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Etats-Unis; inflation; croissance

Macro-économie / Taux / Oliver Wyman / Forum économique mondial / fragmentation

Macro-économie / Taux
Oliver Wyman / Forum économique mondial / fragmentation

La facture de la fragmentation mondiale commence déjà à grimper / Les pays émergents paient un lourd tribut

Une réalité qui frappe durement l’économie mondiale. Celle-ci ne peut pas ignorer la fragmentation qu’elle connaît et subit. Selon le Forum économique mondial, son coût atteint déjà entre 213 et 307 milliards d’euros par an. Ce dernier évoque également des conséquences sur l’inflation, de l’ordre de 0,2 à 0,3 point de pourcentage additionnel à l’échelle du globe.
Des partenaires commerciaux autrefois proches s'éloignent aujourd'hui. Photo par GEOFF ROBINS / AFP
Des partenaires commerciaux autrefois proches s'éloignent aujourd'hui. Photo par GEOFF ROBINS / AFP

Nul n’est épargné. Les données publiées par le Forum économique mondial (WEF) font froid dans le dos et témoignent d’une accélération de la fragmentation des relations commerciales entre les économies, apportant son lot de conséquences néfastes pour les systèmes financiers, d’investissement ou d’échanges. En s’appuyant sur une collaboration avec Oliver Wyman, les équipes du WEF expliquent constater que les droits de douane et les restrictions à l’investissement sont de plus en plus courants entre des économies traditionnellement alignées.

C’est ainsi le cas des États-Unis, de l’Union européenne, du Canada ou encore du Japon et de la Corée du Sud. De quoi faire grimper les coûts associés pour les entreprises et accroître l’incertitude pour les investissements à l’étranger et autres chaînes d’approvisionnement. Pour autant, nous ne sommes malheureusement peut-être pas au bout de nos peines avec des risques réels d’escalade et de perturbations économiques durables. En se plaçant dans l’hypothèse d’une accélération des dynamiques actuelles, le WEF imagine qu’il est possible de déboucher « sur des scénarios de fragmentation plus sévères, [dans lesquels] les pertes mondiales pourraient atteindre 6 900 milliards de dollars, soit 6,4 % du PIB mondial ».

 

Voile opaque


Les regrets sont légion dans la publication de l’institution : Daniel Tannebaum, associé et responsable mondial du pôle Lutte contre la criminalité financière chez Oliver Wyman, ne dit pas autre chose et explique que lors de ses échanges « avec des dirigeants d’entreprise du monde entier, le constat est unanime : ce dont les entreprises ont le plus besoin actuellement, c’est de prévisibilité, et elles ne l’obtiennent pas ».

Un monde dans lequel les grands perdants sont bien souvent les marchés émergents et les économies en développement (EMDE). Celles-ci seraient vraisemblablement « les plus durement touchées par les conséquences d’une fragmentation financière croissante ». La projection dans le scénario de fragmentation le plus extrême verrait les pays situés en dehors des grands blocs géopolitiques, essentiellement EMDE, potentiellement subir des pertes de production de l’ordre 10,7 %, contre un recul mondial agrégé de 6,4 %. Ces pertes s’expliqueraient notamment par le fait que ces économies doivent recourir massivement aux marchés de capitaux internationaux, en raison d’une offre domestique pour le moins limitée.

 

Tenir le cap

 

Au-delà des vœux d’une situation géopolitique plus apaisée, le WEF suggère quelques pistes pour atténuer la fragmentation dans les années à venir. Il y est question d’arriver à des accords pour préserver « la sauvegarde de l’état de droit et de la politique monétaire indépendante, la limitation de la saisie des actifs souverains », ou encore de s’accorder sur un ensemble de règles encadrant « le recours aux politiques économiques stratégiques qui favorisent les objectifs de sécurité nationale et de résilience sans nuire à la croissance mondiale ».

L’accent est également mis sur la prévisibilité des politiques, afin de permettre aux flux d’investissement de demeurer stables dans le temps. Un autre axe d’effort recommandé est celui d’un maintien de l’interopérabilité entre les systèmes de paiement et de monnaie numérique et ce tout en préparant les entreprises à un environnement opérationnel géoéconomique plus fragmenté.

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