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DG Trésor / changement climatique / France
La douloureuse facture du changement climatique / Un fardeau supplémentaire pour des finances publiques françaises exsangues
Un premier jet qui fait froid dans le dos. La Direction générale du Trésor s’est pliée ces derniers mois à l’exercice auquel le ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique Roland Lescure l’a astreinte sur le changement climatique. De quoi déboucher sur la publication de chiffres il y a quelques jours, lesquels considèrent que ce phénomène pourrait dégrader le déficit public de 1,8 point de PIB en 2050.
Il faut dire que la dynamique n’est pas favorable, loin de là étant donné qu’il est question « d’un coût croissant pour les finances publiques". Cela se caractérise par une attrition des recettes publiques étant donné le frein à la croissance constitué. A cela, il convient d’ajouter les différents aléas climatiques – une liste au sein de laquelle figurent les vagues de chaleur, les sécheresses ou encore les inondations -, autant de raisons appelant à délier à de multiples reprises les cordons de la dépense publique, ce afin de répondre tantôt à la réparation du patrimoine public, tantôt à la protection des populations ou parfois à l’indemnisation des victimes.
Encaisser
Pour autant les écueils ne sont pas inévitables, loin de là puisqu’il s’avère que « les solutions d’adaptation mises en œuvre jusqu’à présent auraient permis d’éviter jusqu’à la moitié des pertes d’activité économique liées aux dommages climatiques. » D’autant plus que de nombreux facteurs joueront sur la facture finale pour les finances publiques hexagonales, parmi lesquels sont énumérés « la trajectoire de réchauffement climatique, les politiques d’adaptation mises en œuvre et les choix futurs de prise en charge publique des impacts climatiques. » Or, il est indéniable que les acteurs privés ne resteront pas les bras croisés dans les mois et années à venir, de quoi entraîner inévitablement des bénéfices nets pour les finances publiques comme conséquences des stratégies d’adaptation de ces acteurs.
Une conjonction d’efforts qui est vitale pour l’économie hexagonale dans son ensemble, afin d’éviter une situation catastrophique où en l’absence d’adaptation et atténuation additionnelle, le changement climatique amputerait le PIB français de 3,6 % en 2050. Les différents travaux consultés par la DG Trésor tendent ainsi à montrer « qu’il est possible d’éviter jusqu’à la moitié des dommages climatiques sur l’activité. » Tandis qu’il semble que l’investissement privé dans « des infrastructures comme des digues de protection ou des pilotis permet de réduire d’environ un tiers les dommages (destruction de capital et d’activité) liés à des tempêtes induites par le changement climatique. »
Poursuivre
Tout n’est pas clair pour autant, notamment pour ce qui a trait à l’impact macroéconomique des coûts de l’adaptation au changement climatique. L’institution recommande de s’attacher à mesurer les effets attendus, étant donné que bien que "l’adaptation permette de réduire les dommages climatiques, les stratégies mises en œuvre présentent des coûts qui peuvent eux-mêmes avoir des effets macroéconomiques adverses." Ce serait notamment le cas lors d'une hausse possible des taux d’intérêt face à une situation où les besoins de financement supplémentaires pour l’adaptation "ne pourraient être couverts par un surplus d’épargne ou de crédit." Plus le besoin de financement sera fort et plus il est probable qu’ajuster d’autres postes de dépenses ne suffise pas. On regrette chez la DG Trésor que "la mesure des coûts de l’adaptation, au niveau agrégé, n’ait été toutefois que peu documentée dans la littérature."
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