Macro-économie / Taux / neutralité carbone / Emploi / Direction générale du Trésor
Macro-économie / Taux
neutralité carbone / Emploi / Direction générale du Trésor
La grande incertitude liant emploi et neutralité carbone / Aucun consensus n’émerge
A ne plus savoir où donner de la tête. C’est peu dire qu’un des volets du rapport de la Direction générale du Trésor (DGT) sur les enjeux économiques de la transition vers la neutralité carbone, explore toutes les conséquences possibles du phénomène pour l’emploi. La nuance est immédiatement de mise avec un "effet net agrégé de la transition écologique sur l’emploi [qui] ne fait pas consensus dans la littérature économique : il peut être positif ou négatif selon les modèles ou les types de politiques environnementales".
Pour autant il est plus probable que l’effet agrégé soit d’ampleur limitée, d’autant plus que les effets seront liés intrinsèquement aux "instruments de politique publique mobilisés, ainsi que de l’utilisation qui sera faite des recettes de tarification carbone". Chez la DGT on considère également que "l’attractivité des emplois verts, qui représenteraient 12 % de l’emploi en 2021, est une condition de la réussite de la transition".
Compter
Les activités exposées à la transition sont recensées et caractérisée comme étant "liées à des biens et services dont la production ou l’usage est très émissif", et représentaient "8 % de l’emploi salarié en 2021, et les emplois les plus fortement exposés seulement 3 % de l’emploi salarié". Avec des concentrations géographiques souvent non négligeables.
Ces 3 % ou quelques 900 00 personnes ne sont pas pour autant une mince affaire, puisqu’ils nécessiteront à coup sûr une attention particulière. Le rapport se fait ainsi l’écho des reconversions à anticiper et d’un tissu économique affecté de façon encore incertaine à défaut de croître considérablement.
En cours
Certaines dynamiques sont néanmoins notables, il est ainsi argué que " les créations d’emplois verts sont deux fois plus rapides que la moyenne de l’économie ". On constate effectivement que les près de 300 000 créations nettes enregistrées entre 2016 et 2021 placent le secteur bien au-dessus du reste du marché de l’emploi. Ce qui se caractérise par une tension plus forte sur ce type d’emploi, à date de 2022 il s’avère que "66 % des projets de recrutements verts en France étaient difficiles à réaliser, contre 58 % en moyenne pour les projets de recrutements dans leur ensemble ".
Du côté de la DGT on souligne que cette situation reflète un décalage entre des employeurs friands de ces profils et des demandeurs d’emplois n’ayant que trop peu les compétences nécessaires pour subvenir à ce besoin. Un phénomène exacerbé par des emplois dit verts souvent plus exigeants tant sur le plan des connaissances que plus pénibles physiquement et en termes de nuisance.
On pourrait alors s’attendre à ce qu’une prime salariale verte, caractérisée comme un salaire plus élevé dans les activités vertes toutes choses égales par ailleurs, permette de diminuer ces facteurs. Pourtant les premiers travaux sur données britanniques, américaines et françaises tendent à démontrer que celle-ci "existe mais a diminué au cours des dix dernières années".
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

