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danger; risque; sécheresse; eau

Macro-économie / Taux / BCE / changement climatique / Zone euro / croissance / économie

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À Francfort, on redoute également le changement climatique / La seule question de l’eau menace l’économie de la zone euro

La Banque de France a beau être à l’initiative sur les questions climatiques, celle-ci interroge également au sein d’autres institutions. André Ceglar, spécialiste du climat à la Banque centrale européenne, s’est associé à d’autres économistes pour mesurer les effets de la raréfaction d’une ressource naturelle bien plus particulière : l’eau. Sa moindre présence en surface mettrait à elle seule en danger pas moins de 15 % de la production économique de la zone euro.    
Lac de Serre-Ponçon. Photo by Thibaut Durand / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
Lac de Serre-Ponçon. Photo by Thibaut Durand / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

Le climat déchaîne décidément les passions chez les économistes. Après la publication de scénarios de court terme par le réseau pour le verdissement du système financier (NGFS) ou encore l’annonce du lancement d’un consortium par la Banque de France pour mieux modéliser des risques liés à la nature, c’est désormais au tour d’économistes - pour certains membres de la Banque centrale européenne - de tâcher de mieux quantifier les conséquences économiques du changement climatique.

Un exercice qui a vu les parties prenantes, le Resilient Planet Finance Lab de l’Université d’Oxford étant associé pour l’occasion à la BCE, travailler sur les interdépendances existantes entre la perte de services écosystémiques naturels et leur impact sur l’économie européenne. Les différents axes explorés que ce soit la dépendance sectorielle aux écosystèmes, les liens financiers au sein de la chaîne d’approvisionnement ou encore la perte de production imputée à la perte de tout ou une partie d’un écosystème mettent en avant un risque majeur à leurs yeux.


Or bleu

 

La rareté de l’eau de surface est en effet pointée du doigt comme étant le "risque le plus important pour l’économie de la zone euro ". Une sécheresse extrême mais considérée comme "plausible" durant 25 ans mettrait en effet près 15 % de la production économique de la zone euro en danger. Le mécanisme à l’œuvre serait un cocktail d’une pénurie de l’approvisionnement en eau provenant des rivières, des lacs, des réservoirs et des couches supérieures du sol, auquel s’additionne une sécheresse persistante et qu’amplifie consommation non soutenable.

Des descriptions qui ont des incidences des plus concrètes. André Ceglar, spécialiste du climat à la Banque centrale européenne détaille des impacts désastreux qu’il s’agisse "des sols secs réduisant les rendements agricoles ", de "la rareté de l’eau affectant la fabrication en perturbant les opérations et en augmentant les coûts " ou encore et des rivières dont le niveau baisse diminuant les entrées d’énergie hydroélectrique et de fait "limitant la production d’électricité et entrave le transport fluvial".

Préparer

 

Impossible de cantonner les risques économiques associés aux entreprises en première ligne, les auteurs martèlent que "la forte concentration de prêts dans les secteurs très vulnérables à la rareté de l’eau de surface expose également les banques à d’importantes pertes financières potentielles". L’analyse des prêts accordés par 2 500 banques de la zone euro à des sociétés non financières au niveau sectoriel dévoile que "plus de 34 % de leur encours nominal total - soit plus de 1 300 milliards d’euros - sont actuellement accordés à des secteurs exposés à un risque élevé de pénurie d’eau". De quoi miner à terme la stabilité financière et constituer de véritables risques systémiques. C’est tout le sens que les parties prenantes donnent à leur collaboration ; une entente entre les institutions financières et la communauté scientifique pourrait permettre une meilleure mesure des risques.

Certains pays ne peuvent qu’être enclins à soutenir une telle proposition, tant ils sont davantage exposés que la moyenne au changement climatique. C’est ainsi jusqu’à 30 % de la production sectorielle agricole qui serait menacée dans les pays du sud de l’Europe, le risque diminuant à mesure qu’on s’éloigne au nord. Cependant le marché unique et les échanges commerciaux pourraient bien voir l’effet des pénuries se propager aux cours des denrées alimentaires et ce pas uniquement dans les pays producteurs.

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