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Start-up / French Tech / levées de fonds / troisième trimestre / EY

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French Tech / levées de fonds / troisième trimestre / EY

French Tech : le troisième trimestre confirme la concentration des capitaux / Derrière les grandes levées, le reste du marché est plus affaibli

Dans la lignée de la tendance observée au premier semestre, les levées de fonds des start-ups françaises ont continué d’accélérer après sa clôture. Mais la croissance du marché sur neuf mois tient essentiellement à une poignée de grandes levées, au premier rang desquelles celle de 3 milliards d’euros de Mistral AI. Une opération qui constitue un signal fort pour l’écosystème, mais n’occultant pas les réalités plus contrastées existant sur d’autres tranches de financement, elles aussi capitales pour sa vitalité.
FRA-PARIS-VIVATECHNOLOGY
FRA-PARIS-VIVATECHNOLOGY

Le troisième trimestre de la French Tech n’a pas fait mentir les tendances observées depuis le début de l’année. Au premier semestre, les levées de fonds des start-ups françaises affichaient un net rebond en valeur : 4,6 milliards d’euros, soit une envolée de 65 % sur un an. Mais ceci à la faveur de quelques (très) grandes opérations, tandis que le nombre d’entre elles, à 280, avait reculé de 10 %. Les mois suivants sont venus prolonger cette dynamique, avec 4,2 milliards d’euros levés au troisième trimestre - une hausse de 50 % par rapport à celui de 2025, selon le baromètre d'EY. Ainsi, le capital-risque tricolore a levé 8,7 milliards d’euros au 30 septembre, ce qui traduit une accélération de 57 % en valeur par rapport à la même période de 2025. « Déjà plus que sur l’ensemble de l’année 2025 (7,4 milliards d’euros). En neuf mois, le marché retrouve quasiment son niveau de 2021 », commente l’associé d’EY Franck Sebag, cité dans le rapport.

 

Cinq entreprises, plus de la moitié du marché

 

Depuis le mois de janvier, 397 opérations ont été à signaler, soit une baisse de 7 % sur un an. D’un autre côté, le ticket moyen s’est apprécié sur la période, passant de 13 millions à 22 millions d’euros. « Le capital est abondant mais est orienté vers un nombre de plus en plus restreint de sociétés », observe l’expert. De fait, les dix levées de fonds supérieures à 100 millions d’euros bouclées depuis le début de l’année pèsent à elles seules 5,4 milliards d’euros… soit 62 % des capitaux investis, contre quatre « méga-levées » sur les neuf premiers mois de 2025, qui représentaient 36 % des montants alors levés.

Au sein des plus grandes opérations de 2026, le top cinq concentre même plus de la moitié du marché. Au premier rang, évidemment, Mistral AI et sa levée historique de 3 milliards d’euros, annoncée en septembre, qui représente toute seule plus d’un tiers des montants de l’année. Sur la deuxième marche du podium : AMI Labs, la start-up d’intelligence artificielle (IA) de l’ex-Meta Yann Le Cun, qui a levé 890 millions d’euros au mois de mars. Historique, là aussi, pour une entreprise européenne en phase d’amorçage. L’assureur Alan suit, avec 580 millions d’euros levés au travers de deux opérations, puis le spécialiste des logiciels de ressources humaines Skello, avec un financement de 200 millions d'euros mené par Bridgepoint. Enfin, la comptatech Pennylane clôt ce classement avec ses 175 millions d’euros levés.

La dernière levée de fonds de Mistral est une excellente nouvelle pour l’écosystème français, atteste Franck Sebag. Mais il reste à analyser l’autre facette du marché avec lucidité, explique-t-il. Car sans cette opération, la croissance des montants levés sur neuf mois aurait été cantonnée à 3 %. Plusieurs signaux faibles se lisent ainsi sur les opérations inférieures à 100 millions d’euros, qui totalisent 3,3 milliards d’euros (en recul de 6 %) pour 387 opérations (en baisse de 9 %). Presque aucun segment n’a échappé à cette tendance, hormis celui des tours compris entre 50 et 100 millions d’euros.

 

Un maillon critique de la chaîne

 

Le point d’attention le plus marquant se situe du côté de la tranche comprise entre 20 et 50 millions d’euros, celle des séries B et C, « le moment où une start-up éprouvée doit devenir une entreprise », indique Franck Sebag. Alors qu’elle avait été stable au premier semestre, elle accuse un repli de 10 % en valeur sur neuf mois, pour 42 opérations (contre 46 en 2025). « C’est pourtant là que se joue l’avenir des champions de demain. Une entreprise qui ne trouve pas son tour de 30 millions d’euros n’atteindra jamais celui de 300 millions d’euros », rappelle l’associé chez EY. D’où l’importance, souligne-t-il, de ne pas négliger les maillons intermédiaires de l’ensemble de la chaîne de financement, un écosystème se mesurant à l’aune de sa capacité à faire passer des entreprises de la série A jusqu’à la grande échelle.

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