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Airbus muscle sa rentabilité et sa politique actionnariale / Le groupe vise 12 à 13 milliards d’euros de profit à l’horizon 2029

Après plusieurs années marquées par les tensions d’approvisionnement, Airbus estime désormais disposer d’une visibilité suffisante sur la demande comme sur sa production pour changer d’échelle. L’avionneur vise une hausse d’environ 75 % de son résultat opérationnel ajusté d’ici 2029 et lance un rachat d’actions de 5 milliards d’euros.
Guillaume Faury, directeur général d’Airbus, lors du Business Update 2026 organisé le 21 juillet à Londres, en marge du salon aéronautique de Farnborough.
Guillaume Faury, directeur général d’Airbus, lors du Business Update 2026 organisé le 21 juillet à Londres, en marge du salon aéronautique de Farnborough.

« Nous avons un niveau de visibilité que nous n'avons jamais eu auparavant. Nous avons mis beaucoup de défis derrière nous et nous avons dégagé le ciel pour avancer. » Devant les investisseurs réunis à Londres le 21 juillet, en marge du salon de Farnborough, Guillaume Faury a ainsi posé le cadre des ambitions financières d’Airbus pour les prochaines années. L’avionneur européen vise un résultat opérationnel ajusté de 12 à 13 milliards d’euros en 2029, contre 7,1 milliards en 2025, qui constituait pourtant déjà un record. Soit, en milieu de fourchette, une progression d'environ 75 % en quatre ans. Airbus entend parallèlement maintenir sur cinq ans un taux de conversion du résultat net en free cash-flow proche de 1. Le groupe a également annoncé un programme de rachat d'actions de 5 milliards d'euros sur trois ans, approuvé par le conseil d'administration. Les objectifs pour 2026, soit environ 870 livraisons d'avions commerciaux, 7,5 milliards d'euros de résultat opérationnel ajusté et 4,5 milliards de free cash-flow avant financement clients, restent inchangés.


La demande et l’offre enfin alignées


Cette confiance repose à la fois sur la vigueur de la demande et sur l’amélioration des capacités de production. La demande d'abord, avec un carnet de commandes de plus de 9 200 avions commerciaux et des prises de commandes records dans la défense. L'offre ensuite, longtemps le maillon faible : les dix lignes d'assemblage final de la famille A320, toutes capables de produire l'A321, sont désormais en place pour porter la production mensuelle à 70 à 75 appareils en 2027, le rachat des activités de l’équipementier américain Spirit AeroSystems a été finalisé fin 2025 et la chaîne d'approvisionnement s'est nettement rétablie. C'est cette conjonction qui permet désormais à Airbus, selon Guillaume Faury, de recourir à un instrument jusqu'ici laissé de côté. « Nous sommes désormais pleinement préparés à assembler ces appareils. La chaîne d’approvisionnement, qui avait été durement touchée par le Covid, se trouve aujourd’hui dans une bien meilleure situation », a assuré Guillaume Faury.


L’A350 prépare déjà l’après-2029


L'aviation commerciale fournira l'essentiel de la marche à gravir, avec un résultat opérationnel ajusté attendu autour de 10 milliards d'euros en 2029, contre 5,5 milliards en 2025, porté par les volumes, un mix favorable, l'A321 représentant environ 75 % du carnet de commandes de la famille A320, et par une activité de services visant 10 milliards de dollars de revenus en 2030. Signe de la vigueur de la demande long-courrier, Airbus étudie de porter la cadence de l'A350 nettement au-delà des 12 appareils mensuels prévus en 2028. « Vous pouvez faire le calcul, ce ne sera pas 20, donc c'est quelque part entre les deux », a indiqué Lars Wagner, le nouveau patron de la branche, qui souhaite une décision du conseil d'ici à la fin de l'année. Le directeur financier Thomas Toepfer a toutefois prévenu que le « sweet spot » financier du programme, freiné à court terme par la courbe d'apprentissage de l'A350 fret et par les contrats des clients de lancement, se situe au-delà de 2029 : « Ce n'est pas une montée en puissance incrémentale ou une amélioration incrémentale. C'est une amélioration significative que nous pouvons réaliser avec cette plateforme » dans la décennie 2030, a-t-il assuré.

Les deux autres divisions doivent représenter ensemble quelque 2,5 milliards d'euros de résultat opérationnel ajusté en 2029. La défense et l'espace, en plein redressement après les dépréciations de 2024, visent environ 1,3 milliard d'euros en 2029, au-dessus du milliard promis l'an dernier pour 2028. « Je suis heureux de dire que nous sommes en avance sur la courbe », s'est félicité Michael Schoellhorn, qui travaille par ailleurs à la mise en place de la coentreprise spatiale avec Thales et Leonardo, attendue en 2027. Les hélicoptères passeraient de 0,9 à environ 1,2 milliard d'euros.


Le rachat d’actions change d’échelle


L’accélération attendue des profits doit aussi se traduire par une hausse des retours aux actionnaires. Airbus prévoit de restituer à ses actionnaires environ 60 % du free cash-flow cumulé entre 2026 et 2029, au moyen des dividendes, avec un taux de distribution compris entre 30 % et 50 %, et du programme de rachat d'actions, après 7,2 milliards d'euros retournés sur les quatre dernières années. Interrogé sur le calibrage du programme, jugé prudent par certains analystes au regard des cash-flows annoncés, Thomas Toepfer a défendu « le bon équilibre en matière d'allocation du capital », en soulignant que « ce rachat d'actions est un mouvement tactique et ciblé fondé sur nos forces actuelles, plutôt qu'un engagement annuel permanent et récurrent ».

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