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Macro-économie / Taux / attractivité / France

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Attractivité : la France confrontée à de nombreux défis / Italie et Espagne pourraient lui voler sa couronne

S’ils jugent que la France dispose d’atouts « solides » en matière d’attractivité économique, les conseillers au commerce extérieur de la France estiment qu’elle doit également s’améliorer sur de nombreux points. Si elle n’y parvient pas, cela fera les affaires de ses voisins.
Ludovic MARIN / AFP
Ludovic MARIN / AFP

L’attractivité économique de l’Hexagone résiste. "Si le contexte aurait pu entraîner un décrochage, force est de constater que la France a su conserver son attractivité auprès des investisseurs internationaux, et apparaît notamment comme une terre d’innovation reconnue", estiment les conseillers au commerce extérieur (CCE) de la France (dirigeants d’entreprises qui mettent bénévolement leur expérience au service du développement économique international de la France), à l’occasion de la publication du nouveau baromètre Indice d’attractivité du territoire (IAT). 2065 CCE, chefs d'entreprise et experts de l'international répartis dans 150 pays ont répondu à l’enquête.

Selon les CCE, les points forts de la France incluent plusieurs domaines clés. En ce qui concerne les infrastructures et l’innovation, 96 % des sondés saluent la qualité des infrastructures, tandis que 86 % soulignent la force du système de soutien à l’innovation. La sécurité juridique et la protection sociale sont également des atouts majeurs, avec 97 % mettant en avant la protection de la propriété industrielle, 88 % la sécurité juridique et 94 % l’accès à une protection sociale de qualité.

En matière de compétences et de formation, la qualité de la main-d’œuvre (91 %) ainsi que la facilité de recrutement (64 %) sont citées parmi les grands atouts de la France. De plus, la qualité de vie est un élément très apprécié, notamment l’environnement culturel (97 %) et la facilité d’accès et de choix de formation pour les enfants (85 %). Enfin, la politique énergétique de la France est jugée positivement par 64 % des répondants.

Reste que, l’économie française doit aussi affronter de nombreux défis. Tout d’abord, la complexité de la réglementation et du droit social est un point majeur, avec 79 % des interrogés notant la complexité des procédures administratives et le manque de flexibilité du droit social. Par ailleurs, 75 % s’inquiètent pour la stabilité fiscale, tandis que 62 % perçoivent comme angoissante l'instabilité législative et réglementaire. La sécurité reste également un sujet d’amélioration, car 55 % des CCE estiment que ce critère doit être amélioré, notamment pour les entreprises étrangères. La compétitivité de la main-d’œuvre est également un défi, avec 51 % des répondants considérant son coût comme représentant un point d’amélioration par rapport aux concurrents.

La perception de l´attractivité est selon les régions d’implantation des CCE dans le monde. Les CCE basés en Europe, en Amérique latine, au Moyen-Orient et en Eurasie qui reportent les perceptions dans leur entreprise mais également dans leur écosystème sont plus optimistes quant à l’attractivité que ceux installés en Amérique du Nord, en Asie-Pacifique et en Afrique.

En tout cas, la majorité des entreprises représentées par les CCE maintiennent leur engagement en France. "Seuls 3 % des répondants déclarent avoir annulé un projet d’investissement en 2024 ou 2025, et ceci essentiellement pour des raisons conjoncturelles. Toutefois, les investissements prévus pour les années à venir sont majoritairement d’ordre commercial (45 %) plutôt qu’industriel (24 %)", rapporte l’étude. "Les CCE sont plutôt confiants quant à la capacité de la France à attirer des sièges sociaux européens (57 %), mais surtout des centres de recherche et développement (79 %). Ces derniers sont clairement plébiscités par les CCE d’Amérique du Nord, d’APAC et d’Eurasie (>80%). Par ailleurs, la France conserve des atouts importants dans plusieurs secteurs d’avenir tels que l’intelligence artificielle (53 %), l’énergie et la décarbonation (79 %). L’enquête indique un renforcement de l´attractivité pour ces activités. Les CCE d’Amérique du Nord et du Moyen-Orient les voient particulièrement porteuses", peut-on lire.

Les CCE jugent qu’en termes d’attractivité, l’Irlande et les Pays-Bas restent des challengers solides de la France tandis que l’Espagne et l’Italie gagnent du terrain. "L’Espagne, en particulier, se positionne comme un concurrent montant. 83 % des répondants la considèrent attractive, et plus d’un quart la place désormais en tête des destinations européennes (hors France)", soulignent-ils. Plusieurs éléments justifient une telle situation favorable : "un coût de la vie raisonnable, une qualité de vie élevée, des infrastructures de qualité, un accès facile au foncier, des coûts salariaux comparativement plus faibles, un niveau élevé de sécurité, une stabilité politique, une bonne croissance et plus généralement un dynamisme économique qui attire les investisseurs".

L’Italie, elle, recueille 72 % de perception positive de son attractivité et les anticipations sont favorables pour que cette dynamique se poursuive en 2025. "Là où l’Italie apparaît la moins attractive est dans le champ de la réglementation, 15 % seulement des répondants l’identifiant comme un atout. Ces éléments négatifs sont en partie compensés par une excellente qualité de vie (54 % des répondants) pour les impatriés, et plus généralement par des conditions d’accueil favorables", indique l’étude.

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