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Macro-économie / Taux / hégémonie / Matières premières / GSA

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Le commerce de matières premières attire les convoitises / Les pays producteurs veulent leur part du gâteau

L’hégémonie du dollar n’est pas la seule à être remise en question, celle des Bourses occidentales sur les échanges de matières premières est également jalousée de près. Néanmoins comme pour le billet vert la tâche ne sera pas aisée pour supplanter places financières et firmes dominantes. Global Sovereign Advisory imagine que certains pays producteurs puissent avoir des marchés dont le poids soit plus en adéquation avec leur poids en termes de production.
Sacs de riz. Photo by Adalberto ROQUE / AFP
Sacs de riz. Photo by Adalberto ROQUE / AFP

Un billet vert qui ne se cantonne pas aux seuls marchés des changes. Les Bourses occidentales ont pu asseoir leur domination sur les échanges de matières premières en grande partie de par la dollarisation de ces marchés. Ce n’étaient pas moins de 90 % des matières premières qui étaient encore cotées en dollars à date de 2014. Une financiarisation bienvenue pour asseoir l’hégémonie d’acteurs bénéficiant également du privilège d’avoir été les premiers à émerger.

Le cabinet de conseil Global Sovereign Advisory (GSA) met au premier plan les acteurs américains qui se sont en partie taillé la part du lion, difficilement concurrencés par " l’importance économique de l’Union européenne [qui lui] a également permis de coter des contrats en euros notamment sur le blé, une des principales productions du continent". Du côté de la FAO, on arguait par la voix de son directeur général que " les économies émergentes détermineront de plus en plus l’évolution des marchés agricoles mondiaux" en raison de l’érosion de la part de marché des pays développés. L’émergence de bourses agricoles locales est certes réelle depuis le début du siècle, leur succès n’en est pas moins jugé par GSA tel " inégal selon les régions et les modèles adoptés".

 

Temps long

 

Parmi les projets en vogue, on retrouve celui des BRICS lancé en 2024, visant à construire marché à terme sur les céréales et éventuellement les oléagineux et légumineux. Une volonté logique de dédollariser leurs échanges grâce à leur pouvoir de marché, chez GSA on appelle pourtant à la prudence en rappelant que " cette mise en place prendra du temps avant qu’il soit possible de formaliser les premiers contrats et de gagner la confiance des investisseurs mondiaux". Ce qui n’exonère pas non plus des problèmes plus concrets de réalisation technique et de la concurrence déjà existante.

D’autres Bourses agricoles de pays émergents ont en effet tiré leur épingle du jeu et pèsent désormais à l’échelle mondiale. Elles sont énumérées comme étant le "National Commodity & Derivatives Exchange (NCDEX) et le Multi Commodity Exchange (MCX) en Inde [qui] assurent la cotation de nombreux produits stratégiques (riz, blé, coton, sucre)" ou encore " le Bursa Malaysia Derivatives (BMD) et, en Amérique latine, le B3 brésilien ou le MATba-ROFEX argentin [lesquels] pèsent sur les cours mondiaux de produits agricoles de base". Le contrat n’est néanmoins que partiellement rempli pour ces différentes institutions étant donné que certes elles "permettent de protéger en partie les marchés locaux de la volatilité des prix et de faciliter la fixation d’un prix local, elles ne permettent pas toujours d’influencer les prix au niveau mondial".

Ce serait notamment le cas en Afrique où les Bourses jouent "souvent un rôle très secondaire dans la fixation des cours mondiaux des denrées concernées. Cela s’explique par le fait que les volumes traités – à l’exception de la SAFEX sud-africaine et de l’ECX éthiopienne – restent relativement faibles". À cet égard la Chine est encore une fois en pointe parmi les émergents, avec pas moins "de trois des cinq bourses les plus importantes en nombre de contrats annuels". Le cabinet de conseil explique ce poids conséquent par la double casquette de l’Empire du milieu ; il est à la fois un producteur de premier plan tout en demeurant un importateur conséquent de maïs ou autre huile de palme.

 

Retour en arrière

 

L’autre problème majeur à résoudre pour les économies en développement serait la gestion des stocks agricoles, chez GSA on parle d’une "vente de détresse après récolte" comme "restant un frein majeur à l’amélioration des revenus agricoles dans beaucoup d’économies en développement". D’autant plus que "dans les pays développés, les réformes libérales des années 1990 avaient abouti à un désengagement progressif des États dans celle-ci". Ce sont désormais les stocks privés plus opaques, moins conséquents et "dont les gestionnaires sont sensibles aux signaux de prix" qui font la loi.

Un chemin bien différent de celui pris par l’Inde et la Chine, lesquelles "ont conservé ou renforcé leurs politiques de stockage stratégique, avec des institutions capables d’agir comme stabilisateurs de marché". Reposant en partie sur la méthode du récépissé d’entreposage, ce dernier offrant " une solution concrète en permettant aux producteurs de stocker leurs récoltes dans des entrepôts certifiés et d’obtenir un crédit garanti sur la base du récépissé". Son élargissement sur la planète n’est pas pour autant une chose aisée, certes la stabilité des prix au "travers d’une gestion publique relativement transparente des stocks a participé au développement des modèles occidentaux" est plébiscité par GSA et pourtant les spécialistes conviennent que la volonté politique est largement divergente d’un pays à l’autre.

Des équipes qui expliquent qu’effectivement "l’Éthiopie ou la Côte d’Ivoire développent un modèle hybride mêlant régulation publique et participation privée. Le Brésil privilégie l’adossement aux standards internationaux (cotation en dollars), alors que la Chine cherche à contrer la prédominance du dollar en proposant des contrats libellés en renminbi".

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