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Ipsos / résultats annuels
En dépit d’une croissance ralentie, Ipsos préserve sa profitabilité et suit sa stratégie de près / Une santé financière qui le place en position adéquate pour la poursuivre
Il vaut mieux prévenir que guérir, dit-on. Prévenir que les voyants sont de nouveau au vert et faire des annonces offrant des perspectives prometteuses, peut aussi faire son effet. Ipsos, qui avait déjà fait savoir que sa croissance organique annuelle ne tournerait finalement qu’autour de 1 %, mais que ses marges seraient préservées, en a fait la double démonstration avec sa publication annuelle. Comme cela avait anticipé, la croissance organique est ressortie à hauteur de 1,3 % en 2024. De même pour sa marge opérationnelle, alignée sur les prévisions, à 13,1 %. Et le champion des études de marché a été bien positionné au sein du palmarès du SBF 120 ce jeudi, alors que son titre a grimpé tout au long de la séance, pour clôturer sur une hausse de 8,3 %, à 48,6 euros. Grâce à une croissance externe plus dynamique (de 2,3 %), qui ne devrait pas être amenée à fléchir au regard de la politique du groupe menée en la matière, Ipsos a enregistré une hausse totale de 2,1 % de ses revenus, à 2,4 milliards d’euros.
L’activité a bien répondu à l’appel en Europe, en Amérique Latine et au Moyen-Orient. C’est du côté des États-Unis qu’elle a davantage fait défaut, en raison de l’incertitude politique et d’une baisse de la demande dans les services professionnels, qui ont particulièrement touché les activités d’affaires publiques et de santé de l’entreprise. Le ralentissement du climat des affaires au second semestre, notamment au Royaume-Uni, en France et dans certains pays d’Asie, n’a également pas aidé. "Malgré un ralentissement de la croissance, l’amélioration de la marge brute et une gestion prudente des coûts nous ont permis d’enregistrer un bon niveau de profitabilité", a commenté le directeur général d’Ipsos, Ben Page, à l’occasion de cette publication.
Juste équilibre
Car en parallèle, la marge brute d’Ipsos a progressé de 120 points de base en 2024, pour atteindre 68,7 %. La conséquence d’une forte croissance des services digitaux d’Ipsos, de gains d’efficacité sur les opérations, liés à une plus forte internalisation des panels et d’un effet de mix favorable. La marge opérationnelle, à 13,1 %, se situe donc au niveau qui avait été prévu à l’ouverture de l’exercice, reconfirmé par la suite. Le résultat net ajusté, part du groupe, a quant à lui progressé de 7 %, pour atteindre 244 millions d’euros. Enfin, la génération de trésorerie libre d’exploitation s’est établie à 216 millions d’euros (soit une hausse de 47 millions d’euros par rapport à 2023), tandis que les dettes financières nettes ont reculé de 63 millions d’euros sur un an. Ce faisant, le ratio de levier ne représente que 0,1 fois l’excédent brut d’exploitation.
Ipsos a aussi profité de l’année 2024 pour suivre sa feuille de route de près, tout d’abord du côté de son programme d’acquisitions. Elles lui ont permis de se renforcer nettement dans le domaine des affaires publiques et dans l’analyse de données, deux secteurs de prédilection. Les différents investissements technologiques réalisés ont aussi permis d’accélérer l’exécution de projets, contribuant également à la croissance de panels propriétaires, ou bien au déploiement de nouvelles offres reposant sur la plateforme d’intelligence artificielle générative du groupe, Ipsos Facto.
L’entreprise planche par ailleurs sur des travaux relatifs à l’utilisation de données synthétiques depuis la mi-2024, qui sont générées artificiellement et reflétant des comportements du monde réel, a-t-elle fait savoir à l’occasion de cette publication. Une manière de gagner en rapidité, en rentabilité et en confidentialité, même si la véracité de telles données appelle à en avoir qui sont propriétaires, volumineuses et de qualité, combinées à une expertise certaine en science des données et une interprétation humaine. Mais le groupe compte en tout cas s’y intéresser encore de près l’année prochaine, afin d’identifier les pour et les contre et d’affiner son approche.
Des marges de manœuvre
Presque désendetté, le groupe se trouve en bonne posture pour financer ses grandes priorités : l’accélération de la croissance, le renforcement des investissements et la poursuite des acquisitions. Depuis le début de l’année 2025, Ipsos s’est d’ailleurs offert une place de leader des études sociales et gouvernementales en Australie en mettant la main sur Whereto Research. Hier, l’entreprise annonçait aussi l’acquisition d’Ipec, un acteur des études d’opinion publique et politique au Brésil.
Pour l’année prochaine, Ipsos estime que son activité devrait se reprendre progressivement, du fait des bases de comparaison plus opportunes et d’un redressement anticipé aux États-Unis, où une nouvelle direction régionale a aussi été structurée. La croissance organique devrait ainsi être supérieure à celle de 2024 et la marge opérationnelle sera de l’ordre de 13 %. "Nos priorités en matière d’allocation de capital demeurent la poursuite des acquisitions et les investissements dans la technologie et nos panels", a ajouté Ipsos.
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