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Macro-économie / Taux / Forum économique mondial / fragmentation / PIB

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Forum économique mondial / fragmentation / PIB

Cette très chère fragmentation / L’économie mondiale aurait du mal à en faire fi

Les politiques des gouvernants se montrent de plus en plus enclines à fragmenter la planète. Une situation qui inquiète les équipes du Forum économique mondial. Ce dernier estime que c’est jusqu’à 5 % du Produit intérieur brut mondial qui pourrait être amputé, l’inflation pourrait également profiter de ce phénomène pour faire son retour à des niveaux élevés.
Les frictions commerciales et géopolitiques pourraient fragmenter la planète et son économie. Photo by Owen O'Brien / ANP MAG / ANP via AFP
Les frictions commerciales et géopolitiques pourraient fragmenter la planète et son économie. Photo by Owen O'Brien / ANP MAG / ANP via AFP

Oubliez la crise financière ou bien la pandémie. Les conséquences d’une fragmentation prononcée à l’échelle mondiale pourraient être bien plus coûteuses que ces deux crises iconiques. Au-delà d’une facture pouvant s’élever jusqu’à 5,7 milliers de milliards de dollars, c’est également le volet inflationniste d’un scénario extrême qui est redouté par le Forum économique mondial.

Le rapport consacré estime qu’on pourrait voir "s’accroître l’inflation mondiale de plus de 5 % dans un scénario de fragmentation très élevée ". Matt Strahan, responsable des marchés privés au Forum économique mondial, considère que ces deux problématiques vont de pair et que "la fragmentation non seulement alimente l’inflation, mais a également un impact négatif sur les perspectives de croissance économique, en particulier dans les marchés émergents et les économies en développement qui dépendent d’un système financier intégré pour leur développement continu".

 

Déjà lancée

 

Chiffres à l’appui, les équipes du WEF étayent leur argumentaire en pointant du doigt des dynamiques à l’œuvre depuis quelques années. Une statistique du London Stock Exchange Group est ainsi relayée ; on relèverait "désormais plus de 70 000 personnes sanctionnées dans le monde, ce qui représente une augmentation de 370 %" depuis 2017. Daniel Tannebaum, associé et responsable mondial de la pratique de lutte contre la criminalité financière chez Oliver Wyman, considère quant à lui que "les mesures économiques telles que les sanctions, les contrôles à l’exportation et les droits de douane sont de plus en plus utilisés par les pays dans le cadre de leur politique étrangère", de quoi rendre crucial à ses yeux de parvenir à créer un cadre de gouvernance permettant d’éviter que l’économie mondiale en fasse les frais.

Il faut dire que la modélisation des relations commerciales rendue publique fait froid dans le dos ; le scénario d’un découplage complet des blocs "de l’Est" (comprenant la Chine et la Russie) et "de l’Ouest" (incluant tant les États-Unis que leurs alliés) est bien plus dévastateur que celui d’une fragmentation plus limité se cantonnant aux domaines relevant de la sécurité nationale et de la compétitivité. La croissance du PIB diminuerait près de dix fois plus dans le premier scénario, par rapport au second, et l’inflation serait près de neuf fois plus élevée.

 

Nouvelles règles

 

Un ensemble de propositions est soumis afin de circonscrire les risques évoqués précédemment, elles sont présentées comme devant permettre de "maintenir le fonctionnement du système financier et la confiance des marchés ". Le WEF expliquant qu’elles touchent "notamment le respect de l’état de droit, les droits de propriété, l’interopérabilité des systèmes et la prévention de l’expropriation unilatérale des actifs souverains".

Tous les pays ne semblent pas avoir les mêmes incitations à y adhérer, particulièrement dans le découplage le plus brutal évoqué puisqu’il est argué que les pays non alignés se trouveraient pris au dépourvu. Ils n’auraient effectivement pas d’autres choix que de se mettre à "commercer exclusivement avec leur partenaire économique le plus important ", ce qui pourrait avoir comme conséquence que plus de 10 % du PIB soit affecté. La publication du WEF estime que ce serait l’Inde, le Brésil, la Turquie et les économies émergentes d’Amérique latine, d’Afrique et d’Asie du Sud-Est qui seraient les plus touchés.

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