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Airbus mise sur un profil chevronné du conseil pour sa stratégie / Un expert rompu aux enjeux de transformation
Jeu de chaises musicales au comité exécutif d'Airbus. Quatre mois après que Matthieu Louvot a quitté son poste de vice-président exécutif chargé de la stratégie pour prendre, le 1er avril, la tête d'Airbus Helicopters - en remplacement de Bruno Even, parti « poursuivre ses prochains objectifs personnels et professionnels » après huit ans à ce poste -, le groupe européen a enfin désigné son nouveau stratège. Eric Kirstetter, jusqu'ici associé chez Roland Berger à Paris, prendra ses fonctions de vice-président exécutif chargé de la stratégie le 18 mai prochain. Il reportera directement au PDG Guillaume Faury.
La nomination est celle d’un outsider, Airbus s’écartant ainsi d’une pratique bien ancrée consistant à promouvoir en interne ses dirigeants clés. Eric Kirstetter est un pur consultant : dix-sept ans chez Arthur D. Little, puis neuf ans chez Roland Berger depuis 2017, avec une spécialisation marquée sur les stratégies de croissance et les transformations industrielles dans l'automobile, l'aérospatial et la défense.
Diplômé de l'ISAE-Supméca et titulaire d'un master en management industriel international de HEC Paris, il a accompagné des clients en Asie, en Europe et aux États-Unis sur des opérations de M&A, des démarches d'innovation et des repositionnements stratégiques. Un profil qui tranche avec le parcours de son prédécesseur, ingénieur de formation issu du sérail Airbus et de l'administration française, qui traduit un choix clair : celui de privilégier un profil capable de décrypter un environnement en mutation rapide. « Son expérience dans une grande variété de secteurs industriels, y compris l'aérospatial et la défense, sera déterminante pour nous aider à transformer les bouleversements géopolitiques et technologiques mondiaux en opportunités stratégiques et à mettre en œuvre notre feuille de route à long terme. », a commenté Guillaume Faury, le directeur général d’Airbus.
Cet environnement s'est considérablement complexifié. Le groupe navigue entre une montée en cadence de production civile qui peine à suivre une demande record des compagnies aériennes, des tensions persistantes sur sa chaîne d'approvisionnement, et une recomposition accélérée du paysage géopolitique qui redistribue les cartes dans la défense. Parallèlement, la transition vers les nouvelles propulsions (hydrogène, électrique) pèse sur l'agenda technologique à moyen terme.
C’est dans ce contexte qu’Eric Kirstetter va prendre en main la réflexion stratégique du groupe. Sa légitimité ne repose pas sur une connaissance intime des rouages d’Airbus, mais sur un parcours de consultant chevronné, nourri d’expériences auprès d’acteurs de premier plan dans plusieurs industries et sur plusieurs continents. C’est précisément ce type d’analyse transversale que les grands cabinets de conseil facturent à prix d’or. Airbus a choisi de l’internaliser.
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