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Saint-Gobain / Benoit Bazin

Benoit Bazin est serein pour Saint-Gobain en 2025 / Un nouveau plan stratégique attendu au deuxième semestre

Le secteur de la construction neuve a connu des jours meilleurs et le contexte (géo) politique, en France comme dans le monde, n’est pas des plus rassurants pour l’ensemble des entreprises tricolores. Pas de quoi empêcher Saint-Gobain de prédire que 2025 devrait être une année de succès, a estimé son président-directeur général lors de ses vœux à la presse, grâce à un positionnement lui permettant de profiter de tendances de fond et de se protéger des aléas conjoncturels. L'actualisation de la feuille de route du pensionnaire du CAC 40, qui sera présentée au deuxième semestre, devrait d’ailleurs lui permettre de continuer à enrichir les sillons de croissance traçés en restant portée par la même vision stratégique.  
Benoit Bazin lors de ses vœux à la presse, crédits : Jean-Philippe Homé-Sanfaute
Benoit Bazin lors de ses vœux à la presse, crédits : Jean-Philippe Homé-Sanfaute

Il faudra attendre le 27 février prochain pour connaître le détail des résultats de l’année 2024 de Saint-Gobain. Mais il y a de quoi parier que le géant des matériaux de construction aura bien résisté à un exercice qui n’a pourtant pas été des plus aisés pour son secteur. Des prévisions qui ont été réaffirmées au fil des publications financières du groupe, qui vise toujours pour cette année un nouveau record de marge d’exploitation. Et de signer ainsi, pour la quatrième année consécutive, un indicateur à deux chiffres.

"Dans un contexte complexe, Saint-Gobain a très solidement tenu son cap. 2024 a été une belle année de succès, notre positionnement stratégique est porté par des tendances de fond", a observé le président-directeur général du groupe, Benoit Bazin, lors de ses voeux à la presse jeudi. Parmi elles : une urbanisation toujours plus poussée, la possibilité pour les acteurs de la construction de contribuer activement à la transition environnementale et, surtout, de permettre de faciliter l’accès à un logement digne. "Le logement est le problème le plus urgent des ménages. En 2050, 7 milliards d’humains vivront en milieu urbain. Ce n’est pas une aspiration que d’y répondre, mais une nécessité", a estimé Benoit Bazin. C’est d’ailleurs par exemple pour tenter de riposter à ce triple défi et afin d’embarquer l'ensemble de sa chaîne de valeur que le pensionnaire du CAC 40 a lancé son Observatoire de la construction durable, a rappelé le président-directeur général du groupe. 

 

Une organisation par pays, clé dans le contexte actuel

 

"Nous allons continuer d’agir vite et bien pour répondre aux enjeux d'offre du bâtiment. L’urgence climatique ne connaît pas de pause et tout ceci exige une action immédiate. Aujourd’hui, le secteur de la construction sait y répondre. Et l’utilité sociale du logement ne peut être considérée comme un coût", a ajouté le dirigeant en donnant ses perspectives pour les douze mois à venir. Une année 2025 qui s’annonce donc comme présentant son lot de défis pour le secteur, mais aussi des opportunités d’affaires. En Europe, par exemple, la situation reste variable. L’Allemagne et le Royaume-Uni se sont rapprochés de leur point bas, tandis que l’Europe du Sud avait démontré sa résistance. En France, en revanche, même si certains signaux positifs se dessinent, la reprise ne sera pas exponentielle et devrait encore prendre quelques trimestres. Mais "nous abordons 2025 avec confiance, optimisme et assurance. Oui, il y aura un lot de surprise, mais nous avons façonné Saint-Gobain pour y résister", a assuré Benoit Bazin.

Il faut dire, effectivement, qu’au-delà du seul terrain de la construction, l’année à venir ne sera pas de tout repos pour l’ensemble des entreprises françaises. L’incertitude politique française et l'absence de budget actuelle représentent évidemment une palette d’incertitudes, mais le contexte mondial n’est pas en reste. La recrudescence des tensions commerciales ou l’élection de Donald Trump et les barrières douanières qu’elle laisse présager ne sont aussi pas de bon augure. "Saint-Gobain est organisé grâce à un modèle par pays. Moins de 1 % de notre sourcing de matériaux provient de Chine, par exemple. Nos boucles de fabrications sont locales, nous ne sommes pas soumis aux aléas des tarifs douaniers. Nous ne sommes pas immunisés, mais nous sommes très solides", a relevé le président-directeur général de Saint-Gobain.

 

Même vision stratégique

 

Une résistance aux aléas conjoncturels découlant d’une transformation amorcée en 2019, au travers de la succession de deux plans stratégiques : "Transform and Grow" et "Grow and Impact". Des zones en forte croissance (l’Amérique du Nord, l'Asie et les marchés émergents) contribuant désormais à hauteur des deux tiers au résultat d’exploitation du groupe, des investissements de croissance réalisés en grande majorité vers ces régions, une percée réalisée dans la chimie de construction grâce à des acquisitions d’envergure et un positionnement affirmé dans la construction durable, une réallocation du capital pour ne garder que les activités les plus rentables… cette rénovation du modèle du groupe à marche forcée n’a d’ailleurs pas échappé aux marchés boursiers, puisque Saint-Gobain fait partie, depuis deux ans, des plus fortes hausses du CAC 40.

Alors que la feuille de route stratégique en cours, "Grow and Impact", arrivera à son terme en 2025 et que les objectifs financiers de cette dernière ont été atteints, le groupe en présentera une nouvelle à la communauté financière dans le courant du deuxième semestre. "La vision stratégique restera la même, car elle porte ses fruits. Nous allons enrichir les sillons de croissance que nous traçons et enrichir nos solutions", a prévenu Benoit Bazin.

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