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Politique économique / Rexecode / PIB / heures travaillées

Politique économique
Rexecode / PIB / heures travaillées

Ces autres pistes pour augmenter l’emploi en France / Les finances publiques pourraient en tirer profit

Les mois passent et le déficit d’emplois tricolore perdure. L’occasion pour différentes institutions de partager sur la place publique leurs convictions pour permettre à la France de rattraper son retard sur le reste du continent. Rexecode propose cette semaine son apport avec plusieurs propositions pour augmenter la quantité de travail hexagonale, avec en ligne de mire les quelque 800 000 emplois qui nous séparent du taux d’emploi moyen de l’Union européenne.
Recrutement. Photo by Jean-François FORT / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
Recrutement. Photo by Jean-François FORT / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

Les mêmes maux qui grèvent l’économie française encore et toujours. L’étude que consacre Rexecode à la question de la quantité de travail hexagonale va droit au but et argue qu’étant donné que le nombre d’heures travaillées par personne (de 15 à 74 ans) est inférieur en France par rapport à ses voisins, il lui faudrait "croître de 6 % pour atteindre la moyenne européenne, et de 9 % pour rejoindre l’Allemagne ou la Suède".

Là où le Conseil d’analyse économique parlait récemment de "gisements de travail" à explorer, allant des jeunes, à l’emploi des seniors ou encore considérant qu’il est possible d’augmenter la participation des femmes au marché du travail, Rexecode ne met pas de côté toutes ces pistes mais développe également d’autres propositions. La question est notamment reliée à la problématique des finances publiques.

 

Venu du Nord

 

On retrouve ainsi des mesures déployées dans les pays nordiques dans l’étude publiée par Rexecode, puisqu’il est argué que "le levier le plus efficace pour à la fois augmenter la quantité de travail et améliorer la situation des finances publiques est celui qui consiste à augmenter l’âge effectif de départ en retraite ainsi que le font les pays européens parmi les plus avancés socialement", notamment présents dans cette géographie.

La "TVA sociale" ou la "CSG sociale" sont quant à elles qualifiées comme étant "également pertinentes". Concernant la question de l’âge effectif de départ à la retraite, l’argumentaire d’un tel choix est étayé par des projections de l’Insee, en date de juin 2023, lesquelles considéraient que "le nombre d’actifs augmenterait de près de 1,1 million de personnes entre 2023 et 2030 sur la tranche des 55 à 69 ans". En s’appuyant sur l’historique récent dans lequel "les situations d’emploi sont maintenues lorsque l’âge de départ est repoussé", les équipes de Rexecode jugent que cela représente près d’un million d’emplois supplémentaires en 2030 par rapport à 2023.

 

Grandir

 

L’emploi pour l’emploi n’est pas pour autant prôné. Néanmoins en termes de création de richesses parvenir à "aligner la quantité de travail des 15 à 74 ans sur les autres pays européens augmenterait le PIB de 1 % (Finlande) à 5 % (Allemagne ou Suède)". Un calcul effectué en tenant compte d’une productivité plus faible concernant les heures additionnelles, il est ainsi fait état d’un ratio présent dans la littérature économique d’une productivité horaire amputée de 0,5 % pour toute hausse de 1 % des heures travaillées.

Pour autant la prudence est de mise et il est rappelé que les gains de revenu national ne se retrouvent " pas spontanément dans les recettes publiques". Des marges de manœuvre semblent cependant exister lorsqu’on constate qu’en "comparaison internationale, la France consacre une part plus importante de son PIB en politique de soutien à l’emploi, pour un résultat en termes de taux d’emploi qui la situe plutôt en deçà". Les incitations fiscales à effectuer des heures supplémentaires sont ainsi citées comme possédant "un effet positif sur le revenu des bénéficiaires, mais n’ont pas d’effets démontrés sur la durée effective du travail ".

À l’inverse, des politiques publiques ne relevant pas strictement de l’emploi sont évoquées comme pouvant augmenter ce dernier. On y retrouve pêle-mêle les "politiques en faveur de l’investissement dans le capital physique et la R & D", ou encore le "renforcement de la concurrence, l’allègement de la réglementation normative, l’optimisation de la structure des prélèvements obligatoires". Autant de moyens d’augmenter la quantité de travail en France, auxquels s’ajoute la qualité de la dépense publique dans deux domaines précis que sont la santé et l’éducation.

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