Macro-économie / Taux / Chine / Etats-Unis / Guerre commerciale / guerre des monnaies / guerre des changes
Macro-économie / Taux
Chine / Etats-Unis / Guerre commerciale / guerre des monnaies / guerre des changes
De la guerre commerciale à la guerre des changes
Hier, le CAC 40 a terminé en repli de 2,19 % à 5.241,55 points, dans des volumes plutôt conséquents avec près de 4,3 milliards d'euros d'actions échangées dans la journée. Vendredi, l'Indice avait déjà terminé en repli de 3,57 %, sa plus forte chute sur une séance depuis juin 2016. Car les marchés ne supportent pas l'incertitude, et s'ils savent que Donald Trump va riposter (encore) à la dévaluation du yuan, personne ne peut prédire dans quelle amplitude.
Les investisseurs sont de fait toujours nerveux après la relance des hostilités par le Président américain Donald Trump, qui a assuré qu'il imposerait dès septembre de nouveaux tarifs douaniers de 10 % sur 300 milliards de dollars d'importations chinoises non encore taxées. Ce qui s'ajoute donc aux 250 milliards d'importations déjà taxées à 25 %. Pour récupérer ce manque à gagner, et même si ce n'est pas officiel, la Chine n'a pas tardé à laisser sa monnaie se dévaluer face au dollar, à son plus bas depuis 11 ans. L'idée étant de baisser le prix de ses exportations et donc réduire l'ampleur des droits de douane américains.
Tout cela impacte la croissance mondiale et le mouvement de baisse n'épargne pas les marchés américains, car au jeu de l'engrenage protectionniste, il n'y a souvent que des perdants. Vers 18h15 hier, le S&P 500 reculait de 2,36 % à 2.862 points et le Nasdaq de près de 3 % à 7.767 points. Sans compter que la faiblesse du yuan aura probablement un impact sur les monnaies voisines des pays émergents qui s'affaibliraient à leur tour pour éviter la concurrence chinoise.
Ce matin, la Banque Populaire de Chine a fixé un nouveau taux pivot, autour duquel la devise est autorisée à fluctuer, à 6,9683 pour un dollar, marquant une volonté de stabiliser la monnaie. De fait, à terme la Chine pourrait souffrir de sa stratégie puisque nombre de ses grandes entreprises endettées ont emprunté en dollars des énormes sommes à l’étranger. C'est pourquoi passer au-delà de la barrière psychologique des 7 yuans pour un dollar n'a pas grand intérêt. Dans tous les cas, il faut s'attendre à une poursuite des représailles, qui selon une récente note de recherche de la banque Morgan Stanley pourrait conduire à une récession mondiale dans moins d'un an.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

