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Trump; guerre commerciale; Bessent

Macro-économie / Taux / Union européenne / Etats-Unis / tarif douanier

Macro-économie / Taux
Union européenne / Etats-Unis / tarif douanier

La croissance européenne à la merci de Donald Trump / L’UE se passerait bien d’une interruption des échanges avec les États-Unis

Difficile de se réjouir d’un potentiel arrêt du commerce entre l’Union européenne et les États-Unis. De ce côté-ci de l’Atlantique, les seules exportations de biens à destination du pays dirigé par Donald Trump représentent près de 3 % du PIB. De quoi plonger au niveau agrégé les Vingt-Sept en récession et tout particulièrement ses membres les plus exposés à ces échanges tels que l’Allemagne ou encore l’Irlande.
 Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent et l'administration Trump ne ménagent pas l'Union européenne.  Photo by Fabrice COFFRINI / AFP
Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent et l'administration Trump ne ménagent pas l'Union européenne. Photo by Fabrice COFFRINI / AFP

Dialogue de sourds. Les différentes tentatives de conciliation entre Européens et Américains ne semblent pas aboutir à un accord sur le plan commercial. Les ministres des Finances et banquiers centraux du G7 ne sont pas parvenus à dénouer l’épineux problème des droits de Douane la semaine passée. Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a beau avoir vanté une "très bonne ambiance de travail collectif", il n’en demeure pas moins que dès le lendemain le président américain a dégainé.

Comme de coutume, il n’y est pas allé de main morte, assurant qu’il "est très difficile de traiter avec l’UE, qui a été créée en premier lieu pour profiter des États-Unis d’un point de vue commercial. […] Nos discussions ne vont nulle part. Dans ces conditions je recommande d’imposer 50 % de droits de douane sur l’UE, à compter du 1er juin ". L’enthousiasme affiché par Valdis Dombrovskis à l’issue du G7 semble loin, il confiait alors que "l’ambiance des réunions était positive et constructive".

 

Grise mine

 

Les estimations du coût économique d’une telle mesure commencent déjà à fleurir en ce début de semaine. Du côté de John Plassard, analyste chez Mirabaud, on considère que "sur le plan macroéconomique, le PIB de l’UE pourrait chuter de 0,5 %" et avec des impacts jugés "disproportionnés" sur les économies les plus dépendantes de ces exportations, dont l’Allemagne fait partie. Pour le reste certains secteurs seraient inévitablement davantage touchés que d’autres, le spécialiste arguant qu’un "champ de bataille symbolique" pourrait voir le jour sur les quelque 25 milliards d’exportations du secteur de l’alimentation et des boissons.

Pour autant c’est loin d’être l’endroit où les firmes européennes souffriraient le plus de la mise à l’arrêt des relations commerciales, l’analyste arguant que "l’impact le plus immédiat et le plus grave toucherait des secteurs manufacturiers clés tels que l’automobile, les produits chimiques et l’aérospatiale, qui représentent collectivement plus de 400 milliards d’euros sur les 530 milliards d’euros d’exportations de biens de l’UE vers les États-Unis". Il n'en demeure pas moins impossible d’aborder l’escalade tarifaire sans évoquer les conséquences pour l’économie américaine.

 

Raisonner

 

La soutenabilité de la politique commerciale menée par la Maison Blanche est en effet sujet à caution. Les équipes d’Allianz Trade confiaient la semaine passée que l’économie américaine aura du mal, au risque de tomber en récession, à supporter des droits de douane supérieurs à une fourchette comprise entre 12 et 15 % et ce d’autant plus que le dollar se déprécie.

La question de l’excédent commercial européen vis-à-vis des États-Unis est également loin de pouvoir être résumée au seul chiffre de 198,2 milliards pour l’année 2024. La dynamique est en effet bien différente en ce qui concerne les services avec un excédent, américain cette fois-ci, de l’ordre de 109 milliards d’euros lors de l’année 2023.

 

Traitement de faveur

 

Chez ING, on rappelle que "malgré la rhétorique agressive, les menaces tarifaires de Trump sont souvent un prélude à la négociation". Ses économistes concèdent qu’il "a toujours été clair que la position de l’administration américaine sur l’UE sera différente de celle de la plupart des autres partenaires commerciaux. Des commentaires tels que l’UE est plus méchante que la Chine ont caractérisé l’approche de l’administration américaine jusqu’à présent". Sebastian Paris Horvitz, directeur de la recherche chez LBP AM, estime quant à lui qu’il faut bien avoir en tête que le "gouvernement américain est obnubilé par la réduction des déficits" quand bien même un tel objectif n’aurait pas "pas de sens économiquement pris isolément " et ce d’autant plus lorsqu'on attribue leur existence à un traitement déloyal des exportations américaines par ses partenaires commerciaux.

Les équipes d'ING soulignent également qu’on "ne sait toujours pas ce que l’administration américaine attend réellement pour parvenir à un accord, si ce n’est la réduction unilatérale des droits de douane de l’UE précédemment envisagée". Un scénario tient plus la corde que d’autres à en croire Sebastian Paris Horvitz, directeur de la recherche chez LBP AM, qui considère que "le plus probable est que ces taux de 50 % ne seront pas appliqués. D. Trump devrait reculer. En même temps, il est possible que les taux puissent s’établir plus haut que les 10 % actuels. Nous gardons cependant l’hypothèse du statut quo dans notre scénario central". Il n’en juge pas moins que l’incertitude n’est pas près de retomber au vu des décisions récentes du gouvernement américain, lesquelles sont qualifiées par ses soins "d’erratiques".

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