Macro-économie / Taux / GSA / Dette / dette publique
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GSA / Dette / dette publique
Un financement des États par le secteur bancaire domestique loin d’être anodin / Le secteur privé peut se retrouver à en faire les frais
Une très chère dette qu’il faut bien rembourser. Et ce d’autant plus que les acteurs économiques ont des besoins de financements toujours plus importants, lesquels poussaient l’OCDE à tirer la sonnette d’alarme ces dernières semaines. Les besoins souverains étant de plus en plus confrontés à la concurrence exacerbée des acteurs privés et tout particulièrement celui des acteurs impliqués dans l’IA. Pas de quoi faire les affaires des pays ayant du mal à accéder aux marchés obligataires internationaux – au nombre d’un quart des économies émergentes et en développement selon les données de la Banque mondiale en 2023. Les flux de capitaux à destination des économies émergentes ont de leur côté rebondit depuis leur point bas de 2022 – 2,8 milliards de dollars – avec une reprise des flux en 2024 et 2025. Pas de quoi permettre pour autant de retrouver les niveaux enregistrés entre 2019 et 2021. Une période durant laquelle les faibles taux d’intérêt avaient poussé les investisseurs à allouer des capitaux aux pays en développement afin de trouver du rendement.
Certaines zones géographiques sont plus concernées que d’autres, les équipes de Global Sovereign Advisory (GSA) expliquant que « les banques des pays du Moyen-Orient et d’Afrique affichent, en moyenne, des niveaux d’exposition plus élevés (à la dette souveraine domestique ndlr) que celles d’Asie de l’Est et celles d’Amérique latine ». L’ensemble des pays émergents et en développement n’en demeure pas moins exposé au phénomène, qu’il soit récent localement ou non. Pour certaines des plus grandes économies émergentes – dont font partie le Mexique et Brésil – le niveau d’exposition était déjà « historiquement élevé mais n’a que peu varié depuis 2020 ».
Domino
Les seules exceptions relevées par les équipes du cabinet de conseil aux gouvernements comptent parmi elles quelques pays d’Amérique latine, qui voient les banques y détenir une portion congrue de la dette publique. Un atout précieux puisqu’il est largement partagé la crainte que cette exposition renforcée des banques domestiques à la dette souveraine ne s’accompagne d’effets indésirables sur les crédits accordés au secteur privé. Chez GSA on n’exclut effectivement pas que « la contrainte exercée sur les banques par les gouvernements, afin de les pousser à acquérir des titres publics pour financer leurs déficits, ainsi que l’exposition accrue aux risques de pertes sur ces avoirs en cas de tensions sur les finances publiques », ne se traduise par des prêts moindres accordés aux ménages et aux entreprises par les banques.
La croissance pourrait logiquement pâtir de cet effet d’éviction, certains pays y seraient davantage sujets que d’autres tels que le Kenya, l’Algérie ou encore les Philippines. Autant de pays dans lesquels « la relation entre la détention d’avoir en dette publique par les banques domestiques et la croissance du crédit au secteur privé est significativement négative ». Pour d’autres pays – dont font partie le Brésil, le Pakistan et l’Argentine, la forte exposition des banques domestiques à la dette souveraine ne semble pas s’accompagner d’effets indésirables sur le crédit au secteur privé pour l’heure. Reste à savoir si ces constats resteront valables dans le cas d’une poursuite de la dynamique, compte tenu de la marge de progression qu’il existe encore ; l’exposition moyenne à la dette souveraine des banques des économies à faible revenu étant passée de 12,8 % – entre 2005 et 2009- à 18,3 % – de 2020 à 2024.
Prudence
Une dynamique qui n’est pas sans conséquence, le Fonds monétaire international explique néanmoins que la corrélation négative entre les créances des banques sur l’État et le crédit au secteur privé doit être interprétée avec précaution étant donné qu’elle n’est pas synonyme d’effet d’éviction sur le crédit. Que ce soit en raison d’une répression financière opérée par les pouvoirs publics, d’un arbitrage favorable à la dette publique relativement à celle privée ou encore en raison d’incitations fiscales. Cependant chez GSA on rappelle que le FMI établit qu’une « relation négative entre les crédits accordés par les banques au secteur privé et les avoirs en titres d’État dans les économies émergentes et en développement » est notamment observable en période de crise, lors de « rééquilibrage des portefeuilles des banques vers des actifs publics plus sûrs et plus liquides ».
Une autre conséquence délétère de cette plus grande détention de la dette souveraine par les entités bancaires locales est à trouver dans la dégradation de la qualité de la gestion de ces dettes publiques. Les équipes de GSA relatant que « plus les banques domestiques détiennent de dette souveraine, plus le gouvernement peut être tenté de relâcher la discipline, ce qui peut se traduire par une gestion de la dette moins ‘prudente’ ». Ce qu’on peut interpréter tel un répit accordé par l’engagement plus important des banques domestiques, ce qui n’empêche pas les retards dans l’assainissement budgétaire de perdurer et peut « en réalité repousser les problèmes jusqu’à ce que la dette atteigne des niveaux élevés ».
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