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L'économie française est solide et devrait le rester
La Banque de France a révisé de 0,1 point à la baisse la croissance économique pour 2019, lors de la présentation hier de ses prévisions macroéconomiques. La croissance devrait s’établir à 1,3 % contre 1,4 % pour la précédente estimation. La nouvelle n’a pas manqué de faire réagir puisque le consensus s’attendait à ce que les gains de pouvoir d’achat, qui augmenteront de 2,1 % sur l’année - au plus haut niveau depuis 2007 - se répercutent sur la consommation et tirent la croissance en 2019. En réalité, la hausse du revenu disponible des ménages ne s’est pas uniquement orientée vers la consommation, mais s’est également traduite par un accroissement du taux d’épargne, qui devrait passer de 14,4 % en 2018 à 15,4 % en 2019 selon les projections de la Banque de France.
Toutefois, la révision du taux de croissance ne doit pas être perçue comme un signe de contraction de l’économie française. Elle doit davantage être appréciée comme une preuve de rationalité des ménages français. Ces derniers illustrent parfaitement la théorie de revenu permanent de Milton Friedman, en préférant lisser leur consommation sur plusieurs années plutôt qu'en atteignant un pic de consommation sur un an. Ce surplus d’épargne permettra d’alimenter la croissance économique des 3 prochaines années. La Banque de France l'a souligné et modélisé dans ses prévisions en abaissant la consommation des ménages de 0,5 point pour 2019, mais en la rehaussant de respectivement 0,1 et 0,2 point en 2020 et 2021. À cette occasion, elle a expliqué qu'"empiriquement en France les gains de pouvoir d’achat sont toujours consommés même si l’horizon temporel n’est jamais parfaitement défini".
Il semblerait donc que l’économie française résiste particulièrement bien dans un contexte mondial défavorable. "Le mot définissant au mieux la croissance française est : résilience" affirme la Banque de France. Certes, en mars dernier l’institution monétaire employait déjà ce terme pour caractériser la spécificité de la croissance française, mais aujourd’hui la résilience économique française "est plus vraie que jamais". Ceci tient majoritairement à l’indépendance du pays vis-à-vis du commerce mondial, en 2019 les importations et les exportations françaises verront leur contribution au PIB réel diminuer de 0,8 point, passant ainsi à 2,5 points contre 3,3 points dans les prévisions initiales. Par ce biais, la France réussit à conserver son dynamisme interne sans être fortement déstabilisée par les incertitudes géopolitiques.
Du côté de l’emploi, si l’on passe outre les problèmes structurels de la polarisation du travail, la situation est prospère. La France connaît une croissance très riche en emplois puisque malgré une croissance économique modérée, elle parvient à être sur une tendance d’1 % de création d’emplois par an. Ce qui devrait permettre au taux de chômage - véritable point noir de l’économie française - de baisser pour s'établir aux alentours des 8 % en 2021, selon les prévisions de la Banque de France.
Autre sujet épineux, celui des finances publiques dont la trajectoire laisse encore à désirer. Il est primordial que la France veille à contenir son déficit public sous la barre des 1 %, d’autant qu’avec une dépense publique représentant 56 % du PIB (le record du monde), l’État français est déjà le pourvoyeur d’une grande partie de l’économie et ne doit nullement avoir l’ambition de s’immiscer davantage dans les rouages économiques.
Certes, l’équilibre budgétaire promis par le gouvernement d’ici 2022 semble désormais irréaliste, mais ce n’est pas une condition indispensable pour diminuer la dette publique rapportée au PIB. L’endettement public peut continuer de s’accroître en volume, tant que son taux de croissance reste inférieur à la croissance du PIB, le ratio dette publique sur PIB diminuera à long terme.
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