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La BRI s’inquiète pour la politique monétaire / Les faux pas ne sont pas permis
Un essor de l’Intelligence artificielle auquel n’échappe pas la politique monétaire. Le rapport économique annuel de la Banque des règlements internationaux (BRI), paru cette semaine, souligne l’apparition de nouveaux défis liés à cet avènement. Particulièrement en ce qui concerne les pressions accrues sur la demande, qu’il s’agisse de l’énergie, de la construction et des intrants spécialisés. L’ampleur de l’incertitude est également conséquente, la BRI expliquant que sur le « plus long terme, les effets de l’IA sur la productivité, le marché du travail, la répartition des revenus et le rôle de la politique monétaire demeurent très incertains ».
De quoi obliger les différentes institutions à adopter des stratégies de politique monétaire robustes, pour être en mesure de faire face à un large éventail de scénarios. Les recommandations de la BRI sont d’adopter « une approche flexible de ciblage de l’inflation, assortie d’un recours judicieux aux interventions sur le marché des changes », laquelle complétée par des marchés de capitaux nationaux plus développés et des réserves prudentes.
Aggraver
Les difficultés pour les Banquiers centraux devraient également provenir de finances publiques, qui en se détériorant font peser des risques d’inflation. La BRI expliquant que les besoins liés à la défense et à l’énergie augmentent alors même que les charges d’intérêts augmentent et que la dette publique est à son plus haut dans de nombreux pays. De quoi faire valoir aux équipes de la Banque basée en Suisse à quel point « les banques centrales peuvent contribuer à ancrer les anticipations d’inflation et à contenir les primes de risque d’inflation ».
Une action qui peut être fragilisée par le biais des pressions exercées sur les banques centrales pour répondre aux besoins budgétaires. Ce qui peut s’avérer être un remède efficace dans l’immédiat est un vrai poison à plus long terme, étant donné qu’il contribue à fragiliser un pilier fondamental sur lequel reposent des coûts de financement faibles et stables. Les exemples historiques convoqués sont éloquents et font valoir que « le coût du rétablissement de la crédibilité est élevé et prolongé, et c’est finalement un fardeau qui pèse sur les ménages et les entreprises sous la forme d’une inflation plus forte et d’une instabilité macroéconomique ».
Impuissant
Les Banquiers centraux ont nettement moins de prise sur les évènements tel que le conflit au Moyen-Orient, les enjeux de sécurité énergétique et liés aux chaînes d’approvisionnement incombant à d’autres responsables. De la même façon ils n’ont que peu de prise sur les gains de productivité apportés par l’IA, en revanche ils ont davantage la main sur le financement lié à l’IA, la façon dont il s’est concentré et structuré posant question. D’autant plus que le crédit privé a pris une ampleur conséquente et que le recours à l’effet de levier s’est accru au fil des mois.
Autant de signes qu’il ne faut pas sacrifier les progrès de la dernière décennie sur l’autel de la déréglementation. Les questions réglementaires sont également élargies à la possibilité d’une « extension de normes prudentielles rigoureuses aux institutions financières non bancaires (NBFI), selon une approche combinant critères par entité et par activité ». Nombre de recommandations sont déjà prônées de longue date et se voient adjoindre des préconisations pour s’adapter aux progrès rapides de l’IA. Face auxquels il est suggéré de renforcer la visibilité des différentes autorités de surveillance en ce qui concerne l’utilisation de l’IA par les acteurs du marché, ce qui doit leur permettre de « détecter les expositions corrélées liées aux modèles, les comportements grégaires et les risques de collusion algorithmique ». Ces derniers sont associés au risque de dépendance à un nombre relativement réduit de fournisseurs de technologies.
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