’ESMA possédait davantage de compétences", estime Marie-Anne Barbat-Layani.

Enfin, sur le plan national, la présidente de l’AMF a insisté sur les risques accrus liés à l’insécurité financière, qu’il s’agisse des réseaux d’initiés internationaux ou des arnaques visant les particuliers dans un contexte où beaucoup d’investisseurs s’informent sur les réseaux sociaux. "L’AMF est très engagée pour que le Parlement lui accorde des moyens juridiques supplémentaires plus efficaces dans un véhicule législatif qu’il reste à définir", a-t-elle déclaré, en appelant donc au soutien continu des pouvoirs publics dans le cadre du prochain projet de loi de finances. "C’est une question d’attractivité de la place financière de Paris ", a-t-elle martelé.

Consciente des contraintes budgétaires de l’État, l’AMF prévoit de dévoiler d'ici la fin de l'année une feuille de route incluant des mesures de réorganisation interne, de transformation, et une meilleure gestion, notamment via l’intégration de l’intelligence artificielle.

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