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Matières premières critiques : Bruxelles amorce une nouvelle étape / 47 projets stratégiques identifiés

La Commission européenne a adopté une liste de 47 projets destinés à renforcer l’autonomie de l’Union en matières premières stratégiques qu’elle va soutenir aux côtés des Etats membres. Cette initiative, qui s’inscrit dans le cadre du Critical Raw Materials Act entré en vigueur en mai 2024, vise à sécuriser l’approvisionnement en matériaux essentiels aux transitions écologique et numérique.
Stéphane Séjourné, vice-président exécutif chargé de la prospérité et de la stratégie industrielle - Dursun Aydemir / ANADOLU / Anadolu via AFP
Stéphane Séjourné, vice-président exécutif chargé de la prospérité et de la stratégie industrielle - Dursun Aydemir / ANADOLU / Anadolu via AFP

L’exécutif européen franchit une nouvelle étape sur les métaux stratégiques. Pour mémoire, face à la dépendance croissante de l’Union européenne aux importations de matières premières stratégiques, la Commission européenne a adopté en mai 2024 la législation sur les matières premières critiques (Critical Raw Materials Act - CRMA). Ce texte vise à garantir un approvisionnement stable en matériaux essentiels aux transitions écologique et numérique, ainsi qu’à l’industrie européenne, notamment dans les secteurs des batteries, des énergies renouvelables, de l’aérospatiale et de la défense.

Ainsi, il a pour objectif qu’au moins 10 % de la consommation annuelle de l’UE doit être couverte par l’extraction sur le territoire européen, 40 % par la transformation et 25 % par le recyclage. Le texte impose également une diversification des sources d’approvisionnement en limitant la dépendance à un seul pays tiers à un maximum de 65 %. En vue de répondre à ces exigences, la Commission a lancé, dès l’entrée en vigueur de la loi, un appel à projets stratégiques destiné à soutenir le développement d’infrastructures européennes d’extraction, de transformation et de recyclage des matières premières critiques. "Au tout début de nos chaînes d’approvisionnement les plus stratégiques, ce sont les matières premières. Elles sont également indispensables à la décarbonation de notre continent. Mais l’Europe dépend actuellement des pays tiers pour la plupart des matières premières dont elle a le plus besoin. Nous devons augmenter notre propre production, diversifier notre offre extérieure et constituer des stocks", a déclaré Stéphane Séjourné, vice-président exécutif chargé de la prospérité et de la stratégie industrielle.

À l’issue de cet appel, qui s’est clôturé en août 2024, la Commission a évalué les candidatures avec l’appui d’experts indépendants. Sur cette base, elle a retenu 47 projets stratégiques répartis dans treize États membres : Belgique, France, Italie, Allemagne, Espagne, Estonie, Tchéquie, Grèce, Suède, Finlande, Portugal, Pologne et Roumanie. Ces projets couvrent 14 des 17 matières premières stratégiques identifiées par le CRMA, dont le lithium, le nickel, le cobalt, le manganèse et le graphite, particulièrement essentiels à l’industrie des batteries.

"Pour devenir opérationnels, les 47 projets stratégiques devraient bénéficier d’un investissement global en capital de 22,5 milliards d’euros. Ces projets pourront bénéficier d’un soutien coordonné de la Commission, des États membres et des institutions financières pour devenir opérationnels, notamment en ce qui concerne l’accès au financement et l’aide à la mise en relation avec les acquéreurs concernés", explique la Commission européenne.

A noter qu’ils bénéficieront également de dispositions rationalisées en matière d’autorisation, afin de garantir la prévisibilité pour les promoteurs de projets tout en préservant les normes environnementales, sociales et de gouvernance. La procédure d’octroi de permis ne dépassera pas 27 mois pour les projets d’extraction et 15 mois pour les autres projets. À l’heure actuelle, les processus d’autorisation peuvent durer de cinq à dix ans.

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