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Europe; Amérique; Compétivité

Macro-économie / Taux / attractivité / France / EY

Macro-économie / Taux
attractivité / France / EY

La France resterait pour l’heure le pays le plus attractif d’Europe / La dynamique demeure mauvaise à l’instar de celle européenne

Une fois de plus l’Hexagone demeure, au titre de 2024, le pays d’Europe qui a attiré le plus d’investissements internationaux, rapporte le baromètre EY. Malheureusement, si la France garde son rang, c’est avant tout parce que le nombre de projets d’implantation ou d’extension n’a pas plus reculé que chez ses voisins, une baisse de l’ordre de 14 % côté français et ce en un an. La France semble néanmoins tirer son épingle du jeu dans quelques domaines bien précis tels que l’intelligence artificielle.
Champ de Mars. Photo by Claire Serie / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
Champ de Mars. Photo by Claire Serie / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

Toujours en tête d’un peloton européen qui a réduit l’allure. La France ne voit pas sa première place, en termes de projets d’investissements étrangers attirés, être menacée à en croire le baromètre EY de l’Attractivité de la France 2025. Cependant à l’instar de nombre de pays de la Vieille Europe elle en attire de moins en moins. Il n’y a guère que l’Italie (+ 5 %), l’Espagne (+ 15 %) et la Pologne (+ 13 %) pour tirer leur épingle du jeu par rapport à 2023.

Les difficultés tricolores ont des causes multiples à en croire Marc Lhermitte, associé chez EY, ce dernier confiant à WanSquare que "ces investissements étrangers sont réalisés à près de 60 % par des PME/ETI, or celles-ci sont un peu moins équipées que les grands groupes pour résister aux chocs ". Il appuie son propos en expliquant "que c’est ce qui explique qu’on voit généralement les dirigeants de PME être les plus inquiets dans de telles situations". Une atmosphère morose qui tranche avec la dynamique outre Atlantique, l’expert de chez EY nous indiquant que les "Américains réduisent la voilure en Europe, sous l’effet de facteurs multiples allant du différentiel de croissance, de l’IRA ou encore de la compétitivité énergétique. Une politique entamée très largement lors du mandat de Joe Biden."

 

Délaisser

 

Dès lors on comprend mieux que face à des bouleversements politiques se produisant tant en France, qu’en Allemagne ou encore Royaume-Uni, on observe un repli des investissements américains dans ces pays. Le baromètre EY nous apprend qu’effectivement "en 2024, 942 entreprises américaines ont fait le choix d’investir en Europe, soit le plus bas niveau enregistré depuis plus de dix ans". Les risques pour l’attractivité européenne ne devraient malheureusement pas disparaître de sitôt avec un trio de tête composé des tensions géopolitiques (à 35 %), du contexte macroéconomique (34 %) et des barrières commerciales (30 %).

Une des explications de ce désamour pour l’Europe est toute trouvée selon Marc Lhermitte, il s’agit "des conséquences d’un manque de coordination européenne et ce depuis 2021, chacun a fait un peu ce qu’il voulait et on a avancé en ordre dispersé ". Pour autant, il ne se montre pas défaitiste et estime que tant la France que l’Europe "peuvent se saisir du momentum décisif actuel que constitue la menace réelle sur la sécurité européenne".

 

Franco-français

 

Des problématiques au niveau continental qui ne lui font pas oublier que l’Hexagone possède des problématiques propres qui sapent son attractivité. Tout en se montrant optimiste, "une discussion budgétaire qui a déjà commencé", il est inquiet face au mur budgétaire tricolore et "redoute que pour les entreprises avec la plus forte pression fiscale d’Europe, ce n’est pas avec plus d’impôts que ça va s’améliorer ". Les investissements réalisés en France sont déjà parmi ceux les moins intensifs en emplois du fait de ce désavantage important. Une hypothèse qui pourrait même saper l’attractivité des secteurs tirant leur épingle du jeu l’an passé, le baromètre mettant en avant ceux de l’énergie, de l’intelligence artificielle et de l’agro-alimentaire.

Pour le premier secteur c’est avant tout le retard important accumulé par l’Hexagone qui explique qu’un effet de rattrapage se produise. Marc Lhermitte nous confiant que "le manque d’investissement par le passé que ce soit dans l’éolien, le solaire ou autre technologie renouvelable explique une partie de la hausse dans ces secteurs".

Il a également mis en garde contre tout attachement excessif aux effets volumes dans ces secteurs d’innovations, rappelant "qu’il y a une vraie prime à l’effet qualité dans ces domaines à la frontière technologique". C’est particulièrement le cas dans le domaine de l’intelligence artificielle (IA) où les quelque 200 dirigeants internationaux interrogés par EY affirment que "la France bénéficie d’atouts majeurs : la qualité de ses infrastructures IT, l’excellence de ses talents et la présence d’un écosystème IA déjà bien structuré".

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