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Evenements / Droits de douane américains / Commission d'enquête sur les aides publiques

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Droits de douane américains / Commission d'enquête sur les aides publiques

Droits de douane américains : Bernard Arnault inquiet de la tournure prise par les négociations européennes / Son cri d’alarme sur la filière du Cognac

Auditionné par la Commission d’enquête sénatoriale sur les aides publiques, Bernard Arnault a tiré la sonnette d’alarme sur la menace des droits de douane américains. Le président-directeur général de LVMH craint une négociation mal conduite par Bruxelles et exhorte les responsables politiques, y compris français, à adopter une stratégie plus efficace - à l’image du Royaume-Uni - pour éviter, notamment, un effondrement de la filière du Cognac.
Bernard Arnault (Photo by Dimitar DILKOFF / AFP)
Bernard Arnault (Photo by Dimitar DILKOFF / AFP)

La mise en garde fut claire. Pour Bernard Arnault, président-directeur général du groupe LVMH, l’Union européenne est en train de faire fausse route dans ses négociations commerciales avec les États-Unis au sujet des droits de douane. "Il est très important que l’Europe parvienne à trouver un accord avec les Etats-Unis. Je dirai que jusqu’à aujourd’hui, cela me paraît relativement mal parti. Je ne suis pas sûr que cette négociation soit menée comme il faut au niveau européen", a estimé Bernard Arnault, auditionné par la Commission d’enquête sénatoriale sur les aides publiques, plaidant pour une approche plus pragmatique. " La négociation doit être menée de manière constructive, pour aboutir à une solution, avec des concessions réciproques. Les Anglais ont très bien négocié", a-t-il fait remarquer, confiant espérer pouvoir convaincre les autorités européennes et américaines de discuter sur de meilleures bases.

 

La filière Cognac en danger

 

Car, selon le dirigeant, derrière ces tensions commerciales se profile une menace bien concrète : celle qui pèse sur la filière du Cognac. "Le risque pour la France est majeur. J’ai l’impression qu’en France, l’on n’est pas conscient du problème. Or, Aujourd’hui, environ 80 % des ventes de Cognac dans le monde se font avec la Chine et les Etats-Unis. Il y a un problème très sérieux avec la Chine du fait de son enquête anti-dumping – réponse directe à l’Europe qui a décidé de taxer les véhicules électriques chinois – et nous avons le problème de la négociation globale des droits de douane avec les Etats-Unis ", a rappelé Bernard Arnault, évoquant un scenario noir. "Imaginons le pire : si la Chine reste sur sa position avec des droits de douane - d’environ 40 % reportés pour l’instant en juillet - et qu’aucun accord n’intervienne entre les Etats-Unis et l’Europe, cela signifiera de manière concrète que nous ne pourrons plus vendre de Cognac à ces deux pays. C’est pourtant 80 % de la viticulture de la Charente, 80 000 emplois. Les conséquences seraient catastrophiques", a-t-il alerté.

Et Bernard Arnault d’appeler à un sursaut politique. "Il faut tout faire pour négocier, comme l’on fait les Anglais. Menacer Donald Trump de cesser d’investir aux États-Unis serait contre-productif. Il est de l’intérêt général de ce pays de prendre conscience de l’enjeu et de motiver les pouvoirs publics à agir".

 

Une logique économique

 

Interrogé justement sur les propos du président de la République, Emmanuel Macron, qui avait appelé en avril dernier les entreprises françaises à retarder leurs investissements outre-Atlantique en réponse à la menace des droits de douane américains, le président-directeur général de LVMH s’est montré ferme. "Je considère que le groupe LVMH est peut-être le groupe le plus patriote qui existe en France, et dans le CAC 40. Quand j’ai repris le groupe, et notamment Louis Vuitton, en 1989, il produisait déjà aux Etats-Unis. Aujourd’hui, c’est un avantage car il y a cette menace de droits de douane". Et de conclure : "faut-il arrêter l’expansion d’une implantation existante aux Etats-Unis parce que nous recevons des consignes ? Je crois qu’il est très mauvais pour l’Etat de se mêler de la gestion des entreprises privées. En général, cela mène à la catastrophe".

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