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FBF / fédération bancaire française / PLF 2026
Daniel Baal se pose en défenseur d’un modèle bancaire européen / Un appel à l’équilibre entre régulation et compétitivité
Dans un contexte de fortes turbulences internationales et budgétaires, le secteur bancaire français se pose en pilier de stabilité et de financement de l’économie. À l’occasion de ses vœux, ce lundi midi, en tant que président de la Fédération bancaire française (FBF), Daniel Baal, patron du Crédit Mutuel, a livré un plaidoyer appuyé en faveur de banques européennes "fortes, innovantes et compétitives", condition selon lui indispensable à la réussite des transitions et à la souveraineté du continent.
"Dans une période d’incertitude sur le plan international, européen et national, le secteur bancaire français est un facteur et un acteur de stabilité, de cohésion et de projection vers l’avenir. Il est solide, il est engagé", a-t-il déclaré. Et de rappeler que " le secteur bancaire continue à prendre toute sa part pour financer la transition écologique, l’innovation, notre souveraineté à tous les niveaux et les défis sociétaux ".
Pour relever ces défis, Daniel Baal appelle à un environnement réglementaire clair : "d’un cadre qui soit lisible, stable et qui favorise des règles du jeu équitable. Il y a une voie entre d’un côté la dérégulation et de l’autre la surrèglementation". Un message voulu sans ambiguïté : "sans banques européennes fortes, innovantes et compétitives, il n’y aura ni souveraineté européenne, ni transitions réussies ".
Un secteur solide malgré des incertitudes multiples
Revenant sur la conjoncture, le président du Crédit Mutuel a souligné la résilience du système bancaire et de l’économie française. "2025 a démontré la bonne tenue du secteur bancaire et de l’économie française, malgré un niveau d’incertitude exceptionnel", a-t-il estimé, évoquant des "incertitudes économiques, géopolitiques, politiques nationales, budgétaires et fiscales" dont "la somme pèse sur la confiance des entreprises et des ménages, et retarde des projets privés et publics partout en France".
Dans ce contexte de "rupture de l’ordre mondial", Daniel Baal s’est félicité de "la solidité des banques françaises, moteur, entre autres, du financement des entreprises". "Les banques ont soutenu un tissu entrepreneurial remarquablement dynamique, qui a sans doute limité ses investissements, mais a trouvé, grâce au soutien du secteur bancaire, une réponse positive ", a-t-il insisté.
Les chiffres avancés sont significatifs : "Au total, plus de 1 400 milliards d’euros de crédits aux entreprises sont engagés en France, soit une hausse de 62 % en dix ans. Chaque mois, en 2025, ce sont près de 30 milliards d’euros qui financent nos entreprises, grandes, moyennes et petites. Soit 1 milliard d’euros par jour utiles pour l’avenir de notre pays". Parallèlement, il a pointé l’évolution de la dette publique progressant d’environ 500 millions d’euros par jour… "Les banques font le choix de l’avenir, l’État fait, lui, trop souvent, celui de l’inertie ", a-t-il regretté.
Un engagement des banques qui s’illustre par exemple dans le financement de la défense. "Au 30 juin 2025, les six plus grandes banques françaises […] ont accordé 45 milliards d’euros de financement aux entreprises de défense françaises, soit + 75 % depuis 2021 et déjà + 22 % sur le premier semestre ", a annoncé Daniel Baal. À cela s’ajoutent "22 milliards d’euros" pour les autres entreprises européennes du secteur.
Alerte sur la fiscalité et les finances publiques
Pour 2026, le président de la FBF se montre plus inquiet. "Les besoins de financement sont toujours plus importants pour répondre aux défis que sont les financements des transitions énergétiques, technologiques et sociétales, et aussi bien sûr pour répondre au grand enjeu de la souveraineté européenne ", a-t-il prévenu. "La situation des finances publiques françaises est préoccupante et la dernière version en date du projet de loi de finances pose plus de questions qu’elle n’apporte de réponses ", dénonçant, une "surenchère fiscale". En 2024, les banques françaises auraient déjà contribué à hauteur de plus de 22,3 milliards d’euros aux finances publiques… soit, selon Daniel Baal, "au total des budgets cumulés des ministères des sports, de l’Europe et de la justice pour 2026". "Les décisions fiscales ne sont pas neutres pour la croissance future", a-t-il affirmé, rejetant l’idée de privilèges pour les grandes entreprises : "En réalité, elles partent avec un boulet fiscal par rapport à nos voisins européens. Les prélèvements sur les entreprises, nets des aides reçues, sont supérieurs à ceux de nos voisins européens : 10,5 % du PIB (contre 8,1 % pour l’Union européenne, environ 7 % en Allemagne)", a-t-il souligné.
"L’argent ne dort pas dans les banques"
Enfin, Daniel Baal a vivement réfuté l’idée selon laquelle l’épargne des Français serait improductive. "Non, l’argent ne dort pas dans les banques", a-t-il martelé. "L’argent présent sur les comptes et les livrets irrigue le circuit économique réel : c’est avec ces dépôts et cette épargne que les banques […] peuvent prêter aux ménages et aux entreprises, aux collectivités, au logement social, aux infrastructures…".
Il a également alerté sur l’impact de l’accumulation de contraintes prudentielles. "Des milliards d’euros de fonds propres sont aujourd’hui immobilisés […] parfois déconnectées des réalités économiques", a-t-il fait observer, estimant que "les exigences supplémentaires fixées par le superviseur […] représentent un potentiel de financement bloqué pour l’Europe d’environ 1 500 milliards d’euros".
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