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Coty en ordre de marche pour reprendre rapidement de l’élan / Le groupe se montre prudent pour le reste de l'exercice
Coty rectifie le tir de ses prévisions. Le groupe de cosmétiques et de parfumerie, doublement installé sur les Bourses new-yorkaise et parisienne, a publié les résultats du troisième trimestre (clos fin mars) de son exercice fiscal 2025. Et dans un environnement de marché brumeux, il a annoncé s’attendre à un recul de 2 % de son chiffre d’affaires (une légère baisse à un chiffre avait déjà été prévue), à une marge d’Ebitda en progression d’environ 70 points de base (contre une fourchette de 70 points à 90 points de base précédemment envisagée) et à un flux de trésorerie disponible de 300 millions de dollars sur l’ensemble de l’exercice, soit quelque 100 millions de dollars de moins que lors de sa précédente publication.
"Bien que nous ne soyons pas satisfaits de la performance de notre chiffre d’affaires net, les solides fondamentaux de Coty, associés à notre stratégie à plusieurs volets pour accélérer sur l'innovation, la distribution et l'efficacité, nous donnent confiance pour les années à venir", a indiqué la dirigeante de Coty, Sue Nabi, à l’occasion de la publication. De janvier à mars, les revenus du groupe ont en effet reculé de 3 % en données comparables, à 1,3 milliard de dollars, en raison d’une baisse particulièrement marquée de l’activité aux États-Unis. En revanche, grâce à des économies de coûts, la marge d’Ebitda s’est quant à elle appréciée de 130 points de base sur un an, à 15,7 %. En tout, sur les neuf premiers mois de l’exercice, la génération de free cash-flow a atteint 243 millions de dollars.
D'un autre côté, le groupe a nettement poursuivi son désendettement : son levier a atterri à 3,2 fois à la fin du troisième trimestre, à comparer avec un levier de 7 fois au cours de l’exercice 2021. "Dans le contexte économique et les perspectives actuelles plus complexes, notre endettement nettement inférieur et notre bilan plus sain nous assurent une position plus solide pour faire face à tout scénario macroéconomique", a de son côté commenté Laurent Mercier, le directeur financier du groupe, lors de la conférence de présentation des résultats.
Effet de comparaison
Il faut dire que Coty et les marchés sur lesquels il est positionné font face à une conjugaison d’aléas. D’abord sur le segment "prestige", regroupant entre autres les marques propriétaires ou sous licence Infiniment Coty, Marc Jacobs, Chloé, Hugo Boss ou Burberry, qui représente son fer de lance (64 % de son chiffre d’affaires, en recul de 2,5 % au troisième trimestre) : 2024 avait été une année exceptionnelle, a rappelé Sue Nabi, marquée par plusieurs lancements à succès du groupe. En parallèle, le marché des parfums de prestige rencontrait une croissance à deux chiffres.
Mais du fait de la forte tendance à la vente des fragrances de l’entreprise et de certaines mesures incitatives mises en place par les détaillants, les stocks des parfums du groupe chez ces derniers ont atteint un niveau élevé, plus spécifiquement aux États-Unis. "Dans ce contexte, la combinaison, au cours de l’exercice 2025, d’un ralentissement du marché des parfums de prestige, notre calendrier de lancements dominé cette année par des extensions plutôt que par des innovations majeures, et la nécessité de réduire les stocks élevés chez les détaillants, a eu un triple effet négatif sur notre activité, que nous nous efforçons de corriger d’ici la fin de l’exercice", a indiqué Sue Nabi.
Sur le segment sur la beauté grand public (Bourjois, Rimmel, Covergirl…), dont les recettes ont reculé de 5 % au titre du troisième trimestre, Coty réajuste son activité pour faire face aux tendances de marché. Par exemple, les parfums continuent de prospérer. Mais les cosmétiques font face à un environnement concurrentiel qui s’intensifie et cette sous-catégorie reste moins rentable que d’autres. Si Coty s’active donc pour mieux s’articuler à ces tendances, elle devrait se traduire plus après à l’échelle de l’ensemble de la division.
Le plan est établi
Le plan d’attaque pour la suite est par ailleurs bien préparé. Pour redonner de l’élan à sa division "prestige", le groupe a prévu certains lancements importants de produits tout au long de l’exercice 2026 et une nouvelle marque sur Amazon devrait se faire connaître à l’automne. L’expansion dans les parfums d’ambiance et ultra-haut de gamme ou bien dans les brumes pour le corps sera aussi poursuivie.
Côté "grand public", Coty a prévu de dévoiler de nouvelles innovations sous des marques clés, dans la lignée de sa collection "Adidas Vibes" qui a rencontré un franc succès. D’autres lignes de parfums, développées en collaboration avec des détaillants pertinents, seront aussi au programme tandis que des technologies cosmétiques novatrices (dans le domaine du mascara et des ongles), à forte valeur ajoutée pour les consommateurs, seront prévues pour l’exercice 2026 et au-delà. Enfin, le groupe prévoit de stimuler son activité grâce aux canaux les plus performants, à l’instar du point de vente désormais disponible sur TikTok.
Quant aux droits de douane américains, le groupe estime être bien placé pour y faire face, grâce à la diversification géographique de ses ventes, de sa production et de son approvisionnement. La poursuite de son programme de transformation, "All to win", devrait aussi lui permettre de générer 370 millions de dollars supplémentaires d’économies sur les coûts fixes et la productivité pour les exercices 2026 et 2027. De quoi compenser les potentiels impacts attendus des nouvelles barrières commerciales, grâce également à un pouvoir de fixation des prix.
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