Publications, Résultats / Verallia / OPA / résultats annuels
Publications, Résultats
Verallia / OPA / résultats annuels
Après un exercice 2024 convalescent, Verallia prépare la suite / Un comité ad hoc pour étudier la première approche d'OPA de BWGI
La publication annuelle de Verallia était attendue ce jeudi. Car il y a quelques semaines, son actionnaire de référence qu’est la famille brésilienne Moreira Salles (détenant pour l’instant environ 28,8 % des parts du fabricant d’emballage en verre et 27,9 % de ses droits de vote) a annoncé son intention de lancer une offre publique d’achat (OPA) volontaire sur les actions que BWGI, sa société d’investissement, ne détient pas. Une manière d’offrir de la liquidité aux actionnaires en prenant le contrôle de l’ancienne filiale de Saint-Gobain, a assuré BWGI, sans intention de demander de retrait obligatoire de la cote. Mais la direction de Verallia n’aura finalement pas profité de cette publication pour donner davantage de détails quant à l’accueil de cette OPA.
Comme elle l’avait déjà fait savoir après l’annonce de BWGI, l’entreprise a simplement reconfirmé que son conseil d’administration avait constitué un comité ad hoc en son sein, réservé à ses membres indépendants. Il sera chargé d’assurer le suivi des travaux de l’expert indépendant – le cabinet Ledouble - et d’émettre une recommandation au conseil d’administration. Le prix retenu par BWGI serait de 30 euros par action et la société d'investissement avait indiqué son intention de mettre en œuvre des travaux confirmatoires dans les semaines suivant la publication des résultats de l'exercice 2024 du groupe.
Les voici donc. Verallia a rendu compte d’un chiffre d’affaires de 3,4 milliards d’euros, en repli de 11,5 % en organique. La faute à une baisse des volumes vendus de 4,3 %, mais aussi d’un effet prix/mix défavorable à hauteur de 9,4 %. C’est essentiellement en Europe du Nord et l’Ouest que l’activité a marqué le pas, du moins plus que dans le reste du monde. Les revenus du groupe y ont plongé de 21,6 % à taux de change et périmètre constants. "Les segments les plus en difficultés sont les spiritueux au Royaume-Uni et la bière en Allemagne", explique Verallia.
Une éclaircie hivernale
Au total, l’Ebitda ajusté ressort, de son côté, à 842,5 millions d’euros. Ce qui correspond à un recul de 24 %. La marge correspondante a néanmoins résisté, puisqu’elle s’est maintenue à 24,4 %, soit un recul limité par rapport aux 28,4 % de l’an passé. "Après une année 2023 exceptionnelle, Verallia a su s’adapter en 2024 à un marché incertain, marqué par la poursuite des effets de déstockage qui a pesé sur la reprise de la demande", a souligné son directeur général, Patrice Lucas.
La publication contient aussi quelques signaux positifs, puisque l’activité du groupe s’est redressée en fin d’année. Après avoir été amorcée au troisième trimestre, la reprise organique des volumes a été confirmée sur les trois derniers mois de 2024. L’Ebitda ajusté a quant à lui progressé de 4,3 % au quatrième trimestre, pour une marge de 24,5 % - contre 23,3 % un an auparavant. Dans l’ensemble, l’Ebitda a donc affiché une meilleure résilience au deuxième semestre, pointe le cabinet Oddo BHF, qui qualifie cette année 2024 de "convalescente" pour le groupe. L’indicateur n’a reculé "que" de 8,4 %, contre 35,4 % sur les six premiers mois de l’année.
Si la reprise pointe bel et bien le bout de son nez, l’année 2025 sera toutefois aux prises avec un certain nombre d’incertitudes. Parmi elles, une consommation européenne toujours atone et une recrudescence des tensions commerciales, susceptibles d’affecter les exportations de ses clients. Malgré tout, puisque la demande s’est quelque peu reprise en Europe ces derniers trimestres et qu’elle reste bien soutenue en Amérique Latine (le groupe y a enregistré une hausse de 21,1 % à change et périmètre constants), Verallia ne se montre pas trop inquiet.
Détails stratégiques en septembre
L'entreprise prévoit en 2025 d’atteindre un Ebitda ajusté proche de celui de 2024, en compensant l’impact négatif lié à l’effet de report des baisses de prix de l’année passé par une maîtrise de ses coûts et grâce à la poursuite de son plan d’amélioration de la performance. À cet égard, la réduction des coûts de production nette a notamment contribué positivement à l’Ebitda à hauteur de 64 millions d’euros. De plus, Verallia prévoit de multiplier par plus de deux sa génération de free cash-flow, ayant quant à elle été de 82,6 millions en 2024.
Le groupe présentera également sa stratégie et ses perspectives à moyen terme à l’occasion d’un Capital Markets Day, prévu en septembre 2025. En attendant, le titre Verallia s’affiche dans le rouge depuis l’ouverture de la séance à la Bourse de Paris. Cet après-midi, son titre recule encore d’environ 4 %, à 27,1 euros. Soit donc légèrement moins que les 30 euros que BWGI pourrait offrir par titre dans le cadre de cette éventuelle OPA, bien que le cours du groupe avait fortement progressé à la suite des premières fuites de l’information. "Sur cette base [de 30 euros, dividendes inclus], nous estimons la valorisation limitée (6,6 fois l’Ebitda et 10,1 fois l’Ebit [estimé en] 2025, soit une décote de 8 % [par rapport aux] ratios historiques)", calcule Oddo BHF. Un constat qui suivrait finalement les grandes tendances en matière d’offres publiques observées à la Bourse de Paris l’année dernière, l’intention de ne pas retirer Verallia de la cote une fois retranchée.
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