WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche

Macro-économie / Taux / BRI / Agustín Carstens / stabilité financière

Macro-économie / Taux
BRI / Agustín Carstens / stabilité financière

La BRI appelle à l’humilité / Les décideurs doivent accepter le nouveau paradigme économique

Ni plus ni moins qu’un changement d’état d’esprit est préconisé par la Banque des règlements internationaux (BRI). Son directeur général Agustin Carstens demande aux responsables politiques d’avaliser les limites des politiques de stabilisation et d’agir afin de préserver la confiance dans les pouvoirs publics et leurs actions.
Agustin Carstens. ©Bao Dandan/XINHUA-REA
Agustin Carstens. ©Bao Dandan/XINHUA-REA

"Nous vivons une époque extraordinaire… une fois de plus". Agustin Cartsens, directeur général de la Banque des règlements internationaux (BRI), est conscient des défis du moment mais rappelle également que par le passé tous ont été relevés. La particularité de ces derniers mois demeure que "pour la première fois au cours des dernières décennies, nous assistons à l’émergence simultanée d’une forte inflation et de tensions financières."

Le banquier central a avancé, à New York ce lundi, qu’il discernait un double défi, avec un premier à court terme : travailler à la stabilité des prix, tout en n’omettant pas de " s’attaquer à toute nouvelle tension financière susceptible d’apparaître". Une des principales difficultés à ses yeux est " de veiller à ce que la trajectoire de resserrement compatible avec une baisse de l’inflation ne soit pas compromise par les besoins immédiats du secteur financier". À plus long terme, Agustin Carstens souhaite qu’on arrive à "faire en sorte que les politiques monétaires et budgétaires opèrent clairement dans la zone de stabilité de manière durable" et en ce qui "concerne les stratégies, les institutions et les mentalités".

 

Serrer la ceinture

 

À l’instar du Fonds monétaire international, la BRI estime que la "politique budgétaire devra également jouer son rôle ". Puisque "grâce à l’assainissement, elle contribuera à réduire les pressions sur la demande globale et l’inflation, à limiter le risque d’être une source d’instabilité financière et à fournir une plus grande marge de manœuvre au cas où elle serait appelée à soutenir la gestion de la crise en s’attaquant aux problèmes de solvabilité".

Pour que cela porte ses fruits, "il serait important, lors de l’évaluation de la marge de manœuvre budgétaire, de tenir compte de l’effet flatteur des booms financiers sur les comptes budgétaires et des coûts éventuels des tensions financières ". L’institution appelle donc à la prudence lorsque la situation économique s’améliorera, au risque sinon de s’exposer à de graves dangers.

Le combat budgétaire devra s’assortir d’une amélioration de "la marge de manœuvre des politiques monétaire et budgétaire". Malgré le fait que " beaucoup a été fait après la crise de 2008 pour renforcer le système financier. Cela dit, les progrès ont été inégaux. " Là où l’on a progressé dans le secteur bancaire, du retard a été pris dans le domaine des intermédiaires financiers non bancaires et ce alors que leur croissance a été importante.

 

Regarder en arrière

 

Point de complaisance en ce qui concerne les politiques budgétaires et monétaires passées, la BRI estime qu’elles "ont joué un rôle dans l’apparition et la résolution des problèmes immédiats d’inflation et d’instabilité financière. Ensuite, sur les forces qui ont conduit les décideurs politiques, à différents moments dans le passé, à s’approcher des limites de la ‘région de stabilité'’".

Des choix qui n’ont pas été facilités par un système financier "surdimensionné, rapide et ultra-sophistiqué et fragile". Il ne permettrait pas de discerner un " effet de levier excessif et les asymétries de liquidité [qui] se cachent dans des endroits insoupçonnés ou même à la vue de tous". Ce qui explique pour le banquier central, que dans les cas où "la limite approche et que la confiance s’évapore soudainement, des tremblements commencent à se faire sentir" et qu’in fine "où que se situent les limites de la stabilité, ce type de système financier en brouille les contours."

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article