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pétrole; OCDE; étude économique

Macro-économie / Taux / Fonds souverain norvégien / Norvège / mal hollandais / Matières premières

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Fonds souverain norvégien / Norvège / mal hollandais / Matières premières

Le bon élève norvégien n’est pas à l’abri de voir son modèle vaciller / L’OCDE enjoint au pays nordique de ne pas se reposer sur ses lauriers

Bon nombre de pays regardent avec envie la Norvège, pourtant celle-ci n’est pas immunisée contre les erreurs de gouvernance. Oslo peut certes compter sur la manne pétrolière et gazière, ainsi que sur le puissant fonds souverain constitué au fil des années, cependant l’OCDE voit un certain nombre de points d’attention pouvant faire vaciller le modèle. Lesquels concernent tant l’éducation, que l’explosion de la dépense publique, en passant par une productivité en berne.
Drapeau norvégien. Photo par ARTUR WIDAK / NURPHOTO / NURPHOTO VIA AFP
Drapeau norvégien. Photo par ARTUR WIDAK / NURPHOTO / NURPHOTO VIA AFP

Le mal hollandais ne semble pas encore avoir atteint la Norvège. Celle-ci n’est pas pour autant totalement immunisée contre cette malédiction frappant régulièrement les grands exportateurs de matières premières. Ceux-ci sont à de nombreuses reprises au cours de l’histoire rentrés dans une spirale infernale où la manne apportée par l’exploitation de ces ressources a fini par nuire à leur économie. Principalement par le fait que le reste de l’économie a décliné au fur et à mesure que le pays se spécialisait dans des exportations bien spécifiques.

Ce qui peut améliorer significativement la santé financière de l’Etat et des ménages, peut se révéler une dépendance fatale dès lors que ce pan de l’économie vacille. Les autres secteurs étant incapables de prendre le relais en raison d’un déclin irrémédiable de leur productivité. L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) vient de publier son étude économique consacrée à la Norvège et le moins qu’on puisse dire c’est que certains éléments de cette malédiction semblent y être présents. Il est notamment question d’une « croissance de la productivité [qui] est en baisse depuis deux décennies et est désormais inférieure à la moyenne de l’OCDE ».

 

Déclin

 

Une dynamique qui pourrait s’amplifier quand on prend connaissance de l’état du système éducatif norvégien, l’institution constatant que « les résultats scolaires des jeunes se sont dégradés au cours de la dernière décennie ». Alors même que les dépenses associées sont qualifiées d’élevées, les propositions de l’OCDE ne suggèrent pas de les augmenter davantage mais plutôt de mettre fin à l’usage d’appareils numériques dans le primaire et le début du secondaire ou encore de repenser les programmes.

Les largesses financières du Royaume ne l’exonèrent pas non plus de surveiller le bon usage des deniers publics, les deux dernières décennies ont ainsi vu exploser la dépense publique en pourcentage du PIB. Laquelle a augmenté jusqu’à « atteindre 60 %, soit le niveau le plus élevé de tous les pays de l’OCDE » et ce sans permettre de conserver un rythme de croissance du PIB élevé. Cette dernière ayant été de 1,1 % en 2025, avant d’être attendue à 1,3 % en 2026 et 1,2 % l’an prochain. Les solutions préconisées par Luiz de Mello, le directeur de la Branche des études nationales de l’OCDE, font la part belle à la productivité et au potentiel de croissance. Il est notamment question de diminuer les obstacles réglementaires, tant ces derniers freinent l’activité des entreprises.

 

Dépoussiérer

 

C’est tout particulièrement le cas pour les start-ups, qui souffrent dans le pays nordique de procédures administratives loin d’être rationalisées. La puissance publique semble avoir des sérieux progrès à faire et non pas uniquement pour faciliter la vie des entrepreneurs. Les années de forts investissements publics ont ainsi permis la constitution d’un solide capital en termes d’infrastructures publiques, malheureusement désormais l’OCDE pointe du doigt « le risque de sélectionner des projets peu efficaces au regard de leur coût [qui] est comparativement élevé ».

La manne pétrolière permet certes de disposer de fonds domestiques conséquents disponibles pour investir, il semble cependant que cela ait conduit le pays à négliger les investisseurs étrangers. Pourtant là où le pays compte un PIB par habitant, des revenus et des niveaux de vie parmi les plus élevés de la zone OCDE, ses dépenses de R&D en pourcentage du PIB sont décevantes. Celles-ci sont pour l’heure « inférieures à la moyenne de l’OCDE et à la traîne par rapport aux autres pays nordiques ». Les prémices du mal hollandais sont perceptibles, l’OCDE expliquant qu’au vu de la « structure économique de la Norvège, fortement axée sur les matières premières, le renforcement de la R & D pourrait contribuer à réduire la dépendance vis-à-vis du secteur des matières premières, à diminuer l’exposition à des fournisseurs géographiquement concentrés et à favoriser la diversification ». Des partenariats avec l’Union européenne et ses voisins sont évoqués comme une façon de réduire le coût de la R&D.

 

Inspirer

 

Un continent où la Norvège pourrait bien gagner à regarder, pour arriver à ce que ses entreprises atteignent une taille critique. L’OCDE regrette que le pays nordique ne capitalise pas sur un taux de création des entreprises supérieur à celui de nombreux pays de l’UE, puisque le taux de survie des jeunes entreprises – expliqué comme celles qui sont encore présentes sur le marché cinq ans après leur création - est plus faible en Norvège que dans la majorité du Vieux continent. Celles qui survivent sont également d’une taille inférieure à celles des autres pays, ce qui est dommageable étant donné que les jeunes - âgées de 1 à 9 ans - et petites entreprises - entre 10 et 49 salariés - occupent une place conséquente dans l’innovation norvégienne. Elles n’arriveraient pas à passer à l’étape supérieure et commenceraient malheureusement à voir leur part dans la R&D nationale décliner.

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