Mixité en entreprise : l’exemple de Suez
La mixité est devenue un sujet incontournable dans les grandes entreprises. Si certaines sont plus en avance que d’autre en termes de parité, il est dorénavant presqu’acquis par toutes que la présence du sexe féminin dans les groupes est indispensable, que ce soit pour des questions d’équité mais aussi de performance et de créativité. A l’occasion de la journée de la femme, WanSquare Executives a interrogé une représentante d’une société du CAC 40 afin de faire le point sur les avancées en la matière et ce qu’il reste encore à accomplir. Marie-Ange Debon, directrice générale adjointe en charge de l’International (activité Traitement de l’Eau et zones Etats-Unis, Afrique/Moyen Orient, Asie-Pacifique) chez Suez, nous parle de ce sujet qui lui tient particulièrement à cœur.
Le volet mixité est d’autant plus important pour Suez que son cœur de métier -eau et déchets- est touché par cette problématique. L’Unicef indique que les femmes et les filles sont responsables de la corvée d’eau dans le monde. En moyenne, dans les pays en développement, ces dernières font 6 kilomètres à pied tous les jours pour aller chercher quelque 20 litres de cet élément. Un temps qui n’est ainsi ni consacré à l’école, ni à des tâches productives. « Les femmes sont les premières victimes du dérèglement climatique par exemple pour l’accès à l’eau en cas de sécheresse. En matière d’économie circulaire, de recyclage de déchets, les femmes ont un rôle très important. Elles contribuent à la pédagogie au sein des foyers », souligne Marie-Ange Debon. A noter également que d’après l’ONU, en 2012, les femmes n’étaient que 6% à occuper des postes ministériels dans le domaine de l’environnement, des ressources en eau et de l’énergie. C’est-à-dire qu’elles sont très peu à apporter leur pierre à ce sujet.
C’est ainsi que Suez travaille déjà à son échelle pour faire bouger les choses, et ce depuis quelques années. « Depuis un an, nous avons accéléré la dynamique sur le sujet de la mixité, initiée dans le cadre de notre programme Diversity (2013 – 2016), en mettant en place des actions spécifiques avec une feuille de route ambitieuse », explique Marie-Ange Debon (HEC, Sciences Po, l’Ena -promotion Jean Monnet, 1990). Il convient tout d’abord de rappeler que son groupe fait partie des bons élèves. La firme portée par Jean-Louis Chaussade, compte respectivement 25% et 42,1% de représentantes du sexe féminin dans son comité de direction et dans son conseil d’administration. Au niveau des cadres, le sexe dit faible atteint les 28% et la société industrielle espère bien accéder aux 30% d’ici à 2021, date qui correspond à sa feuille de route développement durable. Deux points de pourcentage qui peuvent paraître trop peu mais qui sont en réalité un réel effort au regard du nombre de collaborateurs et des difficultés à faire bouger rapidement les strates.
Suez s’en sort d’ailleurs plutôt bien puisque le groupe arrive à la 14ème place de l’indice Zimmerman, paru en janvier et qui mesure la parité au sein du SBF 120. Le classement en question regarde notamment la mixité au sein du conseil, des instances dirigeantes ou encore la représentativité des femmes dans l’entreprise. Suez ne souhaite néanmoins pas en rester là. « Le mouvement naturel va vers une plus grande féminisation. C’est bien mais ce n’est pas suffisant, il faut être encore plus volontariste », explique notre directrice. Cette dernière cite notamment le fait de demander autant de candidatures féminines que masculines quand un poste doit être pourvu, de travailler sur le vivier de talents en interne ou encore de continuer les monitorings.
Parmi ses actions, Suez a, par exemple, mis en place des groupes de travail. « Il faut établir des constats réguliers, faire un état des lieux car il est important d’avoir de bons diagnostics pour aller plus loin », ajoute Marie-Ange Debon. L’un des groupes réfléchit aux postes tremplins (fonctions à l’étranger, opérationnelles, en contact avec le client...). Il s’agit de savoir s’il est nécessaire de passer par certains rôles ou non pour accélérer sa carrière, si les femmes ont cette possibilité etc. Par exemple, Suez note qu’il y a plus d'hommes dans certaines professions comme celles nécessitant une plus forte expertise technique, et se demande d’où vient ce fossé et dans quelle mesure il convient de le combler. Un autre groupe s’est intéressé à la parentalité et aux obstacles de la vie quotidienne. En résulte des sujets sur les crèches d’entreprise, les régimes de couverture, le télé-travail…
« On peut agir sur les processus mais aussi sur la perception », précise la directrice international de Suez. Et d’ajouter : « Nous avons un directeur général très sensibilisé sur le sujet. Il y a peut-être encore des préjugés à casser, dans les deux sens d’ailleurs. Les femmes ne doivent pas se mettre de barrières non plus ». Mère de trois filles bientôt sur le marché du travail, Marie-Ange Debon organise des rencontres avec des femmes afin d’échanger sur les opportunités et les freins observés quelque soit leur grade. « Je leur dis que tout est possible. Pour moi, la curiosité a toujours été un moteur. Il faut faire entendre son point de vue, être direct. C’est ça la richesse d’entreprise. »
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