Publications, Résultats
Publications, Résultats
Schneider affiche sa confiance pour sortir de la crise
L'excellente facture de ses comptes 2019, publiés le 21 février, avait laissé entrevoir une grande capacité de résilience pour les années à venir, si ce n'est un statut de quasi-valeur défensive. Pour l'instant, Schneider Electric semble tenir ses promesses face à la crise du coronavirus.
En février, alors que la pandémie était à peu près circonscrite à la Chine, où il réalise 15% de son chiffre d'affaires, le groupe d'appareillage électrique évaluait ses conséquences financières dans l'Empire du Milieu à environ 300 millions d'euros au premier trimestre, tout en étant capable de les digérer au second semestre. Cette évaluation "semble se confirmer" pour cette période, indique le groupe, précisant que la Chine "entame une reprise vers la fin du trimestre" à mesure du déconfinement progressif.
Schneider a annoncé ce matin un chiffre d'affaires en baisse de 6,4% à périmètre et change constants (-7,6% en données publiées) au premier trimestre, à 5,83 milliards d'euros. En dehors de l'Amérique du Nord (qui a peu été concernée par les mesures de confinement au premier trimestre et où les revenus ont progressé de 0,6% en organique à 1,86 milliard), l'ensemble des régions du monde sont en recul : -19,3% en Asie-Pacifique (à 1,45 milliard d'euros), -2,8% en Europe de l'Ouest (à 1,62 milliard) et -2,2% dans le reste du monde (à 901 millions).
Mais la chute, inférieure à la moyenne des prévisions des analystes (-7,2% en organique selon Refinitiv), a été amortie grâce aux choix stratégiques antérieurs faits par Schneider : ses revenus en logiciels et services (+3,4%) lui ont permis de limiter la casse dans ses deux principales activités, la Gestion de l'énergie et les Automatismes industriels. En outre, son positionnement devrait lui profiter dans le monde d'après. "Le numérique va prendre beaucoup de place, les clients vont vouloir davantage de numérique. La question de la résilience est passée en haut de la liste des priorités. Les relocalisations de production auront lieu sur tous les continents et profiteront à notre activité d'automatismes industriels", a ajouté Jean-Pascal Tricoire, PDG de Schneider.
Le groupe n'a pas fait d'estimation pour la suite des événements. "Considérant aujourd'hui que des mesures de confinement partiel ou total ont été mises en place dans une grande partie du monde, le groupe prévoit un impact significatif au deuxième trimestre 2020, et au premier semestre 2020", indique-t-il son son communiqué, s'estimant toujours incapable de fournir des prévisions pour l'année, comme il l'avait déjà dit en mars dernier lorsqu'il a suspendu ses objectifs.
Toutefois, la solidité du bilan et les liquidités de Schneider lui permettent de ne pas ralentir sa marche en avant. Le groupe n'a pas souhaité actualiser sa situation au 31 mars, mais au 31 décembre 2019, sa dette nette s’établissait à 3,8 milliards d’euros, pour un ratio sur Ebitda ajusté de 0,73 (contre 1,08 en 2018). En outre, le montant total de ses liquidités représentait 9 milliards d'euros au 31 mars 2020, ayant été renforcées par deux émissions obligataires, de 800 millions en mars et de 500 millions en avril, qui se sont littéralement arrachées (la dernière a par exemple été sursouscrite près de 18 fois…).
"Les liquidités du groupe sont suffisantes pour lui permettre de mener à bien ses activités et rembourser ses dettes, tout en versant le dividende et en finançant les acquisitions déjà annoncées", conclut le groupe. Les acquisitions de RIB Software, la branche Electricité et automation de L&T et ProLeiT suivent donc leur cours, signifiant que la crise n'empêche pas Schneider de continuer à se renforcer. Le groupe va verser 2,55 euros par action en dividende, laissant entendre qu'il n'a pas besoin de recourir aux aides d'Etat. "Nous sommes très, très confiants dans notre positionnement pour la sortie de crise", a affirmé sans ambages Hilary Maxson, toute nouvelle directrice financière de Schneider en conférence de presse.
Ces confirmations ne peuvent qu'attester de sa solidité et que réjouir les investisseurs. "Si nous comparons le ralentissement probable de cette année par rapport à celui de 2009, nous mettons en évidence un certain nombre de différences clés qui soutiennent le solide bilan et le profil de trésorerie du groupe - l'endettement net faible et le modèle léger de capex permettent une croissance sélective dans les fusions et acquisitions pour stimuler son profil de croissance organique", souligne ainsi le courtier Liberum. L'action Schneider a terminé dans le vert, surpassant le CAC 40 pendant la majeure partie de la séance.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

