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Evenements / Commission d'enquête sur les aides publiques / Airbus / Guillaume Faury / Europe de la défense

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Commission d'enquête sur les aides publiques / Airbus / Guillaume Faury / Europe de la défense

Face aux États-Unis et à la montée en puissance de la Chine, Airbus appelle à une Europe plus solidaire / Investir (vraiment) européen pour peser stratégiquement

Alors que l’Union européenne multiplie les déclarations d’intention sur la souveraineté industrielle et la défense commune, le patron d’Airbus, Guillaume Faury, dresse un constat sans appel : l’Europe reste trop fragmentée, trop frileuse et trop dépendante des achats extérieurs. Devant la commission d’enquête sur les aides aux entreprises, il a plaidé pour une stratégie industrielle européenne plus coordonnée, plus ambitieuse et mieux financée, seule capable de rivaliser avec les géants américains et chinois, et de sécuriser l’avenir de secteurs clés comme l’aéronautique, le spatial ou la défense.
Guillaume Faury (Photo by Valentine CHAPUIS / AFP)
Guillaume Faury (Photo by Valentine CHAPUIS / AFP)

S’il y a une agence de l’État qu’Airbus ne souhaite pas voir supprimer, c’est bien le Corac, le Conseil pour la recherche aéronautique civile, instance créée en 2008, pilotée par la Direction générale de l’aviation civile (DGAC) et fédérant l’ensemble des acteurs du transport aérien en France. "Nous avons perçu 159 millions d’euros de subventions publiques en 2023, dont 150 du Corac. Aujourd’hui, la filière aéronautique et spatiale est le 1er exportateur et 1er contributeur à la balance commerciale française avec un surplus d’environ 30 milliards d’euros. C’est le fait de la qualité de nos produits qu’il faut préserver dans le futur. C’est pour cela que le Corac est très important car c’est lui qui définit les technologies ayant besoin d’être développées afin que l’ensemble des acteurs de la filière puissent être compétitifs. C’est pour cela aussi que les PME et les ETI françaises sont très attachées au Corac. Il est essentiel à la feuille de route de l’avion décarboné avec un programme d’investissements de 10 milliards d’euros sur dix ans, répartis avec un équilibre public-privé. Certes, cette contribution de l’État est passée de 450 millions d’euros par an en 2022 à 285 millions en 2023, mais ce qui est très important pour nous est d’avoir de la visibilité", a martelé le patron d’Airbus, Guillaume Faury, ce mardi, lors de son audition devant les membres de la commission d’enquête sur les aides aux entreprises.

Un soutien qui permet à l’entreprise d’être compétitive dans un environnement très concurrentiel. "L’une des priorités d’Airbus est liée à la complexité de la situation dans le domaine de la défense et de l’espace, et au fait que dans ces métiers en Europe, nous sommes très petits, très fragmentés alors que nos concurrents, en particulier aux États-Unis, mais de plus en plus en Chine, sont à des effets d’échelle beaucoup plus importants", a-t-il fait observer.

Guillaume Faury en est convaincu : le secteur doit avoir une dimension européenne pour rivaliser avec ses concurrents sur la scène internationale. Certes, des programmes européens existent pour soutenir la filière, mais cet argent serait, selon lui, mal dépensé. " Il faut créer les conditions du succès de demain. Or, les montants d’acquisition de matériels d’armement de défense en Europe sont environ cinq fois plus faibles que ceux dépensés par les États-Unis. Les Européens achètent environ 20 % de ce que les États-Unis achètent. Par ailleurs, ces derniers achètent quasiment la totalité de ces montants à des entreprises américaines quand les États membres achètent en majorité (entre 60 et 65 %) en dehors de l’Union européenne, et notamment outre-Atlantique. Si bien que le tiers restant, rapporté aux 20 % d’achats, ne représente finalement que 7 % des acquisitions réalisées en Europe", a constaté le patron d’Airbus. Et Guillaume Faury de livrer ses conclusions : "cette situation dit trois choses : la première est que les Européens s’équipent très peu en matériels de défense et de sécurité, c’est pourtant l’un des très grands enjeux actuels. Ensuite, s’ils achètent trop peu, lorsqu’ils le font, ils le font trop peu en Europe. Or, si nous voulons être souverains en défense, il faut qu’une très grande majorité de ce que nous acquerrons le soit auprès d’entreprises européennes. Enfin, lorsque les États membres achètent européens, ils le font de façon défragmentée. Ces 7 % sont distribués à travers différents pays, sans coopération à l’échelle", a-t-il déploré.

Et à l’heure où l’Union européenne semble avoir pris conscience de la nécessité de réussir son plan ReArm, ce succès passera nécessairement, pour le patron d’Airbus, par une "Europe qui doit améliorer sa capacité à s’équiper pour se protéger et résister aux menaces extérieures, qui doit dépenser un peu plus d’argent, un peu plus en Europe et de façon conjointe ".

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