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IA / Forum économique mondial
Les chefs économistes tempèrent leur optimisme pour l’IA / Dans un environnement dégradé pour l'économie mondiale
Une détérioration on ne peut plus logique. Difficile de verser dans l’excès d’optimisme au vu des événements géopolitique survenus depuis le début de l’année. Les enquêtes menées, auprès de la communauté des économistes en chef du Forum économique mondial, témoignent des nuages noirs qui se sont amoncelés au-dessus de l’économie ces derniers mois. Désormais, ce ne sont pas moins de neuf économistes en chef interrogés sur dix qui s’attendent à ce que la croissance mondiale s’affaiblisse au cours des 12 prochains mois, un retournement comparé à ce qui était qualifié « d’optimisme prudent observé au début de l’année ». L’absence de perspective sur la fin effective du conflit au Moyen-Orient étant dans toutes les têtes.
Pour des raisons bien différentes, l’optimisme quant à la vitesse des gains de productivité grâce à l’adoption de l’IA est aujourd’hui plus mesuré que par le passé. Certes, 92 % des économistes en chef s’attendant à une plus grande adoption de l’intelligence artificielle au cours de l’année à venir, les attentes ont cependant baissé dans la plupart des secteurs. A l’exception notable de celui des technologies de l’information et du domaine l’éducation, pour lesquels les attentes sont restées stables. À l’inverse ce sont l’ingénierie, la construction, les services publics, les services médicaux, les soins de santé qui ont vu les attentes être révisées largement à la baisse.
Fragmentation
Un autre consensus de l’enquête est la forte divergence des dynamiques de croissance, les équipes du Forum économique mondial expliquant que « les États-Unis et l’Inde devraient maintenir une croissance modérée à forte, bien que les deux soient confrontés à de nouvelles pressions inflationnistes ». Il faut croire que les nouvelles ambitions des dirigeants chinois ont convaincu, puisque les perspectives sur l’Empire du milieu se sont améliorées depuis janvier. L’Europe devrait quant à elle continuer à faire face à « une croissance plus faible, à des chocs énergétiques et à des risques croissants de stagflation ». Une conséquence des réorganisations des choix d’investissements et des chaînes d’approvisionnements.
Celles-ci devant bénéficier essentiellement aux États-Unis, à l’Inde et à l’Asie du Sud-Est. Autant de destinations qui sont « considérées comme les lieux d’affaires les plus attrayants ». Pour autant, Saadia Zahidi, directrice générale du Forum économique mondial, insiste sur le fait que le conflit au Moyen-Orient reste éminemment néfaste pour l’économie mondiale et expose que « plus la perturbation dure longtemps, plus le coût à long terme est lourd pour ceux qui peuvent le moins se le permettre ». Dans son sillage ce sont près de 94 % des économistes en chef interrogés qui s’accordent à dire que l’inflation mondiale augmentera au cours de l’année à venir.
Epée de Damoclès
Néanmoins le scénario central reste celui d’un faible risque de récession, les répondants expliquant qu’un choc « plus court pourrait laisser de la place à la reprise, tandis qu’une fermeture prolongée aggraverait la pression sur l’économie mondiale ». Un sentiment qu’ils répercutent logiquement aux marchés financiers, pour lesquels 79 % des chefs économistes s’attendent à une hausse « de la volatilité des marchés de la dette privée au cours de l’année à venir, à mesure que des signes de stress dans le crédit privé apparaissent ». Dans le détail, 74 % s'attendent à ce que celle du marché de la dette publique augmente et 68 % concernant la Bourse.
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